LÉSIONS CADAVÉRIQUES
jeter le malade dans un état de maigreur considérable et par produire une apparence de vieillesse anticipée. Vomissements fréquents, digestions difficiles, coliques violentes, vertiges, lassitude, hémorrhagies variées, taches pétéchiales, éruptions miliaires ou pustuleuses, contracture des doigts et des orteils, rachialgies, arthralgies, tremblements, tels sont les symptômes variés et complexes de Fempoisonnement lent par Farsenic.
Lésions cadavériques. — Elles portent principalement sur le tube digestif, les organes parenchymateux, la peau et le sang.
L'estomac porte les traces d'une inflammation plus ou moins violente ; la membrane muqueuse est rouge et présente des plaques arrondies d'un rouge violacé formé par une infiltration sanguine sous-muqueuse. La muqueuse de l'intestin grêle pré-
Fig. 6.
Fig. 7.
sente des lésions analogues, mais moins prononcées et qui sont généralement limitées au duodénum.
Le foie et les reins présentent souvent les altérations caractéristiques de la stéatose (fig. 6 et 7). Les poumons sont engorgés ou parsemés, à leur surface, d'ecchymoses sous-pleurales larges et diffuses ; ces mêmes taches ecchymotiques se rencontrent fréquemment sous le péricarde et l'endocarde (Tardieu).
On croyait autrefois que l'arsenic accélérait la décomposition des cadavres ; mais une opinion contraire a été soutenue récemment par plusieurs observateurs, notamment par Tardieu. On peut admettre que si farsenic a été absorbé en quantité notable, il retarde la décomposition du cadavre ; mais dans
le cas contraire, il est probablement sans action sur les phénomènes de la putréfaction.
Traitement. — Favoriser Tévacuation du poison par les vomissements; ingérer une grande quantité d'eau tiède ou d'eau albumineuse. Administrer la magnésie à haute dose: elle précipite l'acide arsénieux à l'état d'arsénite insoluble, puis elle purge sans irriter. Le sesquioxyde de fer hydraté, le sesquisulfure de fer hydraté ont donné de bons résultats. Lorsque le poison est absorbé, il faut le chasser le plus rapidement possible par les urines et par la peau. Orfila a proposé pour cela le mélange suivant : Eau, 3 litres ; vin blanc, 1/2 litre ; eau de Seltz, 1 litre ; nitrate de potasse, 30 à 40 grammes. On frictionnera ensuite le malade, afin d'activer la circulation.
Autres composée arsenicaux. — Nous signalerons seulement V acide arsénique., le bisulfure (T arsenic (réalgar), le trisuîfure d'arsenic (orpiment), Varsénite de cuivre (vert de Schweinfurt, vert de Scheele), qui sont employés à divers usages et peuvent donner lieu à des accidents toxiques qui se rapprochent de ceux que nous venons de décrire à propos de l'acide arsénieux.
Pour les recherches chimiques relatives à l'arsenic, voyez la Chimie légale.
20 Phosphore. — L'empoisonnement par cette substance était autrefois très rare et ne résultait guère que de son usage comme aphrodisiaque, mais il est devenu beaucoup plus fréquent depuis l'emploi des allumettes phosphorées.
Les préparations les plus employées sont, par ordre de fréquence : 1° le mastic inllammable des allumettes chimiques, employé en infusion ou en macération dans l'eau, dans du café, etc. ; 2o les pâtes phosphorées, destinées à détruire les animaux, avalées par des enfants ou mélangées à des substances alimentaires ; 3° le phosphore pur mélangé à des substances alimentaires. On a en outre observé des empoisonnements indirects^ dans lesquels les symptômes toxiques étaient produits par des substances phosphorées (Tardieu). Nous ne parlons ici que pour mémoire de l'intoxication professionnelle si fréquente chez les ouvriers employés à lafabrication des allumettes et des poudres phosphorées.
Symptômes. — « L'empoisonnement par le phosphore produit : 4° des symptômes locaux ; 2o des symptômes généraux beaucoup plus graves et consécutifs à son absorption.