Voir la Congestion pulmonaire
3. C’est dans cette classe que rentrerait la forme décrite par M. Ducastel (Soc. médicale des hôpitaux, 1834), et qui se développerait progressivement, sans phlegmasie antérieure, chez les individus exposés à l’inhalation des poussières et aux brusques changements de température : véritable sclérose primitive. Elle aurait une tendance à se localiser au sommet et, en particulier, au sommet droit. Les signes en seraient : une toux coqueluchoïde, surtout matinale, accompagnée de crachats muco-
Les pleurésies donnent lieu à une sclérose qui se développe dans les grands espaces conjonctifs (pneumonie chronique pleurogène), en suivant les voies lymphatiques. Les microbes des pleurésies et leurs produits toxiques absorbés à la surface de la séreuse en sont peut-être la cause.
C'est également par les voies lymphatiques que se développe et: se propage la sclérose dans les preumonokonioses. Mais l’origine et la nature des corps irritants sont tout autres : ce sont des corps pulvérulents qui, absorbés au niveau du lobule, sont l’occasion du processus scléreux. Plus que dans les autres scléroses, les lésions du parenchyme, les oblitérations artérielles, les ulcérations et les cavernes pulmonaires, les hémoptysies, enfin l’apparition plus fréquente de la tuberculose compliquent et dénaturent le type primitif. Le rôle attribué au système lymphatique dans le développement de ces formes se manifeste encore par la présence constante de l'adénopathie trachéo-bronchique et par les lésions chroniques de la plèvre.
Des complications, que favorise l’état morbide du poumon (abcès, gangrène), doivent vraisemblablement être rapportées à des infections secondaires.
La sclérose s’observe encore avec ce caractère de diffusion dans la tuberculose et dans la syphilis. Mais par le fait de néoformations spéciales (tubercule, gomme), la sclérose est plus complexe, sa distribution plus irrégulière. On en trouvera l’histoire à propos de la phiisie fibreuse et de la syphilis scléro-gommeuse du poumon.
En résumé, au point de vue anatomique, la sclérose pulmonaire est gouvernée dans sa disposition tantôt par les vaisseaux sanguins, tantôt par les vaisseaux lymphatiques, tantôt par les voies aériennes, tantôt par plusieurs de ces systèmes à la fois (syphilis, tuberculose).
Si la sclérose pulmonaire est la plupart du temps consécutive à des lésions irritatives, il faut tenir grand compte et des récidives de celles-ci (pneumonie récurrente) et de leur nature anatomique (broncho-pneumonie) et de la longue persistance des causes d’irritation du parenchyme (pneumonokonioses).
Son apparition est également favorisée par certaines conditions inhérentes au terrain. Elle survient en effet, surtout chez les
purulents, difficiles à arracher, quelquefois striés de sang; des hémoptysies à répétition; une dyspnée d'effort, une gêne circulatoire précoce. Les signes physiques indiquent de l’emphysème sous la clavicule et le long du sternum, et en arrière, le plus souvent au sommet, des signes d’induration. Des poussées congestives surviennent de temps à autre, ne durant jamais moins de quinze jours, et quelquefois persistant plusieurs semaines. On note aussi de la pieurésie sèche.
Cette sclérose primitive aurait une marche plus lente que les autres et’ durerait plusieurs années.
débilités. À ce point de vue on a invoqué l’alcoolisme, l’impaludisme, le mal de Bright. Les lésions antérieures du poumon, les troubles circulatoires de cet organe créent vraisemblablement une débilitation locale de l’organe, favorisant aussi la sclérose.
Cliniquement la sclérose, presque toujours secondaire, est précédée de symptômes propres à l’affection qui lui donne naissance. On la voit donc survenir à la suite de congestions prolongées, de pneumonies, de broncho-pneumonies, de pleurésies de longue durée, de lésions tuberculeuses et syphilitiques.
Toutes ces affections ayant leur physionomie propre, on voit que la sclérose passe par une phase de troubles respiratoires fort dissemblables. Son apparition modifie les signes physiques de ces maladies primitives et donne plus tard au malade un aspect cachectique, qui simule la phtisie.
Mais, à mesure qu’elle progresse, les différences d’origine s’atténuent, etles symptômes propres à la sclérose se manifestent : ce sont les symptômes cavitaires, l’atrophie du poumon, les déformations du thorax, le déplacement des viscères, la gêne de la circulation pulmonaire. À ce moment — phase des troubles circulatoires — on observe la dilatation du cœur droit, et des troubles en tout semblables à ceux de l’asystolie vulgaire. C’est à cette insuffisance cardiaque que succombent normalement les malades, à moins que la marche de la maladie ne soit interrompue par une complication infectieuse intercurrente : pneumonie, pleurésie, gangrène, tuberculose.
Le diagnostic de la sclérose pulmonaire est fort difficile. On peut méconnaître la lésion si elle n’est pas très étendue ; on peut surtout se tromper lorsqu'on est en présence de lésions scléreuses d’ancienne date et croire à une tuberculose pulmonaire qui n’existe pas, ou ne pas voir une tuberculose surajoutée secondairement.
L'examen méthodique des crachats, en vue de la recherche des bacilles tuberculeux, est le seul critérium en pareil cas.
