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SÉPARATION DU POISON

nue tubulée à laquelle on adapte un ballon réfrigérant, et l'on chauffe cette cornue au bain-marie, ou à feu nu, suivant les cas ; les produits condensés sont examinés (Bonis).

B. Dissolvants. — L'emploi des dissolvants est très limité et ne peut s'appliquer qu'à la recherche d'un petit nombre de poisons organiques. C'est un procédé très simple qui consiste à broyer les substances avec de l'eau et à les faire bouillir. On iiltre, et le liquide obtenu est soumis à divers réactifs.

Les méthodes d'extraction des alcaloïdes reposent également sur remploi de divers dissolvants, tels que l'alcool, l'éther, la benzine, le chloroforme.

C. Dialyse. — Ce procédé de séparation a été introduit dans la science par Graham, et repose sur l'expérience suivante ^

Fig. 27.

« Quand on sépare, à l'aide d'un papier sulfurique dit papier parchemin, deux liquides dont un est de l'eau pure ou à peu près, et l'autre une solution de diverses substances cristallisables telles que les sels, l'urée, les alcaloïdes, et les substances non cristallisables telles que la gélatine, l'albumine, etc., mélangées avec les premières, on constate que les substances non cristallisables restent dans le second liquide. Ainsi, le sang, qui renferme divers sels et divers principes cristallisables associés à des matières albuminoïdes, étant séparé de l'eau pure à l'aide d'une cloison de papier parchemin, laisse passer dans cette eau les premiers principes, tandis que les matières albuminoïdes n'y passent pas.

« Les substances qui traversent le papier parchemin sont dites cristalloides, celles qui ne le traversent pas, ou ne le traversent du moins que très peu, sont dites colloïdes.

« Le dialyseur (fig. 2"), c'est-à-dire l'appareil dont on se

sert dans laméthode nouvelle d'analyse, ressemble aune sorte de tamis. Il est formé d'un cylindre de bois ou de gutta-percha de 5 à 6 centimètres de hauteur et de 20 à 30 centimètres de diamètre, sur Tune des bases duquel on a attaché fortement un papier parchemin. On le fait reposer par sa base, ainsi fermée, sur de l'eau pure placée dans une cuve de verre. Or si Ton introduit dans le dialyseur une solution aqueuse de substances cristalloïdes et de substances albuminoïdes mélangées ensemble, les substances cristalloïdes traversent le dialyseur et peuvent être retrouvées presque en totalité, au bout de quelques heures, dans l'eau sous-jacente. Si, par exemple, on verse dans le dialyseur une solution albumineuse contenant des sels de quinine, de strychnine, etc., on retrouve bientôt ces substances dans le liquide inférieur. »

Cette nouvelle méthode a fait beaucoup de bruit à son apparition, mais elle n'a pas donné, en médecine légale, tous les résultats qu'on pouvait en attendre. Tardieu et Roussin pensent que lorsque la quantité de matière vénéneuse contenue dans les organes est très abondante, le dialyseur peut permettre d'en isoler plus facilement une petite portion ; mais lorsque le poison n'existe plus qu'en très petite quantité, la dialyse n'aboutira qu'à le délayer encore davantage ou à le séparer d'une manière trop incomplète pour être utile aux recherches. Néanmoins, ces auteurs conseillent d'appliquer cette méthode au début de l'analyse ; si elle ne fournit pas de résultats, il sera toujours facile à l'expert de traiter les résidus par les autres procédés.

ARTICLE II

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