‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 26 sur 104 · ET DES BRONCHES · texte numérisé non relu

ET DES BRONCHES

Définition. Divisions. — Il y a rétrécissement de la trachée et des bronches quand le calibre de ces conduits est réduit par une cause quelconque. Gette cause peut résider en dehors de ces organes; c’est alors une compression exercée par un anévrysme de la crosse aortique, par une adénopathie trachéo-bronchique, ou encore par une tumeur du médiastin ou de l’æsophage : nous ne ferons que mentionner ces rétrécissements de cause extrinsèque qui déterminent parfois un aplatissement de la trachée (trachée en fourreau de sabre). Dans certains cas, la pénétration d’un corps étranger dans les voies aériennes produit leur obturation ; mais ces faits, qui ressortissent plutôt à la pathologie chirurgicale, ne rentrent pas non plus dans le cadre de cet article. Nous ne décrirons done que les rétrécissements trachéo-bronchiques qui sont déterminés par une altération primitive des parois de la trachée ou des bronches.

Étiologie. Anatomie pathologique. — Les polypes développés sur la muqueuse respiratoire, le cancer primitif de la trachée (épithélioma) peuvent produire des rétrécissements néoplasiques. Les brides consécutives aux ulcérations de la morve chronique amènent un rétrécissement cicatraciel. Mais tous ces faits sont excessivement rares. La tuberculose, avant d’attemdre la trachée ou les bronches. se localise généralement au larynx; d’ailleurs elle ne subit que rarement dans ces régions une évolution fibreuse et

par suite elle ne donne pas lieu à des cicatrices capables de produire une sténose de la trachée ou des bronches.

Les inflammations traumatiques de la muqueuse rachéo-brons chique, la plaie d’une trachéotomie peuvent devenir le point de départ d’un rétrécissement cicatriciel. Il s’agit ordinairement, en pareil cas, de trachéotomies malheureuses : une portion de la circonférence de la trachée est convertie en tissu fibreux contenant des fragments cartilagineux; les cerceaux de la trachée chevauchent parfois les uns sur les autres. Dans d’autres cas, peu de temps après la trachéotomie, ce sont des bourgeons charnus, sessiles ou pédiculés, qui se développent sur les bords de l’incision trachéale et obstruent le canal aérien.

Mais c’est surtout et presque exclusivement à la période tertiaire de la syphilis qu’on rencontre ces rétrécissements cicatriciels ?.

La syphilis tertiaire, quand elle frappe le conduit trachéo-bronchique, se localise le plus souvent au quart inférieur de la trachée, non loin de l’origine des grosses bronches, qui sont presque toujours atteintes en même temps. Il est reconnu que le larynx est aussi généralement atteint en pareil cas (Lancereaux).

Dans une première période, les parties molles fibreuses et cartilagineuses sont envahies par un syphilome diffus, phagédénique, qui s'étend de proche en proche et finit par s’ulcérer. Les ulcérations sont taillées à pic, leurs bords sont déchiquetés, épais et décollés; leur fond laisse souvent à découvert les anneaux cartilagineux et repose sur une gangue fibreuse, qui contient de nombreux ganglions lymphatiques.

Bientôt l’ulcération syphilitique se cicatrise, elle est comblée par du tissu conjonctif, qui, en se rétractant, détermine l’atrésie trachéobronchique, en restreignant les dimensions du conduit à la fois dans le sens vertical et dans le sens transversal. Tantôt le rétrécissement est simplement pariétal, en demi-lune, c’est le cas le plus fréquent; tantôt, au contraire, il occupe toute la largeur du conduit, sous la forme d’un diaphragme percé d’un orifice très petit qui laisse passer l’air avec grande difficulté. Au-dessus et au-dessous du point rétréci peuvent se former des dilatations sous l'influence des efforts d'expiration.

Symptômes. — Avant d’être définitivement constitué, le rétrécissement trachéo-bronchique passe par une phase prodromique qu'il est intéressant de connaître. Le malade éprouve constamment dans la région cervicale la sensation d’un corps étranger et se

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