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C. — Asphyxie par les fosses d'aisances et les égouts

Le'méphitisme des fosses d'aisances est dû à l'action isolée ou combinée de trois corps gazeux principaux; ce sont l'acide sulfhydrique, le sulfhydrate d'ammoniaque et l'azote. Ces ^az occupent différentes places dans la fosse : où ils remplis-

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sent la partie dépourvue de matières fécales, où ils s'accumulent sous la croûte ou dans la pyramide qui se l'orme au-dessous du conduit de descente.

On connaît la fréquence des accidents par le méphitisme, accidents qu'il est facile d'éviter en descendant dans la fosse des lampes allumées, afm d'observer si elles brûlent, et en y introduisaut des réchauds remplis de charbons bien allumés.

L'individu exposé à l'action de l'acide sulfhydrique et du sulfhydrate d'ammoniaque éprouve d'abord une vive douleur à la tête et à l'épigastre ; il perd rapidement connaissance, et une écume'roussâtre découle de sa bouche. Le corps est froid, la face livide, les yeux ternes, les pupilles sont dilatées et immobiles ; le malade pousse des cris, éprouve de vives douleurs, desconvulsions, des envies de vomir, et il succombe en proie à de violentes secousses convulsives. Dans des cas plus rares, l'afTaiblissement et le coma sont les symptômes prédominants.

Leméphilisme deségouU est principalement produit par l'azote, l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique, mais plus particulièrement par ce dernier. Ces gaz se dégagent surtout au moment du curage, lorsqu'on détache les matières concrètes.

Les symptômes diffèrent peu de ceux que nous venons de décrire pour les fosses d'aisances. On observe des syncopes, une faiblesse générale, quelquefois un tremblement général et un délire furieux^ Le sang devient noir, ainsi que tous les organes parenchymateux, les muscles perdent leur contractilité et les tissus de l'organisme se putréfient rapidement après la mort.

De même que dans l'asphyxie par le charbon, l'expert s'attachera, dans les cas d'asphyxie par le méphitisme des égouts, à isoler le gaz toxique C'est ainsi que, dans l'accident survenu en septembre 4880 dans l'égout du boulevard Rochecliouart, M. E. Boutmy a pu reconnaître dans le sang des <îuatre égoutiers asphyxiés la présence de l'acide sulfhydrique.

Hésnmé du chapitre V

La mort est la cessation des phénomènes physiques qui concourent à l'entretien de la vie.

Les signes de la mort doivent être étudiés avec le plus grand soin par le médecin légiste.

Il n'existe aucun signe absolument certain de la mort, mais l'ensemble des caractères permet d'arriver à un diagnostic certain.

Les signes les plus certains sont les suivants :

Abaissement de la mâchoire inférieure, ouverture des yeux et de la bouche, flexion du pouce, lividités cadavériques et vergetures. Perte de la sensibilité, des mouvements musculaires. Abaissement de la température, absence de la circulation et de la respiration, relâchement des sphincters.

AfTaissement et flaccidité du globe oculaire, dilatation de la pupille, taches noires de la sclérotique, décoloration de la rétine.

Rigidité cadavérique et putréfaction.

En médecine légale, on comprend sous le nom de blessures, non seulement les contusions, les fractures, les brûlures, les commotions et toutes les plaies en général, mais encore l'inoculation de certaines maladies internes, telles que la syphilis.

Les blessures ont été divisées en légères, graves et mortelles: dans la première catégorie, se placent celles qui n'entraînent pas une incapacité de travail de plus de vingt jours; dans la seconde, celles qui entraînent une incapacité de plus de vingt jours ; dans la troisième, celles qui occasionnent la mort après une maladie plus ou moins longue.

La commotion est l'ébranlement, la secousse communiquée aux organes par un coup ou par une chute. On l'ob»

serve à la suite de collisions de trains, de chutes d'un lieu élevé, etc.

Les pathologistes anglais entendent par commotion (concussion) l'épuisement temporaire ou permanent de la force nerveuse, résultant d'une dépense soudaine et excessive.

La contusion est une blessure produite sur les tissus vivants par le choc d'un corps dur, ni tranchant, ni piquant, et sans solution de continuité de la peau. Les signes et les symptômes de la contusion varient suivant l'importance du choc. L'extravasation du sang qui infiltre le tissu contusionné constitue Vecchymose.

