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Dict. encycl. des se. méd., vol. VII, p

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qu'elles peuvent arriver à O™'^ 5 de longueur et à 0™™ 01 d'épaisseur. Ce signe est caractéristique de V accroissement physiologique de Vorgane par suite de gestation. L'épaississement des parois est manifeste jusqu'au cinquième mois. La forme globuleuse de Tutérus, la diminution du col avec l'élargissement du corps fourniront des indices. Des mesures précises seront relevées : dimensions de Vutérus avant toute gestation, longueur 6 à

7 centimètres ; largeur 4 à 4 4/2, épaisseur 2 à 2 1/2, poids 30 à 45 grammes, chez une femme qui a été mère, longueur 7 à

8 centimètres, largeur 4 1/2 à 5 1/2, épaisseur 2 1/2 à 3, poids 60 à 70 grammes. Pendant la grossesse, toutes les dimensions vont en croissant et les diamètres de l'utérus ont, à trois mois, environ 8 centimètres; à 4 mois, dO; au moment de l'accouchement, 23 centimètres sur 16 avec une masse dont le volume dépasse de vingt-quatre fois l'état normal. »

C'est le plus souvent près du col que Ton rencontre la trace des blessures produites sur la matrice par un instrument vulnérant. Ce sont des piqûres, des déchirures, quelquefois même des perforations de la matrice qui présentent des caractères trop tranchés pour qu'il soit possible de les méconnaître. On décrira avec le plus grand soin ces blessures, dont le trajet est habituellement indiqué par un petit épanchementde sang coagulé. ^

Il peut arriver que l'accusé, surtout s'il appartient à la profession médicale, prétende qu'il y a eu rupture spontanée de Vutérus. La première remarque à faire à ce sujet est que les ruptures spontanées de la matrice sont extrêmement rares. De 4839 à 4848, sur un total de 31560 accouchements observés à la Maternité de Paris, il ne s'est pas produit un seul cas de rupture. De 4848 à 4858, sur 28299 accouchements pratiqués dans le même établissement, on a observé onze ruptures de l'utérus. (Wieland.) D'un autre côté, c'est presque toujours à une époque avancée de la gestation et pendant le travail d'expulsion que ces ruptures ont été observées. Les cas très rares où la rupture a eu lieu spontanément et en dehors du travail coïncidaient avec le ramollissement et l'altération du tissu de la matrice.

On examinera également les ovaire^. L'absence de corps jaunes récents et la présence d'un corps jaune ancien très volumineux, ayant une longueur de 46 à 24 millimètres, serviront à caractériser un avortement survenu au milieu de la

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grossesse, vers le cinquième mois ; à partir de cette époque le corps jaune diminue pour n'avoir plus que 7 à 8 millimètres après l'accouchement. (lourdes.)

Jusqu'à quelle époque peut-on constater les traces deWavortement ou de la délivrance'^. Les médecins-légistes qui ont longuement traité cette question n'ont pas été d'accord pour la résoudre, et on le comprend aisément. Le temps nécessaire pour le retour des organes à l'état normal a été évalué à six semaines, mais cette période peut être plus courte lorsque Tavortement a eu lieu à une époque peu avancée de la gestation et elle peut être plus longue lorsque certaines maladies, telles que péritonite, phlegmons péri-utérins, etc., retardent la rétraction utérine et prolongent l'état pathologique.

Il n'est pas nécessaire de rappeler que l'examen post mortem devra également porter sur tous les autres organes dont les lésions peuvent éclairer sur la cause de la mort et sur la réalité de l'avortement.

Du reste l'expert doit toujours signaler les faits de nature cà appeler l'attention, alors même qu'ils ne portent pas sur le point spécial qui fait le sujet de l'expertise.

DE l'avortement SIMULE.

Parmi les cas les plus inattendus qui peuvent surgir dans la pratique médico-légale, il faut citer l'avortement simulé. Quel que soit le degré de perversion et d'artifice qu'on puisse supposer à l'esprit humain, il est difficile d'admettre qu'une femme puisse feindre d'avoir participé à un acte infamant ou se donner €orame complice de manœuvres sévèrement punies par les lois.

