Arch. de physiologie
CANCER DU FOUMON 401
Le cancer du poumon donne lieu à diverses lésions consécutives. Au voisinage des tumeurs, le parenchyme est congestionné, sclérose; quelquefois on y observe l’apoplexie, la gangrène; on à vu aussi la coexistence de lésions tuberculeuses, et c’est un argument qui a été invoqué contre le prétendu antagonisme de la tuberculose et du cancer. La plèvre est toujours altérée lorsque les noyaux pulmonaires sont superficiels; il se développe une pleurésie hémorrhagique ou séro-fibrineuse. Cet envahissement de la plèvre est fréquent, lors même que les noyaux pulmonaires sont profonds, et il a lieu par les lymphatiques sous-pleuraux. On connaît aussi quelques cas de cancer primitif de la plèvre, lésion rare, constituée surtout par le sarcome et qui s’observe ordinairement chez des sujets jeunes!.
Les lymphatiques du poumon sont très fréquemment le siège de lymphangites cancéreuses; ils forment alors des cordons dilatés, noueux et moniliformes, remplis de suc blanchâtre et dessinant un réseau à la surface de l’organe. Les ganglions du médiastin, de l’aisselle, du cou sont atteints à divers degrés. Parfois le médiastin est envahi secondairement. Enfin le cancer peut se propager aux côtes, au rachis, au péritoine, au péricarde, au cœur, à la veine cave.
La généralisation d’un cancer au poumon paraît se faire par différents mécanismes. Dans quelques cas, c’est de proche en proche et par continuité de tissu qu’un cancer du médiastin envahit cet organe par le hile, en suivant les bronches et les ramifications vasculaires. Plus fréquemment la propagation se fait par les voies lymphatiques êt l’on peut suivre la marche des produits néoplasiques en observant les lymphangites cancéreuses décrites par M. Debove? et M. Troisier* : ainsi un cancer du foie peut se propager au poumon par les lymphatiques du diaphragme et la cavité pleurale, libre ou oblitérée par des adhérences. D’après des travaux récents, on admet aussi que les produits cancéreux peuvent cheminer dans le canal thoracique et infecter par voie rétrograde les ganglions bronchiques et les Iymphatiques du poumon; c’est de la sorte que M. Girode‘ interprète le développement de Ilymphangites cancéreuses du poumon, sans aucun nodule néoplasique du parenchyme.
Enfin le cancer peut se constituer dans le poumon sous forme de noyaux métastatiques, par une migration embolique qui s’accomplit à travers les veines et dont la réalité a été mise hors de doute par certaines observations curieuses. C’est probablement de cette manière