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AFFECTIONS LOCALES SUITES DE VIOL

La cicatrisation de l'hymen peut fournir des indices importants en indiquant la date plus ou moins récente du crime. La durée de cette période de cicatrisation a donc été, ajuste titre, l'objet des recherches des auteurs. Devergie et Orfila ont prétendu que toute trace de cicatrisation disparaissait au bout de deux ou trois jours; mais Toulmouche et Tardieu, se fondant sur des recherches plus récentes et plus pratiques, assurent que cette cicatrisation s'opère dans l'espace de huit ou dixjours. Schrœder, dont M. Brouardel appuie l'opinion, estime que, malgré le nombre et l'importance des déchirures de l'hymen, il y a toujours un rapport entre les divers lambeaux de la membrane. C'est-à-dire qu'il existe toujours une portion circulaire de l'hymen qui ne disparaît complètement qu'après l'accouchement pour être alors remplacé par les caroncules myrtiformes.

La déchirure de l'hymen donne lieu à une plaie contuse dont la constatation est facile si l'examen a eu lieu immédiatementaprès l'attentat. L'inflammation et la suppuration qui accompagnent la formation de cette plaie peuvent, dans certains cas, en retarder la cicatrisation d'une manière notable.

Chez une enfant de sept ans qui fut apportée à M. Hicks à Gw/s hospital une demi-heure après avoir subi les violences d'un garçon de seize ans, la déchirure de l'hymen avait donné lieu à une hémorragie tellement abondante que la chemise de la victime était saturée de sang. Le coupable fut examiné une heure plus tard par MM. Hicks et S. Taylor, et on ne put découvrir ni sur ses parties génitales, ni sur ses vêtements la moindre tache de sang. S'il n'avait été pris en flagrant délit et gardé à vue depuis l'accomplissement du crime, ce fait aurait pu fournir une preuve de non- culpabilité. Il est probable que, dans ce cas, l'hémorragie n'est survenue que quelques instants après la rupture de la membrane et lorsque le coupable avait cessé ses tentatives ^ Un cas analogue est cité par le docteur Sawyer ^.

Les autres traces de violence ou maladies que nous avons encore à signaler sont le plus souvent communes au viol et aux attentats à la pudeur. Parmi celles-ci nous citerons l'in-

i. Taylor, Med., jurisprudence, 1873, vol, II, p. 445. 2. New-Orléans Med., Gaz., 1858, p. 283,

flammation et l'irritation vulvaires, la déformation de la vulve et les maladies vénériennes.

Inflammation de la vulve. — Dans, un bon nombre de cas, et surtout chez les enfants, on voit se développer très rapidement une inflammation vulvaire assez intense. Les grandes et les petites lèvres, ainsi que l'entrée du vagin, présentent des érosions superficielles et quelquefois de véritables ecchymoses qui, dans ce cas, ne doivent pas être considérées comme la conséquence de l'inflammation, mais doivent reconnaître comme cause directe les violences exercées sur les parties.

Cette inflammation vulvaire est bientôt suivie d'un écoulement d'un jaune verdàtre, et assez abondant pour agglutiner les lèvres de la vulve en se desséchant.

Il est malheureusement difficile, dans beaucoup de cas, de distinguer l'inflammation et la suppuration vulvaires, suites ■de l'attentat à la pudeur, delà simple inflammation catarrhale -que l'on observe assez fréquemment chez les enfants. Il est encore plus difficile de la distinguer de l'inflammation blennorrhagique. Néanmoins, il est rare que les inflammations se rapportant à des causes étrangères au viol présentent cette' rapidité dans le début, ces excoriations, ce gonflement et ces •douleurs vives qui sont le propre de l'inflammation par violence directe.

L'expert devra, dans les cas de ce genre, procéder avec la plus grande circonspection, répéter l'examen aussi souvent que cela est nécessaire et suivre pendant plusieurs jours la, marche de l'affection avant de se prononcer. Il devra surtout avoir présent à l'esprit ce fait clinique important que, chez les petites filles, la vulvite lymphatique est extrêmement fréquente ; qu'elle peut, sans cause appréciable, revêtir subitement la forme aiguë ou subaiguë. M. Brouardel a rapporté de nombreux exemples dans lesquels des personnes honorables avaient été accusées d'attentats à la pudeur sur des petites filles. L'enquête et l'examen de l'expert ont démontré qu'il s'agissait simplement de vulvites inflammatoires. Des faits de ce genre ont ■souvent servi de base à des tentatives de chantage.

Tardieu affirme que les frottements exercés sur les parties génitales d'une petite fille par un homme sain peuvent produire une inflammation aussi intense et aussi purulente que

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