La contusion faite pendant la vie ne doit pas être confondue avec leslividités cadavériques; elle siège sur des points indifférents du corps, elle a des formes en rapport avec le corps contondant et présente une couleur violacée, puis brunâtre et jaunâtre. La lividité siège aux parties déclives du corps ; ses formes sont irrégulières, sa couleur violette ; à l'incision elle présente un liquide rougeâtre, mais jamais de caillots.

Les fractures et les luxations présentent peu de particularités médico-légales. Pour les fractures, le médecin légiste tiendra compte des circonstances qui ont pu en faciliter la production : état du tissu osseux, âge, diathèses, ostéite raréfiante, etc.

On désigne sous le nom de plaie toute solution de continuité faite aux parties molles par une cause qui agit mécaniquement.

Le caractère des plaies varie suivant la cause qui les a produites. On peut distinguer: l*' les plaies produites par des instruments tianchants : 2° par des instruments piquants ; 3° par déchirure, arrachement ou contusion ; 4° par les armes à feu.

Les plaies par armes à feu ont deux ouvertures, quelquefois une seule. L'orifice d'entrée est plus grand quand le coup a été tiré de près, plus petit de loin. L'ouverture d'entrée est déprimée vers le centre et présente une auréole de

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poudre quand le coup a été tiré à moins de 4 mètre. Le plomb se dissémine sur la surface du corps; il peut faire balle quand le coup a été tiré de très près.

Les brûlures sont des lésions produites sur des parties vivantes par l'action du calorique concentré ou des caustiques. On admet six degrés de brûlures. Dans \e premier, il y a inflammation superficielle de la peau. Dans le second, il y a inflammation vive et formation immédiate de phlyctènes. Dans le troisième, il y a désorganisation du corps papillaire et eschares. Dans le quatrième, il y a escharification complète du derme. Dans le cinquième, la combustion s'étend jusqu'aux os. Dans le sixième, la carbonisation est complète, et la brûlure a envahi tout le membre.

Les brûlures par les caustiques sont généralement produites par des agents liquides dans l'intention de défigurer.

On reconnaît une brûlure faite pendant la vie au liseré rouge qui l'entoure et aux phlyctènes, signes qui manquent le plus souvent lorsque la brûlure a été faite après la mort.

La combustion humaine spontanée ne saurait être admise aujourd'hui. Le corps humain n'est pas susceptible de s'enflammer ni spontanément, ni même au contact d'une substance en ignition à moins que le corps comburant ne soit en rapport avec la masse des parties brûlées, comme cela a lieu dans la crémation.

Les cicatrices peuvent procurer à la justice des renseignements dans les questions d'identité. Elles peuvent encore fournir des indices utiles sur la nature et l'ancienneté des plaies.

La cicatrice des plaies faites par un instrument tranchant présente une forme linéaire ; celle produite par une plaie contuse a une forme circulaire et des bourrelets saillants. Celle qui résulte d'un coup de feu représente un disque, déprimé au centre si le coup a été tiré à distance, à bords irréguiiers si le coup a été tiré à bout portant. Les cicatrices

RÉSUMÉ DU CHAPITRE V. 25î>

scrofuleuses sont le plus souvent exubérantes et font saillie au-dessus de la peau environnante.

La date d'une cicatrice se reconnaît à la couleur. La teinte est d'abord rosée, puis elle blanchit. On admet généralement qu'elle a atteint une couleur blanchâtre définitive au bout de trois mois.

La spécialité des organes et des régions introduit dans le diagnostic et le pronostic des modifications importantes.

Les blessures des organes génitaux se rattachent à la castration et aux attentats à la pudeur.

Le crime de castration existe chaque fois qu'il y a amputation, non seulement des testicules, mais encore d'un organe quelconque nécessaire à l'accomplissement de fonctions génératrices. Cette mutilation est très rare aujourd'hui, en tant que tentative criminelle ; elle est excusable lorsqu'elle est provoquée par un outrage violent à la pudeur.

Les accidents de chemins de fer donnent lieu à des applications médico-légales très fréquentes. L'intervention médicale est, dans ce cas, utile pour fournir aux tribunaux les notions nécessaires pour fixer l'étendue des dommages-intérêts et pour déterminer s'il y a eu imprudence de la part de la victime.

Les questions relatives au suicide se présentent fréquemment : tantôt il faut déterminer si l'acte a été accompli sous l'influence d'un état pathologique ; tantôt il faut établir si la mort est le résultat d'un crime, d'un accident ou d'un suicide.

Les lois françaises n'édictent aucune peine contre le suicide et les complices du suicide.

Il est important de reconnaître si les blessures ont été produites pendant la vie ou après la mort.

