‹ Manuel de médecine légaleChapitre 115 sur 353 · DU DUEL · texte numérisé non relu

DU DUEL

Mais la foudre donne lieu à des désordres encore plus variés; on observe souvent à la surface du corps des ecchymoses qui pourraient faire croire à des violences d'un autre ordre. On a remarqué dans quelques cas l'arrachement de la langue, d'un bras, d'une partie de la tête. La perforation du tympan semble être un accident assez fréquent.

Un phénomène souvent signalé c'est l'arrachement des cheveux et des poils soit sur une partie, soit sur la surface du corps, on a môme vu le passage de la foudre ne laisser de traces que sur les poils d'une même couleur et e'pargner complètement les poils d'une couleur différente.

On observe des fractures et des perforations des os du crâne, qui sont certainement dues au passage du fluide.

La formation d'images photo-électriques à la surface de la peau, déjà signalée par Franklin, est un fait acquis aujourd'hui à la science.

L'autopsie révèle parfois l'existence des lésions les plus bizarres. C'est ainsi qu'on a constaté la désorganisation complète de la substance cérébrale, des déchirures multiples du foie, des ecchymoses sous-pleurales.

La rigidité cadavérique survient en général très peu de temps après la mort.

D'une manière générale, ce qui frappe lorsqu'on examine les effets de la foudre, c'est la multiplicité et la singularité des lésions coexistant sur un même cadavre.

En somme les accidents produits par la foudre qui n'avaient pas jusqu'à ce jour beaucoup attiré l'attention des médecins légistes ont une importance considérable en médecine légale et nous engageons ceux de nos lecteurs qui s'intéressent à cette question à consulter l'important travail de M. Vincent, de Guéret.

§ 12. — Du dueL

On ne trouve, dans la législation française, aucune loi visant spécialement 1^ duel. L'arrêt de la Cour de cassation du 2 février 1839 a fixé la jurisprudence sur ce sujet. « Attendu que les Codes des déhts et des peines de 1791, de l'an IV et de 1810, en punissant les meurtres, blessures et coups volontaires, n'ont pas fait d'exception pour les cas où ces meurtres

auraient été commis, ces blessures faites ou ces coups portés par suite de duel ; attendu que l'abolition qui avait antérieurement été faite de la législation spéciale sur les duels a, par cela même, replacé sous l'empire du droit commun tous les actes répréhensibles auxquels les duels peuvent donner lieu ; attendu que l'homicide, les blessures et les coups, lorsqu'ils sont occasionnés par ce genre de combat, ne peuvent être considérés comme commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autrui, puisque dans ce cas le danger n'a existé que par la volonté des parties; attendu, d'ailleurs, que les circonstances qui accompagnent les duels ne peuvent rendre le meurtre, les blessures et les coups excusables; que la convention par suite de laquelle le duel a lieu étant contraire aux bonnes mœurs et à l'ordre public, est nulle de plein droit et que, dès lors, aucun fait d'excuse ne peut en résulter.,. »

L'intervention du médecin légiste, dans les cas de duel, sera donc la même que dans les autres faits se rattachant aux blessures. Il devra non seulement constater la nature et la gravité des blessures, mais déterminer, autant que possible,, quelle a été la position des combattants, quelle était la nature des armes employées, etc. ; toutes ces circonstances ont une grande importance lorsqu'il s'agit de décider si la victime a succombé à la suite d'un combat loyal et régulier. Les médecins ont été appelés à décider si la ceinture ou autres appareils que portent les combattant ont été fabriqués dans un but de protection ou pour remédier à une infirmité naturelle. Un cas de ce genre s'est déroulé tout récemment devant les tribunaux de la Seine.

On sait que, d'après la jurisprudence actuelle, le meurtrier peut, après avoir été acquitté par le jury, être comdamné à payer des dommages-intérêts à la veuve et aux enfants de la victime, et même à des parents à l'égard desquels il n'existe pas l'obligation de se fournir mutuellement des aliments.

§ 13. — Du suicide.

Les questions relatives au suicide se présentent fréquemment en médecine légale. Tautôtil faut déterminer si Tacte a été accompli sous l'influence d'un état pathologique; tantôt il

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