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DESTRUCTION DES MATIÈRES ORGANIQUES ET SEPARATION DU POISON

Le poison peut être isolé par plusieurs procédés : 1° par la -destruction des matières organiques ; 2° par la distillation ; 3* par les dissolvants ; 4° par la dialyse.

La destruction des matières organiques n'est applicable que

dans le cas" où la substance cherchée peut résister à Tactioii des acides concentrés (métaux) ; la distillation est employée spécialement à la recherche de certains corps volatils (acide cyanhydrique, chloroforme, etc.) ; les méthodes par dissolution s'appliquent à l'extraction des composés organiques altérables (alcaloïdes).

§ i^^. — Procédés de destruction des matières organiques.

A. Destruction par Tacide azotique. — On chauffe dans une capsule de porcelaine, à une douce température, un poids d'acide azotique égal à celui des matières organiques à détruire, à moins que celles-ci ne soient un foie ou un cerveau, auquel cas le poids de l'acide azotique doit s'élever à quatre et jusqu'à six fois ce poids (Naquet). On projette ensuite par petites portions, dans le liquide ainsi chauffé, la matière organique, qui se dissout et se carbonise sur les parois de la capsule. On ramène le charbon au centre de la capsule, on l'écrase avec un pilon, on l'humecte avec un peu d'eau régale et on le dessèche. On le fait ensuite bouillir pendant un quart d'heure avec de l'eau acidulée ; on filtre, on évapore à sec, et c'est dans le résidu qu'on recherche le poison.

Ce procédé peut être appliqué à la recherche de tous les poisons minéraux ; mais il présente un inconvénient : c'est que le charbon, imbibé d'acide azotique, prend feu facilement et risque de déilagrer et d'être projeté hors de la capsule. Filhol conseille d'éviter cet inconvénient en ajoutant douze à quinze gouttes d'acide sulfurique à l'acide azotique dont on fait usage.

B. Destruction par l'acide sulfurique. — On mélange aux matières un cinquième de leur poids d'acide sulfurique concentré ; on chauffe progressivement et en remuant ; la matière se dissout, puis s'épaissit et se carbonise. On pulvérise ensuite le charbon avec un pilon, et on le traite différemment selon le métal dont il s'agit de constater la présence : 1° par Veau, si celui-ci est de ceux dont le sulfate est fixe et soluble ; 2o par Vacide azotique étendu, s'il y a lieu de

penser que le sulfate a été de'composé ; 3° par l'acide azotique^ en faisant évaporer ensuite et en traitant le résidu par l'eau bouillante, si l'on recherche de l'arsenic.

Ce procédé est d'une exécution facile, mais il présente des inconvénients, notamment dans la recherche de l'arsenic si la matière suspecte contient du chlorure de sodium. Les chlorures peuvent, en présence de l'acide sulfurique et d'un composé arsenical, donner naissance à du chlorure d'arsenic volatil qu'on s'expose à perdre. On peut remédier à cet inconvénient en faisant l'opération dans une cornue de verre et en recueillant les produits condensés.

C. Destruction par l'azotate de potasse. — Ce procédé a été proposé par Rapp, en !817, et modifié par Orfila de la manière suivante : On place les matières dans une capsule, avec dO °/o de potasse caustique et une quantité d'eau variable, suivant le poids des organes, puis on ajoute une quantité d'azotate de potasse égale à deux fois le poids de l'objet que l'on veut brûler, et enfin on évapore à siccité. Le résidu de l'évaporation est ensuite projeté par pincées dans un creuset de porcelaine chauffé au rouge, en ayant soin d'attendre que la partie projetée soit devenue complètement blanche avant d'en projeter une nouvelle. On verse alors la masse fondue dans une capsule de porcelaine préalablement chauffée, et on détache ce qui reste dans le creuset avec un peu d'eau distillée qu'on y fait bouillir pour l'ajouter à ce qu'on a versé dans la capsule, puis on traite le tout par l'acide sulfurique et on chauffe jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vapeur nitreuse. On laisse ensuite refroidir, et le sulfate de potasse cristallise ; on filtre et on lave le sel qui reste sur le filtre, d'abord avec de l'eau distillée, puis avec de l'alcool concentré, qu'on chasse ensuite par ébullition de la liqueur filtrée.

Ce procédé n'est employé que pour la recherche de l'arsenic ; pour les autres cas, la masse de sel de potasse pourrait nuire à la netteté des réactions.

D. Destruction par la potasse et l'azotate de chaux.

— On chauffe les substances organiques dans de l'eau contenant 10 ou 15 pour 100 de leur poids de potasse caustique ; on traite les matières désagrégées par l'azotate de chaux et on évapore à siccité. On brûle ensuite le charbon, et le ré-

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