PARALYSIE GÉNÉRALE
qui est devenue extrêmement commune. Le persécuté se croit poursuivi par des ennemis imaginaires ; si quelqu'un s'approche de lui, c'est pour l'observer : si on lui parle, c'est pour lui arracher des secrets; il est en même temps en proie à des hallucinations de l'ouïe qui l'avertissent des tentatives de ses persécuteurs. Le persécuté est un aliéné dangereux, mais il faut souvent les plus grands efforts de la part du médecin expert pour faire éclater sa folie aux yeux des tribunaux api)elés à juger ses actes criminels. On possède malheureusement trop d'exemples dans lesquels des lypémaniaques ont péri sur l'échafaud.
50 Paralysie générale. — La paralysie générale est une affection lente, caractérisée par des troubles de l'intelligence, de la motilité et de la sensibilité et qu'un délire spécial, ambitieux ou mélancolique, aide principalement à reconnaître. Plus commune dans les classes élevées, chez les hommes que chez les femmes, cette affection reconnaît pour causes l'hérédité, l'ivrognerie, les revers de fortune, les ambitions déçues, etc.
Legrand du SauUe divise la paralysie générale en quatre périodes distinctes : période prodromique, période initiale, période d'état, période terminale.
Les symptômes de la période prodromique sont considérés d'abord comme rentrant dans les limites de variations de caractère et échappent ordinairement au médecin. On peut cependant observer pendant cette période l'irritabilité, l'affaiblissement du niveau intellectuel et de la mémoire, les oscillations de la volonté. L'excitation génésique s'observe dans un petit nombre de cas ; il faut encore noter le tremblement passager de la lèvre, l'inégalité des pupilles, l'embarras à peine marqué de la parole, la diminution de l'aplomb dans la station verticale, la tristesse, l'avarice etThypochondrie.
Dans la période initiale on observe, dans les quatre cinquièmes des cas, le délire expansif des grandeurs et, dans l'autre cinquième, le délire dans des conceptions mélancoliques ou hypochondriaques:
Dans Ja période d' état \q malade entre dans une phase de dégradation physique et morale. Il oublie son nom, son âge, la profession qu'il a exercée. Tantôt il est silencieux et très doux, tantôt il devient violent et irascible. L'appétit est conservé et
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la digestion se fait bien, mais la parole est très embarrassée, la marche incertaine et on observe un grincement de dents caractéristique.
Le malade arrive à la période terminale et l'organisme entier est en proie à la paralysie qui dominera seule désormais ; incoordination des mouvements, perte involontaire de l'urine et des excréments, abolition de la sensibilité, du mouvement, de la parole et de Finstinct. La nutrition et l'assimilation se maintiennent dans quelques cas et peuvent prolonger Texistence d'une manière inattendue.
Le médecin légiste peut intervenir dans toutes les pbases de cette maladie, quoi qu'il soit rarement consulté pendant la période prodromique. 11 arrive très souvent qu'après la mort de fous paralytiques la justice ait à décider de la validité des actes civils qu'ils ont accomplis.
60 Somnambulisme. — 11 est incontestable que certains individus peuvent pendant leur sommeil se livrer a des actes qui attestent la persistance de l'activité intellectuelle et physique et une perversion des facultés sensoriales. Le somnambule endormi peut accomplir des actes criminels et n'en conserver aucun souvenir à son réveil ; il en résulte que, comme raliéné, il ne saurait être responsable des actions commises pendant son sommeil. Mais pour que le somnambulisme puisse entraîner l'irresponsabilité, il faut qu'il ne soit ni prétexté ni invoqué, mais bien établi, et c'est au médecin légiste à déterminer les cas où il existe réellement.
« Il est fort rare, a dit Tardieu, il est presque inadmissible que le somnambulisme se produise d'emblée et comme fait isolé, et qu'un individu qui n'a jamais présenté soit dans son enfance, soit dans sa jeunesse, cette disposition particulière, devienne tout d'un coup somnambule sous une impression passagère. Aussi ne doit-on accueillir qu'avec défiance les cas où, en dehors de toute condition d'habitude, d'âge, d'hérédité surtout, une excitation morale très vive aurait suffi pour déterminer un accès de somnambulisme. »
Fodéré a prétendu que si le somnambule endormi commettait un attentat contre un individu connu pour être son «nnemi, on devait le déclarer coupable, attendu que cet attentat ne serait que l'exécution de projets criminels conçus pendant la veille. Cette doctrine ne trouve plus aujourd'hui de