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RECHERCHE DES POISONS ET IDENTIFICATION DES SUBSTANCES

Lorsqu'on a, déjà quelques données sur la nature du poison absorbé, on caractérise ce poison par les méthodes spéciales suivantes :

§ 1er. — Métaux et métalloïdes.

10 Recherche de l'arsenic. — Procédé de Marsh. — Nous ne décrirons que le procédé perfectionné tel qu'il est employé aujourd'hui.

RECHERCHE DE L'aRSENIG.

Les matières organiques ayant été détruites par Tun des procéde's ci-dessus indiqués (procédé de Boutmy, procédé de Gabriel Pouchet, ou destruction parle chlorate dépotasse), on transforme les composés arsenicaux en sulfure au moyen de rhydrogène sulfuré : le précipité obtenu est dissous dans Tammoniaque, qui laisse de côté diverses impuretés; la solution ammoniacale est évaporée à sec et donne un résidu qu'on oxyde par l'acide nitrique : enfin on chasse avec précaution l'excès d'acide nitrique, et le résidu final, dissous dans l'acide sulfurique étendu, peut être introduit dans Fappareil de Marsh.

Fife'. 28.

Le principe de la méthode consiste à isoleï' Varsenic à l'état métallique en mettant à profit les trois faits suivants :

1° L'hydrogène à Tétat naissant réduit à l'état métallique les composés oxydés de l'arsenic et leurs sels ;

2° L'hydrogène et l'arsenic, tous deux à l'état naissant, s'unissent pour former des hydrures d'arsenic; l'un solide, ne se forme qu'en petite quantité et n'est pas volatil ; le second est gazeux et constitue le produit principal de la réaction. Que, par exemple, on reçoive sur une soucoupe de porcelaine la flamme d'un jet d'hydrogène arsénié se dégageant d'un flacon (fig. 28), cette flamme étant refroidie et l'afflux de l'oxygène de l'air étant gêné, l'arsenic ne bri\le plus ou ne brûle qu'en

faible quantité et se dépose sur la soucoupe en formant des taches miroitantes;

30 L'hydrure d'arsenic gazeux traversant un tube chaufTé au rouge se décompose en hydrogène et en arsenic qui se dépose dans les parties refroidies du tube sous forme d'un anneau brillant.

L'appareil de Marsh employé aujourd'hui se compose d'un flacon à deux ouvertures A : à l'une est adapté un tube droit descendant jusqu'au fond du vase ; à l'autre se trouve un tube horizontal qui conduit dans un tube B plus gros contenant de Tamianteou du coton et qui communique avec un troisième tube entouré de clinquant, effilé à son extrémité, reposant sur

Fi-. 29.

un support et au-dessous duquel sont placés des charbons ardents (fig. 29) : on peut aussi chauffer le tube au moyen d'un bec de gaz à flamme plate.

On produit dans le flacon un dégagement d'hydrogène, au moyen du zinc et de l'acide sulfurique étendu. Le zinc pur,, qu'on emploie pour les expériences, ne s'attaque par l'acide sulfurique qu'avec une extrême lenteur; pour déterminer le dégagement, il convient d'ajouter une goutte ou deux de chlorure de platine, ou encore quelques morceaux de mousse de platine. On chauffe le petit tube entouré de clinquant pendant deux ou trois heures environ. Si les réactifs sont purs, il ne doit se déposer dans le tube, au delà de la partie chauffée, aucune trace d'arsenic. Au bout de ce temps, on retire le feu

RECHERCHE DE l'ARSENIC. 544

et on enllamme le gaz ; si aucune tache ne se dépose sur la soucoupe présentée àrextrémité du tube, cela indique que les réactifs ne contiennent pas d'arsenic. On répète ensuite Topération après avoir introduit les matières à examiner dans le flacon ; si elles contiennent de l'arsenic, on voit la flamme de rhydrogène devenir d'un blanc livide et répandre des fumées blanches d'acide arsénieux. La flamme, refroidie par la soucoupe, donne un dépôt noir brillant d'arsenic. Lorsqu'on veut recueillir tout l'arsenic, il est préférable de ne pas chercher à produire des taches ; on se sert d'un tube assez long pour qu'on puisse y déterminer la production d'un certain nombre d'anneaux; ces anneaux sont ensuite examinés séparément.

Il s'agit maintenant de reconnaître si les taches ou anneaux sont réellement produites par l'arsenic, car on sait que l'hydrogène anlimonié dépose des taches comme le fait l'hydrogène arsénié. On distinguera ces taches par les caractères suivants, que nous reproduisons d'après Naquet ^ :

1° Les taches d'arsenic sont brunes, tandis que celles d'antimoine sont noires, surtout près des bords ; mais ce caractère ne donne même plus des probabilités dès que les taches acquièrent un certain voli^me.

20 Les taches d'arsenic obtenues dans le tube peuvent se volatiliser facilement d'un bout du tube à l'autre, si l'on a soin d'y entretenir un courant d'hydrogène ou d'anhydride carbonique ; les taches d'antimoine sont bien moins volatiles.

3° Si l'on chauffe le tube au point où se trouve la tache, en le laissant ouvert à ses d«ux extrémités et en le tenant incliné de manière à y déterminer un courant d'air, l'arsenic s'oxyde, et il vient se sublimer plus haut en formant un anneau d'anhydride arsénieux sur lequel on peut reconnaître à la lou[>e la forme octaédrique des cristaux. Cet anneau peu être soumis aux essais suivants :

a. On le dissout dans une goutte d'acide chlorhydrique, el l'on traite la solution par l'hydrogène sulfuré ; il se forme tin précipité de sulfure jaune d'arsenic soluble dans l'ammoniaque et les sulfures alcalins, et insoluble dans l'acide chlorhydrique.

b. L'anneau d'acide arsénieux se dissout dans l'eau pure et donne alors, avec le sulfate de cuivre ammoniacal, un préci-

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