‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 74 sur 104 · Ibid., 17 avril · texte numérisé non relu

Ibid., 17 avril

PLEURÉSIE SÉRO-FIBRINEUSE AIGUË 423

sées «a frigore réagissent aux injections de tuberculine à peu près autant que les tuberculeux avérés (Netter !). Inversement, MM. Debove et J. Renault? ont décelé la présence de la tuberculine dans le liquide des pleurésies dont la nature tuberculeuse fut démontrée par l’inoculation aux cobayes. Parmi les autres microbes trouvés dans des pleurésies a frigore, il faut citer le pneumocoque (Talamon, Serafini), le streptocoque (Fränkel, Weichselbaum, Talamon, Vaillard), des microcoques divers (Gilbert et Lion).

Dans les pleurésies métapneumoniques séro-fibrineuses, le pneumocoque ne se rencontre qu’exceptionnellement et seulement quand elles sont récentes. Le bacille d'Eberth a été trouvé par MM. Fernet et Girode dans un cas de pleurésie typhoïdique.

Étant donnée la rareté des microbes dans les pleurésies séreuses, il y a lieu de se demander si ces microbes agissent par eux-mêmes ou par leurs toxines. Dans ce dernier cas on aurait des pleurésies en quelque sorte chimiques, analogues à celles qu’on détermine chez les animaux par les injections sous-cutanées de cantharidine ou du poison diphtérique. Les pleurésies des brightiques et des goutteux seraient peut-être d’origine toxique.

Circonstances étiologiques accessoires. — L'âge, le sexe, les variations atmosphériques ne seraient pas sans influence sur le développement de la pleurésie a frigore. Gelle-ci est surtout fréquente de vingt à trente ans; elle est commune dans l’armée. Les enfants de moins de cinqans et les vieillards sont au contraire rarement atteints: chez eux, le refroidissement est plutôt l’occasion du développement d’une pneumonie. Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes : c’est d’ailleurs la règle pour presque toutes les affections aiguës de la poitrine. L'influence des saisons n’est pas très nette : toutefois les pleurésies seraient plus fréquentes au printemps et en automne, époques des variations brusques de température. Quant à l'effet des conditions atmosphériques, il serait mis en évidence par la multiplicité des cas de pleurésie survenant simultanément chez des individus, tels que troupiers ou marins, exposés aux mêmes influences cosmiques (vent, pluie, etc.).

Anatomie pathologique.— Lésions de la plèvre. —Au début, la séreuse injectée et dépolie perd sa transparence; elle est parfois le siège de petites ecchymoses. L'examen histologique y permet de constater d’une part la tuméfaction, la prolifération et la chute des cellules épithéliales ; d’autre part l’infiltration du tissu conjonctif sous-épithélial par un plasma riche en globules rouges et blancs. Les

Page 1