ORGANES GÉNITAUX CHEZ LES FEMMES DÉFLORÉES
brane hymen. Mais, nous le répétons, ces considérations sont tout à fait générales, car il existe un grand nombre de causes, autres que le coït, qui peuvent altérer les dimensions et la résistance de l'hymen et amener de grandes variations dans les dimensions de l'orifice vaginal.
Les généralités que nous venons de décrire présentent une importance réelle en médecine légale, mais il convient de dire que la présence de Thymen n'a pas toute la valeur que lui avaient attribuée les anciens auteurs. Il est incontestable en effet que le coït peut avoir lieu sans que la membrane disparaisse. Sur 75 accouchées primipares, M. Budin a constaté 13 fois la présence d'un hymen intact. Tout en considérant cette proportion comme exagérée, nous pensons avec le pro- , fesseur Brouardel que la constatation de l'hymen ne permet pas de conclure à l'impossibilité d'un coït antérieur et que le problème à résoudre est tout à fait individuel,
La disposition des os du bassin mérite aussi quelques considérations. Chez les petites filles, le faible écartement de l'arcade pubienne présente un obstacle invincible à l'intromission •et rend par conséquent impossible la défloration complète. A quel âge cet écartement permet-il Taccomplissement du coït ? Nous ne saurions répondre d'une manière précise à cette question, les auteurs n'étant pas d'accord sur ce sujet. M. Toulmouche pense que le viol ne peut être consommé audessous de l'âge de treize ans, mais Tardieu estime que cette limite doit être reculée jusqu'à dix ans. Il a même pu constater la défloration complète chez une enfant âgée de six ans, M. Colles a publié un cas dans lequel l'intromission complète a été pratiquée chez une petite fille de huit ans ^ Il est bien évident que le développement des os du bassin peut présenter, chez des enfants du même âge, des différences notables.
DES ORGANES GÉNITAUX CHEZ LES FEMMES DEFLOREES ET CHEZ CELLES QUI ONT EU DES ENFANTS.
L'état (les parties génitales chez les femmes déflorées varie suivant l'époque plus ou moins ancienne de la défloration et suivant les habitudes de continence ou de débauche. Sans tenir compte de ces circonstances ainsi que des différences
d. Med. Times and Gaz., 2 juin 1869.
individuelles, nous allons décrire cet état tel qu'il se présente dans les cas les plus ordinaires.
Les grandes lèvres sont aplaties et présentent un développement assez considérable; elles n'ont plus la couleur vermeille et l'aspect ferme que Ton trouve chez la fille vierge ; il existe entre elles un écartement variable et l'ouverture produite par l'écartement des cuisses est plus prononcée à la partie inférieure de la vulve. La fosse naviculaire a diminué de profondeur; quelquefois même elle a disparu complètement. A la place de l'hymen, qui a été détruit, on trouve les caroncules myrtif ormes.
Il est nécessaire de dire quelques mots sur ces caroncules dont la nature a souvent été mal appréciée. Ce ne sont pas, comme quelques auteurs l'ont affirmé, les traces rudimentaires d'un hymen incomplètement développé, mais bien les débris de l'hymen déchiré. Ces débris persistent souvent plusieurs années après la défloration et affectent les formes les plus variées. Il est même impossible d'en donner une description exacte ; ils se présentent tantôt sous la forme d'excroissances épithéliales placées à l'entrée du vagin, tantôt sous la forme de languettes, de tubercules, de crêtes de coq ou de petites tumeurs polypiformes. Dans quelques circonstances, ces débris peuvent devenir le point de départ de l'affection qu'on a récemment décrite sous le nom de vaginisme *.
Chez les femmes qui ont eu des enfants, l'ensemble des parties génitales est plus saillant ; le vagin présente une ampleur beaucoup plus considérable; ses rides et ses plis sont plus marqués. La fourchette, qui, chez les femmes nullipares, est plus ou moins intacte, se trouve déchirée. Les caroncules myrtiformes sont moins apparentes, quelquefois même les traces de l'hymen ont complètement disparu.
L'utérus présente des caractères importants sur lesquels nous reviendrons en parlant de l'accouchement.