Cours de microscopiey 1884, p
SIGNES DE l'accouchement. 83
fœtus et le délivre, lorsqu'on est assez heureux pour les trouver, puis sur les liquides et les taches produites par le sang, les lochies, le liquide amniotique, le méconium, la matière sébacée. Nous reviendrons sur ce point dans le chapitre destiné aux recherches chimiques et micrographiques relatives à la médecine légale.
Les signes de V accouchement ancien sont incertains, ils reposent principalement sur la dilatation du vagin, Feffacement delà fosse naviculaire, les cicatrices du périnée, les changements du col utérin, le relâchement et les vergetures de laparoi abdominale, la coloration de la ligne blanche et de l'aréole mammaire.
u La date de l'accouchement ancien, dit M. Tourdes, rentre dans les problèmes que la science ne peut résoudre d'une manière positive. L'effacement graduel des signes qui, par euxmêmes, ont une intensité variable, ne fournit que de faibles indices. »
Il sera également très difficile, pour ne pas dire impossible, -dédire combien de fois une femme est accouchée ; cette question pourra être posée dans le cas où la justice soupçonnera plusieurs infanticides successifs, mais l'expert n'a, pour la résoudre affirmativement, que des signes, trop incertains.
Après la mort, les constatations anatomiques faites sur l'utérus ont une grande valeur. Dans l'accouchement récent, la muqueuse utérine est épaisse, rouge et molle; la cavité est remplie de sang et de débris de caduque ; à l'insertion du placenta, la membrane est mamelonnée, saillante, couverte de sang coagulé mêlé aux débris du placenta utérin. La tunique musculeuse est notablement hypertrophiée, les fibres contractiles sont allongées et très épaissies : normalement, elles ont 0™™, 05 à0™™,07 de longueur sur 0"*™,00o de largeur, et elles acquièrent par la grossesse 0'"'",2 de longueur sur 0'"™01 d'épaisseur. La muqueuse reprend les caractères de l'état de vacuité du soixante au soixante-dixième jour (Colin). Dans l'accouchement ancien, les signes anatomiques ont moins de valeur. Le volume de l'utérus, le rapport entre la longueur du col et celle du corps fournit des indices. M. Schnepf, cité par Tourdes, indique les moyennes suivantes ; avant la puberté, col iS millimètres, corps 8, total 26 ; après la puberté, col 24, rcorps 32, total 56 ; après la grossesse, col 26, corps 33, total oD,
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Le col utérin présente des signes importants pour la constatation de l'accouchement ancien. Chez la femme nullipare le col est petit et percé à son centre d'un orifice étroit en trou d^aiguUle. — Chez la femme multipare le col est plus volumineux et l'orifice est irréguher, plus grand et souvent déchiqueté.
En résumé, nous dirons que la preuve de l'accouchement, qui ne saurait résulter de la constatation d'un seul signe, peut être évidente lorsqu'on rencontre un ensemble de caractères. Pour la constatation de l'accouchement, comme pour celle de la grossesse et de la plupart des observations médico-légales, la conviction résulte de l'ensemble des faits et non de chaque fait pris isolément.
Hystérotomie post mortem, — Lorsqu'une femme meurt dans un état de grossesse avancée, que doit faire le médecin à. l'égard de l'enfant qu'elle porte dans son sein? En 1833, la femme Piraud, garde-malade, remplissait sans diplôme les fonctions de sage-femme auprès d'un femme qui succomba pendant les douleurs de l'enfantement. Trois heures après l'a mort, par les conseils et sur les instances d'un ecclésiastique, elle pratiqua l'opération césarienne. Ils furent poursuivis tous deux pour violation indirecte de la loi sur les inhumations et pour exercice illégal de la chirurgie. Acquittés par la Gourde Grenoble, ils furent condamnés par la Cour de cassation *. A la suite d'un fait analogue, observé en 1846, M. de Kergaradec approuva comme médecin la conduite des tribunaux, mais, se plaçant au point de vue religieux, il prétendit qu'il y a obligation de pratiquer l'opération césarienne aussitôt après la mort d'une femme enceinte et que, à défaut d'homme de l'art, tout individu peut et doit pratiquer cette opération. Malgré l'autorité du P. Cangiamila, auteur du Traité d'embriologie sacrée, et celle d'un grand nombre de prélats, nous pensons que la médecine légale doit rester en dehors de ces consid'érations religieuses, que nous avons été fort étonné de voir présentées et soutenues à l'Académie de médecine ^.
Le médecin sera donc libre de pratiquer l'hystérotomie lorsqu'il le jugera convenable et sa responsabilité sera toujours à l'abri. Nous acceptons sans réserve l'opinion de Briand et Chaude ainsi formulée : « Lorsque l'homme de l'art s'est assuré par les divers moyens que lui indique la science que la mère à