Arch. de physiologie
dilatées, dont il a été déjà fait mention à propos des bronchites fétides (p. 130). Ces lésions résultent de l’oblitération des vaisseaux qui nourrissent les parois de la cavité. -
Les poumons sont toujours malades au voisinage des dilatations bronchiques; leur tissu rouge foncé, carnifié, comparé au tissu utérin après l'accouchement, est sillonné par des tractus blanchâtres, interlobulaires, ayant leur point de départ dans la zone scléreuse péri-bronchique. Ces lésions ont été de la part de M. Leroy! l’objet d’une étude histologique très intéressante. D’après cet auteur, les cellules épithéliales des lobules envahis sont détruites et les travées du parenchyme pulmonaire sont remplacées par un tissu conjonctif embryonnaire, très riche en vaisseaux de nouvelle formation et comparable aux bourgeons charnus. Cette broncho-pneumonie interstitielle peut aboutir à la sclérose.
La pleurésie chronique se constate assez communément dans les cas de bronchectasie; elle est caractérisée anatomiquement par des fausses membranes épaisses, fibreuses, résistantes et rétractiles.
Les ganglions lymphatiques du hile pulmonaire et de la région inter-trachéo-bronchique sont souvent engorgés.
Étiologie et pathogénie. — La pathogénie de la dilatation des bronches a donné lieu à de nombreuses théories. Laennec l’expliquait par un mécanisme que nous retrouverons à propos de l'emphysème : d’après lui c'était l’obstruction d’une bronche par un bouchon de mucosités qui permettait à l’air, accumulé en arrière de l'obstacle et comprimé pendant l'expiration, de dilater le conduit aérien. Cette théorie, qui n’est plus acceptée pour l’emphysème, est encore moins applicable à la bronchectasie, les parois des bronches étant bien plus résistantes que les alvéoles pulmonaires. Après Laennec on invoqua surtout diverses causes capables d’affaiblir la résistance des parois bronchiques, notamment : l’inflammation chronique des bronches et la diminution d’élasticité qui en résulte (Andral), la sclérose pulmonaire et la rétraction du tissu fibreux avoisinant les bronches (Corrigan), la paralysie des muscles bronchiques, produite conformément à la loi d’après laquelle tout muscle voisin de tissus enflammés serait paralysé (Stokes), la pleurésie chronique, .très fréquemment rencontrée dans les autopsies et agissant par la rétractilité des fausses membranes (Barth). La plupart des auteurs ne se montraient pas, d’ailleurs, exclusifs et admettaient la réunion possible de plusieurs de ces causes, ainsi que la distension des bronches par les mucosités.
On doit à M. Charcot d’avoir montré dans ses leçons (1877-78) le