Dans la contusion ou l'ecchymose faites ^^enrfan^ la vie, le derme est infiltré et dense et le sang est coagulé.

La plaie faite sur le vivant a ses bords plus ou moins

écartés, par suite de la rétraction de la peau et des muscles ; on y trouve des caillots de sang plus ou moins adhérents, et on peut y constater un commencement d'inflammation adhésive.

Celles faites sur le cadavre sont pâles, sans gonflement, sans rétraction des lèvres.

Dans les brûlures faites pendant la vie, on observe une rougeur plus ou moins vive qui entoure la plaie ou l'eschare.

La levée du cadavre et l'autopsie sont deux opérations différentes.

Dans la première, le médecin n'est autorisé qu'à examiner l'état extérieur du corps et à en tirer telles déductions qu'il jugera convenable ; mais il ne peut, sous aucun prétexte, porter Tinstrument tranchant sur une partie quelconque. Dans la seconde, le corps du délit est rais tout entier à sa disposition.

Vautopsie juridique se divise donc en deux parties ; l'examen extérieur ou levée du cadavre et l'ouverture du corps.

L'expert ne doit jamais procéder à une autopsie judiciaire s'il n'a reçu mission d'un magistrat ou d'un de ses délégués.

Pour l'examen des blessures sur le vivant, il faut autant que possible procéder à l'examen juridique avant que les parties soient tuméfiées et que les pansements et appareils aient été appliqués.

Vasphyxie est la conséquence directe de la suspension des mouvements respiratoires.

Les différentes causes d'asphyxie qui se rapportent à la médecine légale sont : la strangulation, Idi pendaison, la suffocation et la submersion.

La strangulation est une compression exercée sur une étendue plus ou moins considérable du cou, de manière à ne pas laisser pénétrer l'air dans la poitrine, quelles que

soient l'attitude et la position du corps. Elle est le plus souvent le résultat d'un crime, mais elle peut résulter d'un suicide.

Dans la strangulation, la face est tuméfiée et marbrée. On trouve des ecchymoses très nombreuses et très petites sur la face^ le cou et la poitrine. Le cou porte l'empreinte du lien, ou des doigts et des ongles si la strangulation a été opérée avec les mains. A l'autopsie : extravasation sanguine entre les muscles, emphysème pulmonaire et rupture des vésicules superficielles.

La pendaison ou suspension est une strangulation opérée à l'aide d'un lien, le corps étant suspendu par le cou. Elle est presque toujours le résultat d'un suicide.

La suspension produit rarement des ecchymoses. Le sillon est généralement situé au-dessus du larynx, il a la forme d'un fer à cheval dont la trace est très marquée en ayant, moins sur les côtés. Le sillon est brun, parcheminé, d'autant plus profond que le lien était plus étroit : mais toujours limité par deux bords bleuâtres. A Tautopsie, poumons engoués, emphysémateux, le plus souvent noirs dans les parties déclives. Le sang est coagulé.

Lorsqu'un obstacle mécanique autre que la strangulation et la pendaison est apporté à l'entrée de l'air dans les poumons, il y a suffocation,

La suffocation peut avoir lieu: l'' par occlusion directe des narines et de la bouche ; !2° par compression de la poitrine et du ventre ; 3° par enfouissement, par emprisonnement dans un coffre ou tout autre espace confiné; 4° par oblitération de la bouche et des fosses nasales à Taide d'un corps étranger.

Dans la suffocation, la mort se produit lentement. On trouve le poumon congestionné, avec des noyaux" apoplectiques, un emphysème plus ou moins considérable, des ecchymoses disséminées sous la plèvre et sous le cuir chevelu, et l'écume sanguinolente dans les voies aériennes.

Les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas caractéristi-

ques de la suffocation et s'observent dans un grand nombre de cas de mort rapide et violente.

Dans la submersion, la mort est produite par l'asphyxie ou (ce qui est plus rare) par une syncope et par une congestion cérébrale.

Dans Tasphyxie par submersion, on trouve une petite quantité d'écume blanche mousseuse dans les voies respiratoires et un peu d'eau dans l'estomac, quelquefois de la vase et du gravier dans ces mêmes organes. Les poumons sont engoués, durs et laissent écouler un liquide spumeux et sanguinolent.

Il importe de déterminer : 1° si la mort est due à la submersion ; 2** si l'individu est tombé accidentellement ou a été précipité dans l'eau ; 3° s'il n'avait pas auparavant été victime d'un crime.

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