DE LA COMMOTION
épuisement nerveux qui produirait les accidents qu'on observe à la suite d'une chute, d'un choc et des grands traumatismes. Le shock traumatique des auteurs reconnaîtrait la même cause.
Les effets de la commotion s'observent surtout sur le cerveau. M. Duret fait jouer le rôle principal de la commotion au liquide céphalo-rachidien. « Au moment d'une chute sur la tète ou par un coup sur le crâne, un flot de liquide est formé autour des hémisphères et dans les ventricules, qui répercute la violence subie en un point dans toutes les régions des centres nerveux et plus particulièrement au niveau du bulbe rachidien ».
La commotion cérébrale se manifeste par la perte de connaissance, l'hébétement, l'amnésie, le coma. Viennent ensuite des troubles nerveux (paralysie, troubles Je la sensibilité, etc.) qui persistent plus ou moins longtemps selon l'intensité de la commotion et les lésions qui en sont la conséquence.
Les lésions intra-cràniennes sont le plus souvent constituées par des ecchymoses et cpanchements sanguins. Mais il est bon de rappeler ici qu'elles peuvent manquer absolument. L'absence de lésions s'observe surtout lorsque la violence qui a produit la commotion cérébrale ne porte pas directement sur la tète et n'agit sur le cerveau que par ébranlement ou contre-coup. On observe fréquemment la mort par commotion, sans traces de lésions, lorsqu'un individu a été précipité d'un lieu élevé ou lorsqu'il a été violemment projeté dans un accident de chemin de fer. Nous reviendrons sur cette question un peu plus loin.
Quoiqu'il en soit, la commotion est un accident extrêmement fréquent et qui attirera souvent l'attention du médecin-légiste. On l'observe surtout à la suite des collisions de trains, des chutes d'un lieu élevé, etc. L'expert aura souvent à examiner des individus atteints de blessures en apparence légères et qui présenteront des symptômes généraux graves ; la nature des symptômes lui permettra quelquefois de préciser si la commotion a porté plus particulièrement sur le cerveau ou la moelle épinière. Dans quelques cas, les effets produits par la commotion peuvent être passagers et ne laisser aucune trace, mais les accidents sont en général graves et prolongés. C'est ainsi qu'on observe des paralysies plus ou moins étendues et des troubles intellectuels : aphasie, affaiblissement, ou perte de la mémoire, imbécillité, etc. Le médecin devra cependant se
garder contre la simulation et se souvenir des nombreuses impostures qu'ont souvent à déjouer les Compagnies de chemins de fer dans les actions qui leur sont journellement intentées.
Une des conséquences les plus fréquentes de la commotion est V amnésie passagère. Elle succède d'ordinaire immédiatement au traumatisme cérébral, mais elle se développe parfois tardivement. M. Brouardel cite le cas d'une dame qui, allant à Versailles assister aux obsèques d'une parente, est frappée par la portière en descendant du train. Elle tombe, ne perd pas connaissance, se relève elle-même; mais elle avait complètement oublié la mort de sa parente et les circonstances qui l'avaient amenée à Versailles. Un fait analogue a été cité par Pritchard. Un homme qui était tombé de cheval avait non seulement oublié cette chute, mais encore les circonstances qui l'avaient précédée.
Les faits de ce genre sont nombreux.
§ 4. — Des contusions et des ecchymoses.
La contusion est une blessure produite sur les tissus vivants par le choc d'un corps dur, ni tranchant, ni piquant, et sans solution de continuité à la peau. Elle peut présenter des degrés très divers, depuis la simple rubéfaction de la peau avec gonflement jusqu'à l'écrasement des tissus sous-jacents d'où résulte l'ecchymose.
Lorsque l'extravasation sanguine se fait dans les aréoles du tissu sous-cutané, elle prend le nom d'ecchymose par infiltration ; lorsqu'elle a lieu dans un foyer formé au milieu des tissus désorganisés, elle est désignée sous le nom d'ecchymose par épanchement.
L'ecchymose n'apparaît pas toujours immédiatement après le choc. Lorsque la contusion a été superficielle, elle se montre une ou deux heures après l'accident sous la forme d'une tache bleue, noire ou rouge livide, dont l'étendue et la coloration augmentent pendant 30 ou 40 heures. La tache diminue ensuite et devient successivement violette, verdàtre, jaune et blanche avant de disparaître. Dans les cas légers, la tache €Cchymotique a généralement disparu au bout d'une semaine, mais elle peut persister pendant 15, 20 et même 25 jours.