Nous allons cependant résumer deux observations dans lesquelles l'avortement a été simulé dans un but criminel. La première, citée par Tardieu, a été observée à Melun en 1857; la deuxième, rapportée par M. Legrand du Saulle, a trait à une simulation d'avortement dont les détails ont été exposés devant la Cour d'assises de la Seine.

Observation I. — Simulation d'avortement par une sage-femme et sa complice, — Au mois de septembre 1857, une sage-femme de Melun voulant se déb&rrasser de la concurrence d'une nouvelle venue imagina de la dénoncer comme coupable

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d'avortement sur la personne d'une ancienne servante qui ne craignit pas de seprêter à cette infâme machination.

Voici la fable inventée en commun par les deux femmes et soutenue avec une impudence inouïe par celle qui prétendait s'être soumise aux manœuvres abortives.

Elle avait vu ses règles manquer trois fois et, indécise de savoir si elle est enceinte, elle va consulter la sage-femme, celle qu'elle accuse aujourd'hui. L'accoucheuse la touche, lui dit qu'elle ne sait pas si c'est un amas de sang et, séance tenante, lui introduit une sonde. Le lendemain, il s'écoule de l'eau, puis, un peu plus tard, un caillot qu'elle dit gros comme deux doigts et recouvert d'une peau blanche. Elle s'écrie : « La malheureuse m'aura blessée ! » et fait appeler pour la secourir sa complice, la sage-femme dont elle veut servir la passion intéressée. Celle-ci déclare qu'à ce moment elle la trouve dans les douleurs de l'enfantement,, et dit avoir vu dans le vase de nuit un petit morceau de placenta nageant au milieu du sang. Le même jour, la sage-femme recueille encore un morceau de chair qu'elle porte au docteur Saint-Yves qui croit bien avoir reconnu un morceau de rate de mouton.

Cependant, les deux coupables simulent encore des accidents plus sérieux et, vers le sixième jour, le docteur Saint-Yves visite l'accouchée à la sollicitude de la sage-femme qui espérait appuyer de cette autorité son accusation mensongère. Celui-ci ne fut pas peu surpris de la trouver sans lièvre, sans altération du tisage. Le ventre était volumineux, mais ne présentait pas la plus petite trace d'une éraillure récente. La sensibilité prétendue de la fosse iliaque n'empêchait pas d'exercer sur ce point une forte pression, surtout quand l'attention de la femme était distraite. 11 n'y avait ni vomissements, ni nausées, ni hoquets. Lesmamelles, flétries, n'étaient le siège d'aucune sécrétion. Les parties sexuelles ne laissaient écouler ni lochies, ni sang. Le col de l'utérus avait la position et la formenormales ;il n'était pas chaud, ni gonflé, ni ramolli, mais seulement un peu entr'ouvert.

MM. Saint-Yves et Tardieu, qui lui avait été adjoint dans l'instruction de cette affaire, conclurent à la simulation. Un peu plus tard, la femme qui se disait victime de l'avortement avoua qu'elle n'était jamais allée chez la sage-femme accusée et que le fait de celle visite et de l'opération était une fable inventée par elle, d'accord avec l'autre sage-femrae qui voulait nuire à sa rivale par jalousie de métier.

Observation 1(. — Avortement simulé. Acquittement de l'accusé et arrestation des témoins. — Il y a quinze ans, Delanglard était juré, et un individu, prévenu d'avoir déterminé un avortement sur la personne de sa maîtresse, vint s'asseoir sur le banc des accusés. Les témoins à charge étaient d'abord la prétendue victime des manoeuvres abortives, puis deux hommes, voisins et amis de cette femme, qui avaient vu se produire la fausse couche et s'étaient empressés de porter la ^ malade à l'hospice de la Charité, oii elle avait été admise dans le service du docteur Guérard, alors professeur agrégé en exercice.

Delanglard qui était juré dans cette affaire pria le président de s'enquérir minutieusement des moyens abortifs qui avaient été mis en oeuvre. Les témoins queâ-

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