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Corameniaires de Hoffmann, p

106 DE l'avortement.

•certains points de l'enquête ou certaines allégations de la femme.

« Il n'y a pas lieu, dit Tardieu, de faire sur l'avorton les mêmes recherches que sur le nouveau-né qui périt par infanticide, sauf le cas, fort rare d'ailleurs, où, en raison de l'âge déjà avancé et de l'apparente viabilité du fœtus expulsé, on peut supposer qu'il y ait eu à la fois, ou, pour mieux dire, successivement, avortement et infanticide. »

Nous nous rangeons complètement à cet avis et nous renvoyons au chapitre de Vinfanticide et de V accouchement pour lies questions relatives à 1 âge et à la viabilité du fœtus.

h. Examen de la femme. — Deux cas peuvent se présenter : la femme est complètement remise des suites d'un avortement déjà ancien, ou bien elle souffre encore des suites d'un avortement récent ou ancien. Dans le premier cas, l'examen direct • des organes ne permettra aucune appréciation en ce qui concerne le fait même de l'avortement, mais il pourra être utile en révélant l'existence antérieure de la grossesse. Nous avons vu, dans le chapitre consacré à l'étude de l'accouchement, combien la constatation de la grossesse était difficile dans la majorité des cas, nous ne reviendrons pas sur ce sujet. Nous ferons seulement remarquer, que les organes d'une femme qui a mis au monde un avorton de quelques semaines ne peuvent être comparés à ceux d'une femme qui a accouché d'un enfant bien développé après une gestation régulière. Il est donc inutile, lorsque l'avortement est ancien, d'insister sur l'examen direct qui ne peut fournir aucune indication certaine; mais l'expert devra alors rechercher les faits qui peuvent venir à l'appui de la prévention. Il étudiera les circonstances au milieu desquelles le crime a été commis, s'informera si la femme a caché sa grossesse, si elle a fait usage des médicaments abortifs, si elle s'est purgée fréquemment, etc. Tous ces renseignements, que le médecin est à même d'obtenir mieux que personne, pourront, dans quelques cas, établir la préméditation -et aider l'action de la justice.

Dans le second cas, lorsque l'avortement est récent, le médecin pourra constater des signes physiques d'une plus grande valeur. La flaccidité du ventre, la tuméfaction des seins, les -dimensions de l'utérus, l'ouverture du col, l'hémorrhagie, la .rougeur et la dilatation du vagin, l'écoulement lochial, la

pâleur, la fièvre et quelques autres caractères généraux permettront quelquefois d'affirmer qu'il y a eu grossesse et délivrance. Dans les cas où le médecin arrive pendant le travail, le diagnostic est plus facile : aux signes ordinaires de la grossesse viennent se joindre ceux de l'accouchement et toutes les précautions sont prises pour recueillir le produit de la conception. C'est alors que les lésions locales et la marche des accidents peuvent fournir d'utiles indications sur la nature de l'avortement.

c. Autopsie. — Quoique pouvant fournir des résultats plus décisifs, les recherches pratiquées sur le cadavre présentent également de très série a'ses difficultés. A part un petit nombre de cas où il est facile de constater les blessures et les piqûres de la matrice qui décèlent l'emploi d'un instrument vulnéiant, on se trouve souvent en présence d'inflammations du péritoine •ou de Tutérus, qui peuvent reconnaître les causes les plus diverses. Il y a cependant un ensemble de signes et de particularités que le médecin-légiste mettra utilement à profit pour la constatation de la grossesse et de l'avortement.

Voici, d'après M. le professeur lourdes, l'ordre et la nature des recherches que fera l'expert dans un examen post mortem * : « Lorsque l'embryon est encore contenu dans la matrice, on Ti.'a qu'à rechercher s'il existe des vestiges de violences destinés à le détruire. L'étendue du décollement avec déchirure et hémorrhagie peut contraster avec l'état du col, non effacé, annonçant à peine un commencement de travail. Si le produit a été expulsé, il faut principalement s'attacher à reconnaître le lieu d'insertion du placenta. On distinguera sur un point de la partie interne de la matrice, point qui peut varier, une surface rugueuse, inégale, rougeàtre ou même suppurante, résultat de la séparation du gâteau placentaire ; la membrane en ce point est plus épaisse, saillante ; elle présente les orifices des vaisseaux déchirés. La cavité est remplie de caillots de sang et de débris de caduque, mélange de cel- Jules à divers degrés d'altération. Le développement des fibres musculaires est un des signes les plus caractéristiques; l'examen microscopique des fibres cellules contractiles montrera qu'elles dépassent de beaucoup leurs dimensions ordinaires,

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