BOURDEL, De la spléno-pneumonie (Thèse de Paris
4. PoTAIN, Congrès de Rouen, 1883, et Leçons cliniques recueillies par Duflocq. — DurLoce, De la congestion pleuro-pulmonatre, 1889.
die ressemble trait pour trait à la description de la congestion tracée plus haut, elle s’en écarte sensiblement au point de vue des signes physiques. C’est une pure affaire de localisation qui ne laisse pas que d’être, pour un esprit non prévenu, d’un diagnostic fort embarrassant.
Sur l’analyse des termes suivants, submatité, diminution ou absence du murmure vésiculaire et des vibrations, et surtout des räles crépitants et du souffle repose la solution du problème. S'agit-il d’une pneumonie au début ou à la période de résolution, d’une pleurésie ? Autant de questions qui peuvent se poser suivant que les râles crépitants existent au début ou à la fin du processus fébrile, que la matité est plus accusée, l'absence de respiration plus complète. Il est inutile de revenir ici sur les signes physiques propres à la congestion et sur les caractères bien spéciaux de son souffle hâtif, particulièrement étalé dans le cas présent. Quant aux râles crépitants ou mieux à la crépitation pleurale (Bouillaud), elle peut exister seule sans que jamais le souffle se rencontre ou accompagner ce dernier et lui survivre plus ou moins longtemps. Elle se distingue facilement du ràle crépitant vrai de la pneumonie. Celui-ci a des bulles petites, il est vrai, mais elles sont d'intensité inégale, inégalement distinctes et semblent venir par bouffées de profondeurs inégales. La crépitation pleurale a des bulles plus sèches, plus fines, toutes également superficielles et s'entend à l'inspiration. À plus forte raison ne la confondra-t-on pas avec les râles crépitants de retour dont les bulles sont beaucoup plus volumineuses. Quant au râle de l’œdème, il a des bulles plus grosses et plus humides ! (Duflocq).
Cette variété de congestion pulmonaire ne diffère en rien de la maladie de Woillez'en ce qui concerne l’évolution ; mais elle prépare parfois un épanchement pleurétique. L'étude des rapports de la congestion et de la pleurésie sera reprise plus loin.
V. FLUXION DE POITRINE (Dieulafoy?). — Cruveilhier avait déjà décrit les pleurodynies accompagnées de fièvre et de frottements pleuraux. M. Peter y revient dans ses leçons cliniques et prétend que l’inflammation, si elle est intense, peut ne pas rester bornée aux muscles et envahir tous les plans superposés de la cage thora-
1. Pour M. Potain, les bulles naissent dans les vésicules pulmonaires sous-pleurales qui participent à la fluxion. Il se produit, sans doute, un accolement des parois des vésicules affaissées et dont la lumière se trouve effacée par la tuméfaction congestive des parvis. Et comme les dimensions des vésicules, aussi bien que la
nature de l’exsudat contenu, diffèrent assurément de ce qu’ils sont dans la pneumonie :
franche, on s'explique par là comment le bruit déterminé par de pénétration de l’air est -aussi différent (Duflocq).:
9 Gaz. hebdomad. de médecine et de chirurgie, 1878.) ,
cique jusqu'à la plèvre exclusivement. Encore un pas, et M. Peter arrivait à la fluxion de poitrine, dit M. Dieulafoy. Pour ce dernier auteur, la fluxion de poitrine est un état morbide, mixte et bâtard, dans lequel les éléments hypérémique et phlegmasique sont diversement combinés et qui frappe en même temps les bronches, le poumon, la plèvre et même les couches musculaires du thorax. Son intensité et sa nature sont variables. Généralement bénigne, la fluxion de poitrine peut être assez sévère pour mettre en péril les jours du malade. Tantôt elle constitue à elle seule toute la maladie et survient à la suite d’un refroidissement; c’est pourquoi elle mérite d’être rangée parmi les variétés de congestion-maladie. Tantôt elle est liée à un état général dont elle n’est qu'une manifestation (grippe, fièvre catarrhale, etc.). Comme on le voit, la fluxion de poitrine peut être légitimement rapprochée de la fluxion pleuro-pulmonaire de M. Potain.
