‹ Manuel de médecine légaleChapitre 266 sur 353 · ALCALIS FIXES · texte numérisé non relu

ALCALIS FIXES

Colorés en violet par Au*CP : pas de réaction par

HCl + BaO* Conicine,

Colorés en brun par Au'CP : coloration groseille par

HCl + BaO" Nicotine,

Colorés en violet par SO' i

étendu à chaud / Morphine.

Colorés en bleupar Fe'Cl* ; — en violet par SO* |

étendu à chaud [ Brueine.

Rien par Fe»Cl» )

Se colorant spontanément en violet par

SO»HO à froid

Ne se colorant en violet j ^arcotine.

qu'à chaud )

Colorés en rouge par AzO^j.HO

Coloration rouge brique à froid ou carmin à chaud..

Vératrine^ Delphine,

Coloration en vert foncé.

Ne devenant

ni rouges,

ni verts, ni jaunes.

Colorés en violet par SO» étendu à chaud

Pas colorés par SO* à chaud . .

Pas de coloraration bleu verdàtre par KO chaud

\ dâ

Codéine.

Solanine.

Atropine'.

Aconitine,

Aconitine, Atropine.

Après avoir essayé les méthodes générales, on procède ensuite à Tétude des caractères particuliers qui peuvent faire reconnaître chaque alcaloïde. Deux cas peuvent se présenter : l'alcaloïde est liquide ou volatil, Talcaloïde est fixe.

alcaloïdes liquides et volatils.

Les principaux sont la conicine., Vaniline, et la nicotine.

La conicine est un liquide oléagineux d'une odeur forte et nauséabonde, peu soluble dans l'eau et se dissolvant dans Talcool et l'éther. Le gaz chlorhydrique lui donne une couleur pourpre qui passe au bleu indigo ; l'acide azotique la co-

1. Bonis, Chimie légale^ faisant suite au Manuel de médecine légale, de Briand et Chaude.

lore en rouge ; le chlorure de platine ne la précipite pas, ce qui la distingue de la nicotine. L'empoisonnement criminel par la conicine est rare à cause de la difficulté qu'on a à se procurer cet alcaloïde.

C'est avec la ciguë qu'ont lieu les empoisonnements ; on retrouve souvent dans le tube digestif des fragments de la plante qu'on traite par la potasse et que l'on reconnaît alors à l'odeur caractéristique de la conicine qui se de'gage.

Dans ces derniers temps, on a constaté que certaines réactions chimiques peuvent donner naissance à de la conicine. Il faut donc être très circonspect lorsqu'il s'agit de se prononcer sur un empoisonnement par cet alcaloïde.

L'aniline est un liquide incolore, d'une odeur aromatique, presque insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool etl'éther. Traité par l'acide sulfurique et le bichromate de potasse, l'aniline donne, à une douce chaleur, une coloration bleu qui passe au violet par l'addition d'eau. Le chlorure de chaux dissous produit avec l'aniline une coloration violette.

Les couleurs dérivées de Faniline sont employées pour la coloration artificielle et frauduleuse de certains produits alimentaires et peuvent donner lieu à des intoxications chroni- ■ques qui n'ont pas encore été bien étudiées.

La nicotine est liquide, incolore, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, se colorant à l'air et brunissant le curcuma.En dissolution dans l'éther, elle se combine avec l'iode et donne des aiguilles rouge-rubis. Avec l'iodure de potassium ioduré, on a un précipité brun kermès.

Voici la méthode générale indiquée par Naquetpour l'identification de ces trois alcaloïdes :

On divise l'alcaloïde sur un certain nombre de verres de montre, puis on fait les essais suivants :

i" On traite une goutte de matière par l'acide azotique, qui rougit ou ne rougit pas. Si cet aci de rougit, on fait arriver de l'acide chlorhydrique gazeux sec sur une autre goutte, et l'on constate que celle-ci prend une teinte violette foncée ; on a J alors, très probablement de la conicine.

20 Si l'acide azotique ne rougitpas, on traite alors une autre goutte par le chlorure de chaux. Si celui-ci donne une teinte violette, et que deux autres gouttes chauffées, l'une avec de ^

alcaloïdes de l'opium. 561

l'acide arsénique, l'autre avec du nitrate mercurique, deviennent rouges, on a de Vaniline, ou une base homologue.

3^ Si ces diverses réactions manquent, mais que le chlore donne une re'action rouge de sang et que l'acide chlorhydrique ne donne rien à froid et devienne violet foncé parl'ébuUition, on se trouve probablement en présence de la nicotine.

alcaloïdes solides fixes.

Alcaloïdes dePopium. — Nous signalerons les principaux et ïacide mécanique, dont les réactions servent à reconnaitre les préparations opiacées.

4° Morphine. — Les sels formés par la morphine sont solubles dans Teau et l'alcool, insolubles dans l'éther et Talcool amyjique. La morphine elle-même est insoluble dans Téther lorsqu'elle est précipitée à l'état cristallin. La morphine est précipitée de ses sels par la potasse et le précipité se redissout dans un excès de potasse. L'acide azotique concentré produit avec la morphine une coloration rouge jaunâtre. L'acide iodique est réduit parla morphine et l'iode est mis en liberté. Pour faciliter cette réaction, on ajoute k la morphine de l'empois d'amidon et l'on obtient, en ajoutant l'acide iodique, la coloration bleue de l'iodure d'amidon. Le perchlorure de fer colore la morphine en vert bleuâtre. Le sulfomolybeate de soude (réactif deFrohde) donne une coloration lilas. Le ferricyanure de potassium est réduit par la morphine : on constate cette réduction par l'addition de perchlorure de fer ; il se produit alors un précipité de bleu de Prusse.

