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MANIE. — DÉLIRES PARTIELS

la combattre. Quand une mère folle commet Tinfanticide, dit Legrand du SauUe, elle n'est point atteinte d'un délire instantané durant juste le temps de tuer son enfant. L'expert peut donc trouver des traces de cette folie qui n'a fait que se montrer, puis disparaître ; il doit donc la chercher partout, excepté dans Taccouchement et tenter de constituer une des formes connues de l'aliénation mentale, sans tenir compte des ingénieuses conceptions, des périodes émouvantes que la commisération peut inspirer à un défenseur éloquent.

§ 3. — Des espèces de délire exerçant sur les actes des influences variées.

10 Manie. — La manie, qui réalise le type le plus complet >de la folie, est caractérisée par une surexcitation générale et permanente des facultés intellectuelles et morales (Baillarger) . C'est Tespôce de folie la plus commune puisqu'elle forme à elle seule le cinquième de la totalité des affections mentales observées dans les asiles d'aliénés. «

On distingue une manie aigrut?, caractérisée par l'incohérence ^es idées, la violence des actes, ces symptômes d'excitation qui frappent les gens du monde et une manie chronique dans laquelle le délire n'est ni aussi étendu ni aussi continu. La manie peut être intermittente et l'afTection qu'on a désignée sous le nom de folie circulaire ou à double forme doit y être rattachée.

La manie entraîne nécessairement l'irresponsabilité civile et pénale des individus qui en sont atteints et sa constatation «st généralement facile. Elle présente un intérêt particulier en médecine légale parce que c'est la forme de folie qui a été le plus souvent simulée par les criminels.

2° Délires partiels. — Sous le nom de monomanie, on -désignait autrefois les délires étroitement circonscrits ; on supjjosait qu'il pouvait n'y avoir qu'une seule conception délirante, (lu'en dehors de l'idée délirante l'intelligence conservait toute son activité, toute sa i)uissance.

On croyait avoir tout dit quand on affirmait que le meurtre, le vol, etc., avaient été commis sous l'inlluence « de quelque chose d'irrésistible qui pousse à tuer, à voler ». Cette doctrine

392 DIVERSES ESPÈCES d'aLIÉNATION MENTALE.

a été vigoureusement combattue par un grand nombre de médecins, M. J. Falret entre autres. Elle est aujourd'hui à peu près abandonnée. Par un procédé beaucoup plus scientifique, les médecins, en présence d'un acte qui paraît tout impulsif, procèdent à une véritable enquête, et recherchent le trouble mental, ancien ou récent,qui tient l'impulsion morbide sous sa dépendance. Le plus souvent ce trouble mental, insidieusement préparé parla prédisposition héréditaire, a passé inaperçu. Il se révèle tout à coup, laissant les magistrats, les gens du monde dans un doute que les affirmations du médecin ne dissipent qu'à grand'peine. L'aliéné est dominé par une idée fixe, mais il peut paraître sain tant qu'il n'est pas question de cette idée ; de là, les difficultés qu'entraîne la constatation médico-légale de cette forme de la folie. C'est pour les fous de cette espèce que le médecin légiste a le plus de peine à faire prévaloir la vérité et c'est parmi eux que l'on compte ces erreurs judiciaires qui ont envoyé de nombreux malades en prison et même à l'échafaud.

C'est particulièrement la perversion d'un sentiment moral qui domine dans le délire dumonomane et devient le point de départ de ses actes criminels. Il obéit quelquefois à une impulsion réfléchie, ses actions sont même préméditées, mais il cède à un penchant irrésistible, à des actes que lui-même réprouve (monomanies homicide, incendiaire, erotique, religieuse, etc.).

3<* La mélancolie ou lypémanie est une maladie mentalespéciale et bien déterminée, offrant un grand nombre de formes selon les sujets qui en sont atteints et des phases successives nombreuses chez chacun d'eux. On peut la définir « une affection mentale caractérisée par des idées délirantes de nature triste, et par de la dépression portée parfois jusqu'à la stupeur )♦.

Les lypémaniaques peuvent quelquefois, sous l'influence d'hallucinations, se livrer à des impulsions violentes d'autant plus dangereuses que leur attitude habituelle les fait généralement considérer comme très inoffensifs.

La mélancolie est en général facile à constater et les individus qui en sont atteints sont absolument irresponsables.

40 Le délire des persécutions est une variété de la folie

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