Quant à diagnostiquer la nature de la sclérose, on ne peut y arriver qu’en interrogeant les antécédents du malade. Les circonstances qui ont précédé l’apparition de la sclérose permettront de reconnaître si celle-ci est d’origine vasculaire, pneumonique, bronchopneumonique, pleurogène, professionnelle, ou si l’on peut la rapporter à la tuberculose ou à la syphilis.
Traitement des pneumonies chroniques. — En dehors
1. M. DEBOVE (De la pneumonie chronique ulcéreuse, Soc. médicale des hôpitaux, 25 janvier 1884) a rapporté un cas de ce genre, dans lequel l’absence des bacilles permit seule de rejeter le diagnostic de tuberculose.
des questions d'hygiène et de prophylaxie, nous avons peu à dire sur le traitement médical proprement dit à opposer aux pneumonies chroniques.
Quand il s’agit d’une sclérose consécutive à une phlegmasie aigué, l'indication est de prévenir la première en soignant la seconde avec sollicitude. C’est donc l’état général du malade qui doit guider dans la période aiguë, la connaissance des causes qui favorisent le passage à la chronicité contient les indications fondamentales du traitement, dont la médication tonique et réparatrice fera la base.
Au décours de la maladie, dans la période subaiguë de la bron- €cho-pneumonie, on aura recours à une révulsion énergique : vésicatoires, pointes de feu, cautères même. En même temps on s’occupera d’évacuer ou de tarir les sécrétions bronchiques, en administrant au malade soit des expectorants, comme le kermès, soit des balsamiques : goudron, térébenthine, terpine.
Une fois la sclérose effectuée, on est, bien entendu, désarmé pour agir sur le poumon atrophié. Mais ici encore il existe des indications que le médecin peut tirer des symptômes pénibles éprouvés par le malade, des causes qui peuvent aggraver une affection jusqu’à un certain point compatible avec la vie, des complications qui peuvent écourter celle-ci.
La médication symptomatique se borne à calmer la toux ou les phénomènes douloureux et à soutenir le malade. Les pointes de feu répétées ont paru, dans certains cas, diminuer les quintes.
Dans le deuxième cadre de ces indications rentre ce qu’on pourrait appeler l’hygiène de la respiration, qui consiste à éviter les dangers d’une bronchite, d’un refroidissement, d’une pneumonie nouvelle, d’une maladie générale à complications pulmonaires habituelles ; c’est dans ces cas qu’il ne faut pas hésiter à faire quitter au malade une profession ou des habitudes qui l’exposeraient à l’une ou à l’autre de ces éventualités. Contre les poussées congestives, M. Ducastel s’est bien trouvé de l’ipéca à dose nauséeuse et des ventouses sèches ou scarifiées. Dans les périodes intermédiaires, 1l recommande les bains chauds. La médication sulfureuse ne devra être employée qu'avec précaution.
Vient ensuite l’hygiène du cœur, toujours menacé chez ces malades. Les indications générales sont ici celles des affections cardiaques : éviter les fatigues, les émotions, les veilles, l’alcool, les repas prolongés, etc. Et si le cœur fléchit, on est en droit de songer à la caféine, à la digitale, aux toniques du cœur enfin.
Les complications, comme les hémoptysies, la dilatation des bronches, seront traitées par les moyens appropriés.
Dans la pneumonie pleurogène, l'indication formelle sera de vider
la plèvre par la thoracentèse et de veiller à ce que l’épanchement ne se reproduise pas. Tous les moyens de révulsion pourront être mis en usage.
Hygiène et prophylaxie des pneumonokonioses. — Un fait que nous avons déjà eu l’occasion de signaler, c’est la fréquence plus grande des affections pulmonaires depuis que certaines opérations (aiguisage) qui étaient pratiquées autrefois en plein air se font dans des ateliers. Geux-ci devront donc être suffisamment grands et surtout suffisamment ventilés pour que les poussières ne puissent s’y accumuler. É
Mais les ouvriers sont, la plupart du temps, exposés à la projection directe de ces poussières, à cause de la nécessité de surveiller de près leur travail. A cet égard, la substitution de la méthode sèche à la méthode humide, en particulier pour les aiguiseurs, a eu les effets les plus désastreux. C’est surtout dans les ateliers où l’on emploie la méthode sèche que la ventilation devra être le plus énergique.
Pour protéger l'individu contre les poussières, nombre de masques ont été inventés, mais ils sont lourds et chauds et les ouvriers les ont vite délaissés, soit par indifférence, soit par amour-propre. Cependant, la simple interposition d’un voile de batiste, au-devant du visage, a suffi, dans certains cas, à diminuer les dangers (Proust).
En fait d'hygiène individuelle, il sera recommandé aux ouvriers de ne pas modérer les appareils de ventilation en hiver, de ne séjourner dans les ateliers que le temps strictement nécessaire, de n'y pas prendre leurs repas, de ne pas s’exposer dans la zone de projection des poussières. Aux premiers signes de bronchite suspecte, on leur conseillera de quitter pour un temps, ou mieux pour toujours, un métier désormais fatal pour eux. Prise assez tôt, cette mesure radicale permet d’arrêter, dans certains cas, l’évolution des pneumonokonioses.
Je ne parle pas des conditions qui favorisent le développement de la tuberculose: on trouvera ailleurs les règles qu’il convient de suivre pour les écarter.