VI. CONGESTION PULMONAIRE CHEZ L'ENFANT (Cadet de Gassicourt!). — L’entant est prédisposé aux congestions, et en particulier aux congestions pulmonaires, de par sa constitution même : circulation plus active, échanges nutritits plus profonds, vulnérabilité et refroidissement plus faciles, réaction plus vive. Cette congestion pulmonaire aiguë, qualifiée d’idiopathique, s’observe fréquemment entre sept et quinze ans, assez souvent entre quatre et sept ans et rarement au-dessous de quatre ans. Parmi les causes déterminantes de la maladie, on cite le refroidissement, que l’enfant ait été exposé nu ou peu vêtu à une basse température, au froid humide, ou bien qu’il ait passé brusquement d’une chambre bien chauffée dans une autre qui ne l'était pas; on a encore invoqué la respiration d’un air vicié, chargé de poussières irritantes, ete. Mais, comme chez l'adulte, souvent la cause qui a servi d'appel à la fluxion sanguine passe complètement inaperçue.
A cet âge, la congestion pulmonaire tire ses caractères particuliers : 1° du mode de début qui est comparable à celui de la pneumonie; 2 de l'élévation de la température souvent plus considérable que chez l'adulte et qui atteint communément 40 degrés, 40°,5 et même 41 degrés, et de sa chute brusque au bout de vingt-quatre à quarantehuit heures, quelquefois davantage ; 3° de l’intensité de la dyspnée qui se traduit par des inspirations courtes et pénibles (quarante à soixante par minute)et par les battements des ailes du nez; 4° de la gêne plus ou moins accusée de la circulation (coloration violacée des lèvres, bouffissure du visage); 5° de l’intensité de la réaction nerveuse beaucoup
1. CADET DE GASSICOURT, Traté clinique des maladies de l'enfance. Z 13
plus marquée que chez l’adulte et souvent hors de proportion avec la lésion (agitation, cris, grincement des dents, délire de paroles et d'actions, convulsions); 6° de l'absence habituelle d’expectoration ; T° du manque de signes subjectifs ou du peu de créance qu’on peut leur accorder; 8° de l'importance capitale que prennent les signes physiques qui seuls avec l’évolution permettent au médecin d'établir un diagnostic précis.
La terminaison se fait du troisième au septième jour par la guérison. Le pronostic est toujours favorable. Cette bénignité propre au jeune âge n’a rien qui doive surprendre si, à l’exemple de M. Cadet de Gassicourt, on veut bien remarquer que «la pneumonie franche, si proche parente de la congestion, y guérit presque toujours!».
Anatomie pathologique. — Dans les cas de congestion subite et générale des poumons, consécutive à l’insolation, Devergie a trouvé les poumons gonflés, si volumineux qu’ils paraissaient être à l’étroit dans la cage thoracique. La surface pleurale était violacée, parsemée de petites ecchymoses. Le tissu pulmonaire, d’un rouge d'autant plus vif qu’on s’éloignait de la partie corticale, crépitait peu et surnageait mal. Les veines du poumon et les cavités droites du cœur étaient gorgées de sang. Parfois même, quand l’asphyxie a été très rapide (coup de sang pulmonaire), les poumons déchirés par un épanchement de sang considérable ressemblent à deux énormes caillots sanguins (Lacassagne). Ces faits ressortissent plutôt à l’apoplexie pulmonaire.
En ce qui concerne la spléno-pneumonie, il est encore impossible de définir avec exactitude les lésions qui la caractérisent?.
Enfin, il est tout à fait exceptionnel d’avoir à constater les altérations anatomiques de la congestion aiguë idiopathique, commune. Woillez lui-même n’a jamais eu l’occasion de les observer. On peut toutefois s’en faire une idée en étudiant les fluxions pulmonaires qui surviennent comme complication dans le cours d’une autre maladie.
1. HAMoN, De la congestion pulmonaire idioputhique chez les enfants (Thèse de Paris, 1888).
2. On en connait jusqu'à ce jour trois autopsies dans lesquelles les lésions étaient dissemblables; mais, dans toutes, la congestion était prédominante et il n’y avait point trace d’épanchement pleurétiaue. Voy. QUEYRAT (Gaz. des hôpilaux, 18 juin 1892. Rev. gén.).