MORT PAR SUBMERSION
cause de mort, c'est la suivante : Venfant a-t-il pu tomber iiccidentellement dans les latrines au moment de l'expulsion ? La plupart des accusées déclarent dans ce cas qu'ayant été prises d'un besoin subit et ne se sachant pas au moment de l'accou- ■chement, l'enfant est tombé dans la fosse sans qu'elles aient pu l'empêcher.
Matériellement, le fait est possible et, en thèse générale, on peut dire qu'un enfant peut tomber dans les latrines au moment où sa mère y accouche, mais, dit Tardieu, <( c'est ici qu'il importe que l'expert se tienne toujours en garde contre les thèses générales et reste invariablement attaché au fait particulier qui lui est soumis. >> Pour que cette chute accidentelle puisse avoir lieu, il faudrait un concours de circonstances tellement extraordinaires, qu'on peut presque prétendre a priori que, pratiquement, un tel fait est impossible. En effet, en admettant même que la femme puisse avoir confondu les douleurs de l'enfantement avec les besoins de la défécation, il faudrait encore démontrer : 1° que Vorifice de la fosse est assez large, pour que la tète, puis le corps puissent passer facilement, sans pression ; or, dans les villes, l'orifice inférieur des cuvettes varie entre 10 à 12 centimètres, tandis que la tête du nouveau-né à terme mesure 11 centimètres; 2^ que le •cordon a cassé ou que le placenta a été expulsé en même temps que Venfant; siToritice de la lunette était assez large pour permettre facilement le passage de l'enfant, il importe de rechercher si le cordon a été coupé ou s'il a été rompu et de constater l'absence ou la présence du placenta ; 3° que Vaire de la lunette correspond à Vaire vulvo-vaginale ; si l'on compare l'axe de la cuvette avec celui du bassin de la femme, on voit qu'ils sont différents et que l'enfant expulsé doit être arrêté contre les bords de la cuvette assez de tem^js pour que la chute puisse être prévenue par la mère (Tardieu).
Enfin, dans un casdece genre, il faudra chercher les autres signes, tels que taches de sang, de méconium,' etc., qui pourraient démontrer que l'accouchement a eu lieu ailleurs que dans les latrines.
Mort par submersion. — Lorsque le cadavre d'un nouveau-né est retiré de l'eau, il faut d'abord se rendre compte si la submersion est bien la cause de la mort ou si elle n'a pas été employée pour faire disparaître un enfant qui avait déjà
cessé de vivre, La submersion est du reste assez rare, en tant que cause réelle de mort. On pratiquera donc d'abord l'épreuve docimasique, puis, si l'enfant a respiré, on recherchera s'il n'a pas péri noyé ou s'il n'est pas mort à la suite d'autres violences. Nous rappellerons seulement ici que les signes de la submersion ne diffèrent pas chez le nouveau-né et chez l'adulte, et nous reviendrons sur cette question dans un chapitre spécial.
Une question médico-légale assez importante se rattache à l'infanticide par submersion : V accouchement ayant eu lieu dans un bain, Venfant a-t-ilpu périr accidentellement par suite de ce faiti Tardieu qui a observé un cas de ce genre dans sa pratique a relevé quelques particularités qui permettent de répondre facilement à cette question. En premier lieu, la persistance de souillures à la surface du corps du nouveau-né serait inconciliable avec un séjour dans l'eau ; d'un autre côté l'épreuve docimasique prouverait que, si l'enfant a respiré, il n'est pas mort noyé. Enfin l'enfant pourrait vivre sous l'eau pendant un. certain temps s'il reste attaché au placenta.
Mort par strangulation. — L'enfant peut avoir péri par la strangulation, soit seule, soit combinée avec la suffocation. Dans le premier cas, lorsque la strangulation est simple, elle a lieu le plus souvent par l'application d'un lien, car les pressions exercées sur le cou avec les mains étoufferaient l'enfant plutôt qu'ils ne l'étrangleraient.
Si l'enfant a été étranglé avec la main, on peut rencontrer des ecchymoses et des empreintes répondant à la pulpe des doigts, de petites plaies semi-lunaires reproduisant la forme des ongles et permettant de juger de la position de la main meurtrière. Si c'est la mère qui a étranglé son enfant au moment où la tête se présentait à la vulve, elle a dû, pour saisir le cou, employer sa main droite, à moins qu'elle ne soit gauchère (Briand et Chaude). Si le crime a été commis par un complice, les traces devront varier selon la posilion qu'il avait par rapport à la femme, mais elles seront en général plus prononcées.
Si la strangulation a été faite au moyen d\in lien, on trouve un sillon blanchâtre à bords violacés dont la profondeur et l'aspect varient suivant la nature du lien employé. Nous n'insistons pas sur l'étude de ces lésions qui présentent les mêmes