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MORT PAR SUFFOCATION

rencontre surtout sur le bord postérieur et vers les bords tranchants; dans des cas plus rares, on les rencontre sur le péricarde, le thymus et le tissu cellulaire péri-crànien. Les taches ecchymotiques sous-pleurales sont à peu près constantes ; elles peuvent exister sans la moindre trace de violence à l'extérieur et persister pendant un temps très long, puisque Tardieu en a retrouvé après dix mois chez un enfant dont le cadavre avait séjourné dans une fosse d'aisances.

Tardieu considérait ces taches ecchymotiques comme un signe pathognomonique de la suffocation, et son opinion avait été généralement acceptée pendant ces vingt dernières années. Nous aurons l'occasion de revenir sur cette question lorsque nous étudierons la mort par suffocation chez les adultes, mais nous pouvons dire dès à présent qu'il résulte des travaux de M. Brouardel et des recherches les pi us récentes que les ecchymoses sous-pleurales ne sont pas spéciales à la suffocation et peuvent se rencontrer également dans la pendaison, la strangulation, la submersion, certains empoisonnements et même dans un grand nombre d'autres cas de mort violente et rapide.

On observe encore chez les individus qui ont succombé à la suffocation une hypérémie plus ou moins marquée des principaux viscères. Le sang est presque toujours fluide ; on le trouve en partie coagulé dans certains cas où l'agonie a été très longue.

Les signes extérieurs sont quelquefois manifestes. Lorsque Tocclusion des voies aériennes a été pratiquée avec les doigts, on peut rencontrer, outre la déformation des parties, l'empreinte des ongles et des ecchymoses répondant à la pulpe des doigts. Le tampon qui aura servi à l'exécution du crime pourra être retrouvé et on pourra également constater delà déformation des ecchymoses oudes éraillures delà muqueuse buccale.

Lorsqu'il y a eu enfouissement dans la terre, du sable, du son, du fumier, il s'agira de déterminer si l'enfant a été enfoui vivant ou mort. On s'appuiera dans ce cas sur les signes fournis par les lésions du poumon et sur ce fait caractéristique, qui résulte de l'observation médico-légale et d'un grand nombre d'expériences pratiquées sur des animaux : chez l'enfant qui n'a été enfoui ([u'aprés la mort, la matière dans laquelle il a été enfoui peut pénétrer dans la bouche, le pharynx et le larynx; mais pour qu'elle aille au delà, et notamment dans

l'œsophage, Festomac et les intestins, il faut que l'enfouissement ait eu lieu avant la mort et que l'enfant ait pu opérer ^es mouvements de déglutition.

Mort par immersion dans les fosses d'aisances. — C'est plutôt pour faire disparaître un enfant mort que pour lui ôter la vie qu'on précipite l'enfant dans les fosses d'aisances. Il ■existe cependant des exemples où des nouveau-nés ont été Jetés vivants et ont péri par submersion dans la matière des fosses.

Le cadavre d'un nouveau-né qui a séjourné dans une fosse exhale une odeur particulière, non pas franchement fécale, mais acre et pénétrante. Les téguments sont d'un blanc verdàtre si le séjour a été peu prolongé, mais ils brunissent ensuite ainsi que les os. La putréfaction s'établit lentement et ■sans produire une quantité notable de gaz, de sorte que le corps n'augmente guère de volume.

La première question qui sera posée à l'expert dans un cas de ce genre est la suivante : Venfant a-t-il été jeté vivanfi La solution de cette question est, en général, facile. L'enfant portera le plus souvent des traces de blessures et même de fracture du crâne à la suite des chocs et des frottements qu'il a subis dans sa chute ; on pourra donc constater si ces lésions ont été produites pendant la vie, mais, comme le fait remarquer Tardieu, l'aspect blafard que revêt la peau sous l'influence de l'atmosphère de la fosse pourrait changer l'aspect superficiel des lésions, il est donc nécessaire « de pratiquer des incisions sur tous les points excoriés et de constater dans le tissu cellulaire sous-cutané l'injection des vaisseaux capillaires, l'extravasation et l'infiltration du sang, qui ne feront jamais défaut si l'enfant a été jeté vivant. » Lorsqu'il y aura fracture du crâne, on trouvera de vastes épanchements de sang sous le €uir chevelu et à la surface du cerveau qui faciliteront le diagnostic. Nous reviendrons du reste sur ces questions au chapitre des Blessures.

Enfin, un caractère important que nous avons déjà signalé à propos de l'enfouissement, c'est que, chez l'enfant qui a été jeté vivant, les matières fécales se trouveront non seulement -dans la bouche, mais encore dans l'œsophage et jusque dans l'estomac.

Une importante question médico-légale se rattache à cette

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