Soc. anatomique, 12 nov. 1886, p
champignons. Les autres sont profonds et forment des tumeurs sphériques contenant parfois de petites excavations à parois villeuses. Cette forme diffuse appartient plutôt au cancer secondaire, dont les noyaux siègent, en général, dans les deux poumons, mais avec un développement très inégal d’un côté à l’autre.
D’après l’évolution des masses cancéreuses, Laennec a distingué les trois phases de crudité, d'état et deramollissement. Au début, le tissu présente une apparence lobulée et bosselée ; ces divisions s’effacent par la suite. Il se fait parfois dans la masse cérébriforme des épanchements sanguins, qui lui donnent un aspect d’hémorrhagie cérébrale.
Au point de vue de la structure, le cancer primitif est un épithéliome. L'examen histologique fait voir les parois alvéolaires épaissies et les cavités remplies de cylindres épithéliaux. D’après M. Malassez!, la prolifération épithéliale débute par la paroi des alvéoles ou des bronches terminales et l’envahissement du poumon a lieu par lobules. Les cellules néoformées sont tantôt cylindriques et cubiques(cellules typiques), tantôt irrégulières (cellules métatypiques). Le développement, comparable à celui des épithéliomes mucoïdes de l’ovaire, se fait par bourgeons épithéliaux pleins, ou sous forme de revêtements muqueux, limitant de petits kystes. M. Ménétrier a trouvé des corps offrant l’aspect de globes épidermiques dans la néoformation épithéliale.
Le cancer secondaire, qui présente les apparences macroscopiques de l’encéphaloïde, du squirrhe et du cancer colloïde, est constitué par le carcinome et l’épithéliome, identifiés aujourd’hui par de nombreux auteurs. On y trouve, au microscope, des alvéoles qui ne sont autres que les alvéoles pulmonaires eux-mêmes (Cornil et Ranvier), remplis de cellules sphériques ou polyédriques, contenant un gros noyau ovoide.
Le sarcome secondaire se rencontre fréquemment dans le poumon avec ses variétés globo-cellulaire, fuso-cellulaire et mélanique. En raison de sa couleur, le cancer mélanique offre une ressemblance grossière avec certaines lésions de l’anthracose, dont on ne le distinguait pas avant Laennec. Le sarcome se développe tantôt dans les alvéoles, tantôt dans les travées conjonctives ; un alvéole rempli de cellules rondes ou fusiformes représente, en quelque sorte, un nodule sarcomateux en miniature.
Le lymphadénome peut former des noyaux de généralisation dans les poumons. L’enchondrome y est rare et secondaire à une tumeur primitive du testicule, de la parotide, du bassin.