‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 23 sur 104 · CAUSSADE (Soc. anatomique, 10 mai 1889, p · texte numérisé non relu

CAUSSADE (Soc. anatomique, 10 mai 1889, p

2. Picemint (Rivista clin., Milan, 1889, p. 371) a trouvé plusieurs espèces micro biennes.

faite pour la première fois par Laennec; après lui les lésions histologiques et surtout la pathogénie de cette affection ont été étudiées par de nombreux auteurs dont les noms seront cités dans le cours de cet article.

Anatomie pathologique. — La dilatation des bronches peut présenter plusieurs variétés anatomiques ; Cruveilhier en a distingué trois : 1° la dilatation générale uniforme; 2° la dilatation partielle ; 3° la dilatation moniliforme.

1° La dilatation générale uniforme, variété qui paraît exceptionnelle, porte sur toutes les divisions bronchiques d’un poumon, grosses et petites. On l’appelle encore cylindrique parce que les bronches dilatées conservent leur forme normale, bien que leur calibre soit doublé et même triplé.

2 La dilatation partielle est la plus fréquente. L’accroissement du calibre porte, tantôt d’une manière uniforme sur une grande longueur du tuyau bronchique : c’est la dilatation partielle cylindroide; tantôt sur un point limité : c’est la dilatation partielle ampullaire ou sacciforme, qui intéresse soit toute la circonférence de la bronche (dilatation circonférentielle), soit une partie de cette circonférence (dilatation latérale). Cette forme partielle représente une sorte d’anévrysme bronchique. Au-dessus et au-dessous de l’ectasie, la bronche est rétrécie, elle peut même être obstruée au niveau du rétrécissement inférieur et se terminer en cul-de-sac; dans ce cas, la cavité est souvent comblée par un magma épais, jaunâtre, caséeux, rappelant le contenu des ganglions tuberculeux. Certaines dilatations peuvent atteindre le volume d’un œuf de pigeon, d’autres n’ont que celui d’un pois et rappellent les tubercules. Anatomiquement on les différencie par cette circonstance que les tubercules se rencontrent plutôt à l’extrémité que sur le trajet des bronches, qui sont sectionnées brusquement au niveau des petites cavernes; de plus les cavernes tuberculeuses sont irrégulières, anfractueuses, traversées par des brides cellulo-vasculaires, tandis que les dilatations bronchiques ont des parois généralement lisses. Les cavernes prédominent toujours aux sommets, tandis que les bronchectasies s’observent un peu plus fréquemment à la base qu’au sommet; les premières sont ordinairement bilatérales, les secondes ne siègent le plus souvent que sur un poumon et un peu plus fréquemment à gauche qu’à droite (Barth).

3° La dilatation moniliforme ou en chapelet (Elliotson) est formée d’une série de dilatations partielles, développées sur le trajet d’une bronche et séparées les unes des autres par des parties dont le calibre est normal ou rétréci.

Lorsque les dilatations bronchiques sont nombreuses, elles com-

muniquent les unes avec les autres et transforment la portion du poumon sur laquelle elles siègent en une sorte de cavité aréolaire dont les cloisons sont formées par des tractus de parenchyme sclérosé.

La structure des bronches dilatées varie suivant que la muqueuse persiste ou a été détruite par la suppuration.

Quand elle persiste, elle est lisse, rosée, recouverte de mucus, légèrement amincie au niveau de l’ectasie, plutôt hypertrophiée et végétante au-dessus et au-dessous. Histologiquement, on constate que les cellules épithéliales cylindriques à cils vibratiles n’existent plus qu’en des points limités; partout ailleurs elles sont remplacées par des cellules caliciformes et par des cellules cubiques dépourvues de cils, ou fusiformes et pédiculées. Le tissu conjonctif sous-muqueux a ses mailles gorgées de nombreux leucocytes ; les glandules bronchiques sont obstruées par des mucosités et contiennent des cellules muqueuses et des globules blancs. Ce sont là, en somme, les lésions du catarrhe chronique. De plus les fibres musculaires et élastiques, dissociées par les leucocytes, sont atrophiées, mais non détruites. La couche fibreuse est réduite d’épaisseur au niveau des dilatations ampullaires et, s’il s’agit d’une grosse division bronchique, les plaques cartilagineuses peuvent avoir disparu.

Quand la lésion est ancienne, les parois bronchiques sont profondément altérées. Un pus épais et abondant remplit la cavité et recouvre une ulcération à fond sanieux et bourgeonnant, à bords déchiquetés et épaissis.

Au microscope, l’épithélium de revêtement a disparu; les restes de la muqueuse sont infiltrés de leucocytes; les fibres élastiques, les fibres musculaires sont détruites. Parfois les tissus de la paroi bronchique sont remplacés par un tissu conjonctif embryonnaire, qui forme de fines végétations, ayant la structure des bourgeons charnus et très riches en vaisseaux de nouvelle formation, à tel point que la bronche malade peut ressembler à un véritable angiome (Hanot et Gilbert!) : cette particularité peut rendre compte des hémoptysies observées au cours de la bronchectasie. À une période plus avancée de la maladie, ce tissu embryonnaire s'organise en un tissu fibreux adulte et cicatriciel; c’est dans ces conditions qu’on peut rencontrer des ectasies bronchiques ayant subi üne sorte de crétification. Audessus et au-dessous de la dilatation reparaissent progressivement les éléments constitutifs normaux de la bronche : épithélium cilié, éléments musculaires et élastiques; enfin les infiltrations leucocytiques se font de plus en plus rares.

On a signalé des lésions de gangrène superficielle des bronches

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