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QUESTIONS DE RESPONSABILITÉ DES PARENTS

s'est développée spontanément, il s'appuiera sur ce que cet écoulement ne diffère pas essentiellement de certaines leucorrhées, cette dernière affection pouvant même déterminerune légère inflammation chez le mari, qui, pour ne pas effrayer sa femme, a tenu secret ce petit accident. En un mot le médecin consciencieux, faisant appel à toute son habileté, guérira d'abord, consolera ensuite si son âge le lui permet, et la confiance qu'il a su inspirer lui tiendra lieu des années ; il administrera une consciencieuse admonestation à l'époux coupable ou léger, et rétablira l'harmonie dans ce ménage qu'un moment d'oubli, qu'une coupable faiblesse aurait à tout jamais compromise.

Il est un cas cependant dans lequel le médecin est autorisé à faire connaître Texistence d'une affection vénérienne ; c'est lorsque cette affection peut compromettre la vie d'un enfant ou la santé d'une personne innocente. Nous voulons parler de la transmission de la syphilis par les nourrissons aux nourrices et réciproquement.

Que doit faire le médecin appelé auprès d'une nourrice atteinte d'une syphilis constitutionnelle ?

Il faut distinguer deux cas : la nourrice a pris l'affection de l'enfant, l'enfant a pris la syphilis de la nourrice en puissance de contagion. Dans le premier cas, le médecin, tout en déplorant un mal irréparable dont les conséquences pèseront lourdement sur toute une famille, doit prendre d'abord les précautions les plus grandes pour arrêter la maladie et conjurer la contagion sur les autres membres de la famille. Les parents de l'enfant contaminé, coupables d'une si grave imprudence et d'une si grande imprévoyance, doivent être rendus responsables, et sur l'avis du médecin se soumettront à une réparation pécuniaire en rapport avec leur situation et la gravité du cas. S'ils refusent de se soumettre à cet arbitrage, le médecin, sans conseiller à la nourrice de s'adresser aux tribunaux, la laissera libre de ses agissements et ne lui refusera pas, sous prétexte du secret médical, une attestation consciencieuse et exacte de l'état dans lequel il Ta trouvée.

Dans le second cas, le plus rare, l'enfant a pris la contaf;ion de la nourrice. Dès qu'il a constaté le fait, bien qu'appelé par la nourrice elle-même, le médecin doit avertir la famille afin que Tenfant puisse être traité convenablement.

Il imposera à la nourrice l'obligation de ne plus prendre LuTAUD, Méd. lég. 41

aucun enfant pour Tallaiter sous peine d'une dénonciation dont sa conscience lui fait alors un devoir rigoureux.

Questions de responsabUité des parents. — Le médecin ne doit pas oublier que lorsque la nourrice contracte la syphilis par un nourrisson à elle conûé, les parents sont civilement responsables. Même lorsque les parents ignorent Texistencei de la syphilis ils n'en sont pas moins responsables du dommage causé à la nourrice si, au moment de la remise de l'enfant, ils ont négligé de le soumettre à l'examen du médecin. Ilj y a là une négligence de leur part qui les rend responsables du préjudice causé aux termes des art. 1382 et 1383 du Gode civil [Jugement du tribunal civil de la Seine, 1 juillet 1883).

Assurances sur la vie. — Nous avons traité dans un chapi-li

tre spécial les questions se rattachantaux assurances et aux rentes viagères (voyez pages 409 etsuiv). Nous rappellerons seulement, àpropos du secret médical , que le médecin doit considérer comme une règle de ne délivrer aucun certificat sur la santé de ses clients lorsqu'il est sollicité par une compagnie d'assurances, même lorsque son client l'autorise à parler. La légis- ; lation est formelle à cet égard et la Société de médecine lé- 1 gale a émis une opinion dans ce sens (juin et août 1884).

C'est à leurs médecins que les compagnies doivent s'adresser pour procéder à l'examen de leurs postulants et il va sans \ dire que ceux-ci ne sont pas tenus au secret professionnel dans les rapports qu'ils adressent à la compagnie qui les emploie.

§ 5. — Des honoraires.

Le médecin apportera le plus grand soin dans la rédaction de ses mémoires d'honoraires et il spécifiera le nombre et la date des visites, la nature des soins particuliers et des opérations. En agissant ainsi, il ne donnera prise à aucune critique et ne s'exposera pas à voir son mémoire discuté et souvent réduit.

Nous n'avons pas besoin de dire que le médecin ne doit jamais se départir de la plus grande équité. Il doit tenir compte de la position de fortune de ses clients et subordonner le prix

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