DESTRUCTION PAR LE CHLORE, ETC
sidu parfaitement blanc, repris par l'acide chlorhydrique, donne une liqueur claire dans laquelle on peut rechercher les poisons.
Ce procédé détruit très bien les substances organiques et ne produit pas de sulfate de potasse en trop grande quantité, mais il a Tinconvénient d'introduire une foule de corps étrangers dans la matière à analyser.
E. Destruction par le chlore (Jaquelain). — On fait passer à travers les substances, réduites en bouillie et placées dans un flacon, un courant de chlore jusqu'à ce qu'elles soient déposées en flocons incolores dans le fond, et on bouche le llacon. La liqueur est ensuite abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures, puis filtrée et concentrée dans un récipient.
F. Destruction par Pacide chlorhydrique et le chlorate de potasse. — Voici comment il convient d'opérer (Bouis) : On introduit les matières dans une capsule de porcelaine et l'on y ajoute de l'acide chlorhydrique de manière à former une bouillie claire. On place la capsule sur un bain-marie et l'on y projette, en remuant, par petites portions, 2 ^Tammes environ de chlorate de potasse pur. 11 faut éviter d'ajouter trop de chlorate à la fois, car il pourrait arriver des accidents. Chaque addition de sel détermine un dégagement de gaz jaune; bientôt la liqueur devient jaune, s'éclaircit et renferme en sus- ]»ension des débris de tissus et de la matière grasse. Lorsque le liquide ne se colore plus par l'addition de chlorate, on chasse l'excès de chlore par la chaleur ou par un courant d'acide carbonique, on le jette sur un filtre mouillé qui retient les matières grasses et les tissus décolorés et privés de matières minérales. Le liquide filtré et soumis à l'évaporation est traité ensuite par différents réactifs. Quand on recherche spécialement l'arsenic, il est bon, avant de traiter par l'hydrogène sulfuré, de réduire d'abord l'acide arsenique en acide arsénieux au moyen d'un courant d'acide sulfureux.
Ce procédé est excellent et est applicable à la recherche de tous les poisons métalliques.
(i. Destruction par incinération directe. — Dans quelques circonstances, on se borne à brûler directement les matières
organiques sans employer aucun réactif ; on se sert, dans ce cas, d'un fourneau de coupelle, on introduit les matières dans une capsule de porcelaine ou de platine et on la chauffe dans le moufle. On attaque ensuite les cendres par Tacide chlorhydrique ou l'acide azotique. Il faut avoir soin d'ope'rer à une basse température, si Ton soupçonne la présence de corps volatils ou facilement réductibles comme l'arsenic, le mercure, etc.
H. Destruction par Tacide sulfurique et le chlorure de sodium. — Ce procédé a été indiqué en 1853 par Schneider,
Fig. 26.
et ne s'applique qu'à la recherche de Tarsenic. Les matières suspectes sont introduites (fig. 26) avec du chlorure de sodium fondu dans une cornue tubulée 6, puis additionnées d'eau en quantité suffisante pour recouvrir le mélange. Le col de la cornue se rend dans un ballon vide c, communiquant avec un appareil à boule d contenant de l'eau distillée. On verse peu à peu dans la cornue de l'acide sulfurique concentré, à l'aide de l'entonnoir à robinet a, puis on chauffe lentement avec le fourneau à gaz. Les premiers produits de la distillation sont de
MÉLANGE d'acides SULFURIQUE ET NITRIQUE. 535
l'eau et de l'acide chlorhydrique provenant de la réaction de l'acide sulfurique sur le chlorure de sodium ; il se dégage ensuite du chlorure d'arsenic qui est mélangé avec de l'acide chlorhydrique et vient se condenser dans le ballon c. Ce n'est quB lorsque la distillation a été trop rapide qu'on trouve de l'acide arsénieux dans l'appareil à boule. On ajoute d'ailleurs de l'eau, s'il est nécessaire, au contenu du ballon c, pour transformer totalement le chlorure d'arsenic en acide arsénieux, que l'on caractérise ensuite par ses propriétés chi-^ raiques, ou que l'on introduit dans l'appareil de Marsh. La présence de matières organiques azotées, même en quantité notable, dans la cornue b n'empêche pas la formation ni le dégagement du chlorure d'arsenic. Les corps gras ne s'opposent pas non plus à la réaction (Rabuteau).