20 Narcéine. — Se présente sous la forme de fines aiguilles peu solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, insolubles dans l'éther, donne, au contact de l'iode, une coloration bleue, qui se détruit par la chaleur et les alcalis.

3° ISarcotine. — Presque insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, la narcotine se colore en rouge et dégage des vapeurs rutilantes abondantes, lorsqu'elle est humectée avec l'acide azotique fumant.

4" Codéine. — Soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, la codéine ne se colore pas par l'acide azotique. Elle donne avec le sélénite de soude en solution sulfurique une belle coloration verte (Lafon). Chauffée doucement avec le sulfomolybeate elle produit une coloration bleue.

LiTAUD, Méd. lég. 36

5« Thebaïne. — Insoluble dans Feau, soluble dans Talcool et l'ether, la thebaïne forme, lorsqu'elle est attaquée à froid par Facide azotique concentré, une solution jaune qui se fonce par une addition de potasse.

6« Papavérine. — Insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool et l'éther, la papavérine est colorée en bleu par l'acide sulfunque concentré.

7« Acide méconique. — Se présente sous la forme de paillettes blanches, peu solubles dans l'eau, solubles dans l'éther et l'alcool. Les sels de sesquioxyde de fer colorent Facide méconique en rouge, la coloration disparaît par les hypochlorites.

Strychnine. — Incolore et inodore, la strychnine est presque msoluble dans Feau, soluble dans l'alcool ordinaire et le chloroforme, insoluble dans l'éther.

L'eau de chlore versée dans une dissolution de strychnine donne immédiatement un précipité blanc, qui se dissout dans 1 ammoniaque. Les sels de strychnine sont précipités en blanc parle sulfocyanure de potassium.

En présence de Facide sulfurique et du bichromate de potasse, la strychnine donne une belle coloration violette Le vanadate d'ammoniaque dissous dans l'acide sulfurique produit une coloration semblable (Mandelin).

L'acide nitrique colore souvent la strychnine enrouée • cette coloration est due à la présence des traces de brucine

De faibles doses de strychnine injectées à des grenouilles déterminent chez ces animaux des convulsions tétaniques. '

Brucine - Peu soluble dans Feau et l'éther, soluble dans 1 alcool, la brucine donne avec Facide azotique concentré une coloration rouge intense, qui passe au violet par l'addition de protochlorure d'étain. Les sels de la brucine sont précipités par i ammoniaque, sous la forme de gouttelettes huileuses.

Atropine et daturine, - Ces deux alcaloïdes paraissent identiques. Ils sont peu solubles dans Feau, très solubles dans J alcool, 1 ether et le chloroforme. L'acide sulfurique produit avec 1 atropine une coloration violette en développant une odeur de roses.

alcaloïdes. — MÉTHODE DE DRAGENDORFF. 563

"Hyosciamine. — Cet alcaloïde est considéré par beaucoup (de chimistes comme identique à l'atropine.

MÉTHODE DE DRAGENDORFF.

La méthode générale d'extraction des alcaloïdes proposée par Dragendorff est longue et délicate ; mais elle est, à notre ■avis, supérieure aux autres procédés, dans le cas où l'on n'a aucune indication sur la nature de Talcaloïde à rechercher. Voici en peu de mots le principe de cette méthode :

Les matières sont acidulées par de l'eau étendue d'acide «ulfurique et mises à digérer vers 40 ou 50®. Les liquides acides, filtrés, sont évaporés à consistance sirupeuse ; le résidu est mélangé d'alcool, et filtré. Le liquide alcoolique est privé d'alcool par la distillation :

10 Par le pétrole léger. — Le pétrole enlève dans ces conditions la pipérine.

2° Parla benzine, — qui enlève la caféine, la delphine, la colchicine, la digitaline, la cubébine, la cantharidine, etc., — des traces de vératrine et d'ésérine. Sur les résidus benziniques, on effectue les diverses réactions qui permettent de caractériser ces alcaloïdes.

30 Par le chloroforme. — Ce disolvant extrait la théobromine, la narcéine, la papavérine, la cinchonine, lapicrotoxine, l'elléborine, etc.

Le résidu est agité avec du pétrole qui a pour but d'éliminer la benzine et le chloroforme dissous. Puis on neutralise avec de l'ammoniaque, et la solution ammoniacale est épuisée successivement.

1° Parle pétrole léger — qui enlève la strychnine, la quinine, la brucine, la vératrine, la sabadilline, la conicine, la nicotine, l'aniline, etc.

2° Par la benzine, — qui enlève la strychnine, la brucine, l'émétine, la quinine, la quinidine, la cinchonine, l'atropine, l'aconitine, l'hyosciamine, Tésérine, la vératrine, la codéine, la thébaïne, la narcotine, lasabadalline, etc.

30 Parle chloroforme, — qui dissout la cinchonine, la papavérine, la narcéine, des traces de morphine.

40 Par l'alcool amylique, — qui enlève la morphine, la solanine, etc.

Ce procédé consiste, comme on le voit, à employer des

dissolvants variés, successivement en présence des liqueurs acides et des liqueurs alcalines de manière à séparer les alcaloïdes en groupes et à simplifier aussi les recherches ultérieures.

§ 4. — Méthode générale applicable lorsqu'on ne possède aucune donnée sur la nature du poison.

Quand on n'a aucun renseignement sur la substance toxique ou que les expériences faites sur une partie des matières suspectes n'ont pas donné de résultats satisfaisants, il faut procéder d'une manière générale et se livrer à une analyse minutieuse.

Sous ce rapport, les méthodes suivantes rendent d'utiles services,

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