AFFECTIONS LOCALES SUITES DE VIOL
les approches d'un individu atteint d'une affection blennorrhagique. 11 dit cependant, de concert avec Bicord, que dans l'inflammation non spécifique, l'écoulement n'a en général pour siège que l'entrée du vagin, tandis que, dans l'inflammation blennorrhagique il a pour siège les orifices du vagin et de Turèthre.
L'inflammation vulvaire dont nous venons de parler manque •dans beaucoup de cas d'attentats à la pudeur. Le plus souvent, il n'existe qu'une simple irritation de la vulve, caractérisée par du gonflement et de la rougeur. Mais les désordres inflammatoires causés par le viol peuvent quelquefois acquérir une gravité extraordinaire et même causer la mort. M. Colles^ a publié un cas dans lequel la consommation du viol, chez une enfant de huit ans, a été suivie d'une péritonite mortelle. Les traces de violences sur les parties génitales externes n'étaient pas très considérables, mais l'orifice vaginal et le vagin lui-même étaient le siège d'une notable inflammation. L'examen post mortem fit découvrir une lacération étendue de la paroi postérieure du vagin à son point de réunion avec l'utérus. Le coupable a avoué son crime.
Déformation de la vulve. — Les traces de violence que nous venons de décrire sont évidemment la suite d'un acte brusque et plus ou moins isolé ; mais il est un autre genre de signes Mjue le médecin est souvent appelé à constater, et qui révèlent, non pas le viol proprement dit, mais une série d'actes attentatoires à la pudeur. Nous voulons parler de la déformation caractéristique de la vulve, signalée par M. Toulmouche et dont Tardieu avait fait un signe important en médecine légale.
(( Il est, dit cet auteur, un grand nombre de cas qui ne s'élèvent pas à moins de 74 sur 214 observations d'attentats, dans lesquels la répétition plus ou moins fréquente des mêmes •actes a déterminé une déformation lente et graduelle des parties et a laissé une empreinte tout à fait caractéristique. »
Les faits de ce genre s'observent surtout chez des filles très jeunes. On comprend aisément que, chez celles-ci, l'étroitesse des parties s'opposant à l'intromission complète, il se forme à l'entrée du vagin un infundibulum capable seulement
d. Med. Times ani Gaz., 2 juin 1860.
de recevoir l'extrémité du membre viril. L'hymen est le plus souvent refoulé en arrière sans présenter de déchirure ; mais il est quelquefois rétracté et offre alors la forme d'un bourrelet circulaire laissant béante l'ouverture du vagin. Toutes les parties qui composent la vulve concourent à la formation de cet infundibulum dont les dimensions peuvent varier en largeur et en profondeur, suivant les circonstances qui Font produit.
Chez les filles d'un dge plus avancé, l'évasement de la vulve peut être considérable sans nécessiter la rupture de l'hymen. C'est ce qui explique les cas de grossesse sans défloration. Tardieu cite le cas d'une fille de 41 ans qui avait subi les fréquentes approches d'un homme et chez laquelle on trouvait la déformation qui nous occupe *.
Maladies vénériennes communiquées à la suite d'un attentat ou d'un viol. — Les trois maladies vénériennes : blennorrhagie, chancre simple et syphilis peuvent se rencontrer dans l'ordre de fréquence habituel. Nous avons parlé, à propos de l'inflammation vulvaire, des signes qui peuvent faire distinguer la blennorhagie de l'inflammation simple. Quant à la syphilis et au chancre simple, nous pensons qu'il est inutile de retracer ici les signes par lesquels ils se manifestent. Nous dirons seulement, que les érosions et les déchirures qu'on observe souvent à la suite du viol peuvent faciliter la contagion et diminuer la durée de l'incubation.
M. A. Fournier et la plupart des syphiliographes insistent sur un caractère propre à établir immédiatement une distinction entre les ulcérations simples et le chancre de la vulve; c'est l'existence d'un engorgement indolent de la pléiade des ganglions de l'aine qui appartient à la syphilis ^.
Signes tirés de l'inspection du linge. — Taches de sperme et de ^ng. Le médecin appelé à la constatation d'un viol ne doit jamais négliger d'inspecter soigneusement le linge que portait la victime au moment de l'attentat.
On peut y trouver des taches de sang, de sperme, de mucus, etc. D'après Devergie, les taches de sperme sont presque exclusivement situées à la partie antérieure de la chemise, tan-