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MORT PAR FRACTURE DU CRANE

caractères chez le nouveau-né que chez l'adulte, et nous renverrons au chapitre de lu strangulation chez l'adulte. Nous ferons seulement remarquer que souvent les signes extérieurs sont peu marqués et qu'on ne peut porter un jugement qu'après avoir comparé les lésions locales avec les lésions des organes internes. Celles-ci, que nous étudierons plus loin, sont peut-être encore plus accentuées chez le nouveau-né que chez Tadulte. On s'est demandé si la mort ne pouvait pas être le résultat de Venroulcment du cordon autour du cou pendant l'accouchement, et les auteurs se sont inquiétés de savoir si cet enroulement pouvait laisser des traces. Marc. Gasper et Tardieu admettent que le cordon peut produire des sillons ecchymoses non seulement sur le cou, mais encore sur le ventre et la poitrine ; mais, comme le fait remarquer ce dernier auteur, le seul point important c'est que, lorsque l'enfant naît étranglé par le cordon, il n'a pas respiré complètement et que, si la docimasie prouve que la respiration a été établie, on a dès lors la certitude que l'enfant n'a pas été étranglé avant de naître.

Mort par fracture du crâne et blessures. — Parmi les "blessures volontaires qui peuvent produire la mort du nouveau-né, celles de la tète doivent occuper le premier rang. La mort par fracture du crâne est, en effet, très fréquente et sa constatation serait des plus simples si la possibilité de rencontrer chez l'enfant des fractures reconnaissant d'autres causes que le crime ne venait compliquer la question. Tous les accoucheurs s'accordent, en effet, à admettre que des fractures et des enfoncements des os du crcàne peuvent se produire pendant le travail même de l'accouchement et résulter de causes purement accidentelles, telles que vices de conformation du bassin ou fragilité anormale des os de l'enfant. 11 importera donc d'établir les caractères distinctifs entre les blessures volontaires et les blessures accidentelles qui peuvent se rencontrer chez le nouveau-né.

Lorsque les lésions reconnaîtront pour causes des manœuvres ou des applications d'instruments d'obstétrique, elles , ne sauraient être le point de départ d'une accusation d'infanticide, puisqu'elles attestent par elles-mêmes l'intervention de l'homme de l'art. Quant aux fractures consécutives à un vice de conformation du bassin et plus particulièrement à la saillie de l'angle sacro-vertébral, elles ont généralement pour

siège la partie antérieure de Fun des pariétaux et quelquefoisles parties voisines du frontal et du temporal. Celles produitespar les forceps et dont la trace est très reconnaissable auront un siège variable suivant l'application, mais il est bon de rappeler que c'est surtout quand cette application aura été régulière qu'une fracture pourra être produite et que, par cette raison, on la rencontrera plutôt à la partie antérieure des frontaux ou sur l'un des côtés de l'occipital (Danyau).

On s'est également demandé si la fracture du crâne ne pouvait pas résulter de la cJaUe sur le sol au moment de la naissance. La chose est matériellement possible, mais il faudrait, dans un cas de ce genre, suivre la marche qui a été indiquée a propos de la chute dans les fosses d'aisances et considérer s'il y a eu rupture du cordon ou expulsion simultanée du placenta et du corps de l'enfant. Nous rappellerons à ce sujet que le cordon a rarement plus de 50 centimètres de longueur et que ce chiffre est au-dessous de la hauteur des membres inférieurs d'une femme de taille moyenne.

La luxation des vertèbres a été quelquefois la cause de la mort, soit que le corps ait été fortement renversé en arrière, soit que la tête ait subi des mouvements de rotation; mais l'intervention criminelle sera presque toujours reconnue dans ce cas par la présence d'ecchymoses et autres traces de violences. Il peut arriver cependant qu'il n'y ait aucune lésion apparente et que l'autopsie seule fasse connaître la rupture et le tiraillement des ligaments ainsi que les lésions delà moelle^ L'expert doit également se rappeler que des désordres de cette nature ont été observés à la suite de manœuvres obstétricales imtempestives et s'attacher, autant que possible, à connaître les circonstances de l'accouchement.

11 est fréquent de rencontrer des nouveau-nés qui ont été plusou moins mutilés à l'aide d'instruments tranchants, mais ces mutilations, généralement, ont été faites pour faciliter la disparition du corps de l'enfant. Il arrive quelquefois que le petit cadavre a été découpé en plusieurs fragments ; souvent il a été soumis à une sorte de coction : les faifs de ce genre doivent être notés avec soin, car ils indiquent souvent un certain trouble mental de l'accusée. L'acupuncture a été également employée. L'instrument est alors enfoncé dans la tête, le rachis ou la l'égion du cœur, et les piqûres qu'il produit peuvent échapper à un examen superficiel. Il est donc nécessaire de

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