‹ Manuel de médecine légaleChapitre 317 sur 353 · I. — Examen de la victime · texte numérisé non relu

I. — Examen de la victime

Cette petite fille, maigre, pâle, d'apparence souffreteuse, aurait eu de la gourme autrefois. Elle n'a pas de ganglions sous le cou, de maux d'yeux ni d'écoulements d'oreilles ; elle n'en aurait jamais eu.

On ne constate sur elle ni traces de contusions ou d'écorchures.

Après l'attentat qui daterait de huit jours, la petite fille aurait eu un peu de douleur en urinant et en marchant, elle aurait été constipée trois jours. Aujourd'hui les douleurs auraient disparu. Le père (qui est veuf) déclare ignorer si auparavant sa petite fille avait des pertes blanches.

Les organes génitaux sont bien conformés. Les grandes lèvres sont gonflées, couvertes de croûtes, desséchées sur leur ligne de jonction, la peau du haut des cuisses et celle du périnée jusqu'à l'anus sont le siège d'un érythème interfessier dont la rougeur est interrompue par de petites crevasses superficielles.

Le clitoris est volumineux. L'orifice de l'urèthre, les petites lèvres, la membrane hymen sont rouges, tuméfiés et couverts de mucopus un peu jaunâtre. La membrane hymen, de forme annulaire, présente à son tiers supérieur, de chaque côté et symétriquement, une petite encoche congénitale. Elle n'est pas déchirée.

Les ganglions des aines sont volumineux.

La marge de l'anus est rouge mais non déformée.

(L'examen de l'inculpé nous ayant fait constater l'existence de lésions contagieuses, nous avons dû procéder à un nouvel examea avant de donner des conclusions définitives). |H

Examen du 19 novembre 1879. — La santé de la petite fille est toujours assez mauvaise, elle paraît triste et fatiguée.

L'examen des organes génitaux nous a permis de constater que toutes les lésions que nous avions notées dans notre visite rfiu 3 novembre persistaient, mais très améliorées.

L'érythéme interfessier a disparu, on ne trouve plus que quel-

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ques petites plaques épidermiques en voie de desquamation. — Les grandes lèvres sont moins volumineuses, mais encore couvertes sur leur bord libre par quelques croûtes de muco-pus desséché.

L'orifice de Turèthre est rou«,^e, nous ne pouvons par la pression faire sortir de gouttes de pus. La membrane hymen, non déchirée, est encore rouge et gonflée.

Les ganglions des aines sont moins volumineux.

L'anus n'est plus rouge.

Conclusions : l" La jeune 0... n'est pas déflorée.

2° Elle est atteinte d'une vulvite qui, très intense le 3 novembre, l'est beaucoup moins le 19 novembre.

3» L'absence de douleur persistant et l'alisence d'uréthrite ne permettent pas d'affirmer que cette vulvite soit d'origine blennorrhagique.

4° Des violences exercées sur les parties génitales peuvent avoir suffi pour provoquer cette inflammation des organes génitaux, qui a une durée un peu plus longue que d'ordinaire, parce que l'enfant est lymphatique et qu'elle reçoit des soins de propreté insuflisants.

5° Les organes génitaux ne sont k siège d'aucune ulcération de nature syphilitique.

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