‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 79 sur 104 · ÉPANCHEMENTS CHYLIFORMES DE LA PLÈVRE · texte numérisé non relu

ÉPANCHEMENTS CHYLIFORMES DE LA PLÈVRE

Ces épanchements méritent une description à part en raison de leur nature mystérieuse. [ls constituent une affection très rare et de connaissance récente. Si on laisse de côté les exemples peu probants qu’on à cru en reconnaitre dans les écrits du passé, on n’en compte qu’une douzaine d'observations au plus dans la science, toutes parues depuis 1874!.

Symptomatologie. — Ces épanchements ne se distinguent pas cliniquement d’une pleurésie séreuse ou purulente, subaiguë ou chronique. Ils se forment et s’accroissent lentement. Ordinairement abondants, ils déplacent fortement les organes et provoquent volontiers de l'oppression et de la dyspnée.

Leur nature n’est reconnue que par la ponction. Le liquide retiré est opaque, d’un blanc laiteux ou légèrement jaunâtre; parfois il a un reflet verdâtre. On l’a comparé à du chyle, à un looch. Il est homogène, sans flocons fibrineux et n’a pas d’odeur. On y voit souvent de petites paillettes de cholestérine, reconnaissables à leur aspect chatoyant. Sa quantité varie de 2 à 3 litres ; dans un cas elle était de 7 litres (Quincke). Placé dans une éprouvette, il se sépare en deux couches; l’inférieure est claire, la supérieure blanche et crémeuse. Traité par l’éther qui dissout la graisse, le liquide s’éclaircit et prend une teinte bleuâtre. Il renferme de l’albumine, mais pas de fibrine. L’examen microscopique y fait voir de nombreuses granulations graisseuses, les unes isolées, les autres en amas et rappelant l’aspect des corpuscules de Glüge. Il n’y a pas de leucocytes, ou du moins ils sont très rares.

Dans un seul cas, celui de Sainton, des recherches microbiennes, d’ailleurs imparfaites, ont été entreprises sur le liquide : leur résultat fut négatif.

L’épanchement n’a aucune tendance à se résorber; il se reproduit

1. Ce sont celles de Gueneau de Mussy, de Quincke, Zuncke, Rokitansky, Bacelli, Sainton, Debove, Hérard, etc. Elles ont été réunies par M"° Perrée dans sa thèse (1881).

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