I. Destruction par un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique. — Ce procédé, autrefois préconisé par Boutmy, donne d'excellents résultats. Les matières réduites en pulpe sont introduites dans une cornue tubulée bouchée à l'émeri. On les additionne d'une quantité d'acide sulfurique pur égale au cinquième de leur poids, puis on met le col de la cornue en communication avec un ballon de verre plongeant dans un vase rempli d'eau froide et qui se renouvelle constamment. Les matières s'échauffent d'elles-mêmes et se réduisent en une sorte de bouillie de couleur noire. Si cette transformation s'opère avec trop de lenteur, on chauffe la cornue à 50 ou 60° centigrades pour Taccélérer. Une fois ce résultat atteint, on enlève le bouchon de verre qui ferme la cornue, puis on instille peu à peu dans l'appareil dix ou douze centimètres cubes d'acide azotique pur. Une réaction énergique se manifeste et la masse jaunit. Lorsque l'attaque s'apaise, on ajoute une nouvelle quantité d'acide azotique dans la cornue et l'on continue à chauffer. Peu à peu les matières organiques se brûlent et le contenu de la cornue se change en un liquide d'un jaune madère clair, que surnage une couche de graisse. On transvase alors le contenu de la cornue dans une capsule de porcelaine où on l'abandonne au refroidissement complet. Il se forme à la surface des matières une couche de graisse d'un blanc jaunâtre qu'on enlève avec une spatule de porcelaine. Le liquide sous-jacent est alors remis dans la cornue et soumis de nouveau à l'action de l'acide azo-
tique. Lorsque la productiou des vapeurs nitreuses a cessé, et que le contenu de la cornue ne noircit plus par la concentration, la destruction des matières organiques est presque absolue. On enlève le liquide restant, on l'étend d'eau, puis on filtre sur du papier Berzélius.
Si les matières contiennent de Tétain ou de l'antimoine, ces deux toxiques restent sur le filtre à l'état de poudre blanche insoluble qu'on caractérise ultérieurement. Si l'étain et l'cmtimoine font défaut, le produit passe en entier au travers du iiltre.
On évapore alors au bain-marie le produit filtré provenant tant de la cornue que du ballon récipient et l'on se trouve ainsi en possession d'une liqueur qui contient, sans pertes possibles, tous les toxiques minéraux existant dans les matières à examiner. On recherche alors ces toxiques par les méthodes ordinaires d'analyse chimique.
J. Destruction par Tacide nitrique et le bisulfate de potasse. — M. Gabriel Pouchet conseille le procédé suivant :
Les matières sont additionnées d'acide nitrique pur et d'un peu de bisulfate de potasse. On chauffe le tout, modérément, dans une très grande capsule, jusqu'au moment où il se produit un dégagement tumultueux de vapeurs nitreuses ; on arrête le feu, et il reste un résidu charbonneux qu'on épuise à chaud par l'acide chlorhydrique étendu. C'est dans ce liquide chlorhydrique qu'on recherche, par les procédés ordinaires, l'arsenic et l'antimoine.
D'autre part, le charbon restant est chauffé de nouveau avec de l'acide sulfurique concentré, en présence d'une nouvelle dose de bisulfate de potasse. On poursuit le chauffage jusqu'à ce que le charbon soit entièrement oxydé ; le résidu final, légèrement coloré en brun, est dissous dans Feau et soumis à l'électrolyse. Sur la lame de platine servant d'électrode négative, se déposent les divers métaux que l'on caractérise selon les méthodes habituelles.
§ 2. — Procédés de séparation du poison.
A. Distillation. — Si le poison est volatil, comme l'acide eyanhydrique, on place les substances suspectes dans une cor-