‹ Manuel de médecine légaleChapitre 33 sur 353 · NULLITÉ DU MARIAGE. — IMPUISSANCE · texte numérisé non relu

NULLITÉ DU MARIAGE. — IMPUISSANCE

ment déposé à l'entrée du vagin, il faut que cette absence soit complète pour constituer un signe certain d'impuissance *.

Vabsence congénitale des testicules est rare et, de plus, souvent très difficile à constater. Il est, en effet, fréquent de voir ces glandes manquer dans le scrotum ; mais cette absence peut n'être qu'apparente, car on les retrouve souvent derrière l'anneau inguinal, soit qu'elles doivent rester cachées toute la vie, soit parce qu'elles ne sont pas encore descendues. L'opinion de Follin, qui tend à prouver que la situation anormale des testicules est incompatible avec les fonctions de ces organes, n'est pas suffisamment établie pour servir de base à une appréciation médico-légale.

On sait que l'absence des testicules n'est pas toujours congénitale et qu'elle peut souvent être le résultat d'une ablation chirurgicale ou accidentelle. Les traces cicatricielles du scrotum feront facilement reconnaître ces cas. L'excision des testicules entraîne toujours l'impuissance lorsqu'elle estpratiquée avant la puberté, mais les fonctions sexuelles peuvent se continuer pendant quelque temps chez les individus pubères qui subissent la castration. Dans un cas relaté par Sir Astley Cooper 2 , un individu a pu procréer six mois après avoir subi l'ablation des testicules.

En général, les individus privés de testicules ont la voix grêle, Jes formes féminines et les poils du visage peu développés ; en un mot, leur constitution physique et leurs facultés morales semblent les rapprocher du sexe féminin ; ils sont certainement incapables de procréer.

L'hypospadias ne saurait réellement être considéré comme une cause absolue d'impuissance, surtout lorsque l'ouverture de l'urèthre a lieu à une distance peu considérable du gland. On cite, du reste, de nombreux et authentiques exemples d'hypospades qui sont devenus pères. Cependant, lorsque cette malformation a atteint un degré avancé et se complique pendant l'érection d'une courbure considérable du pénis, la fécon-

i. Les expériences de Spallanïani et de Rossi ont démontré que le concours des deux sexes n'est pas nécessaire pour produire la fécondation, et que l'injection de spernialozoïdes chauds peut suffire.

John Hunter avait conseillé un procédé analogue dans un cas où une malformation des organes génitaux empêchait le rapprochement sexuel. On sait du reste que la /"i^conda/io/i arfi/jcienc est aujourd'hui acceptée pour remédier à certains cas de stérilité.

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