‹ Manuel de médecine (volume 2)Chapitre 85 sur 104 · Charité Annalen · texte numérisé non relu

Charité Annalen

PNEUMOTHORAX 901

déviation des organes voisins. Le cœur est refoulé et tordu sur sa base ; le foie, l'estomac et même la rate sont abaissés. Les pneumothorax fermé et à soupape, dans lesquels le volume d’air contenu dans la plèvre peut excéder 2 litres, sont surtout propres à produire ces déplacements ; mais le refoulement du cœur existe même dans le pneumothorax ouvert.

Tels sont les premiers effets purement mécaniques qui suivent la pénétration de lair dans la plèvre. Si la solution de continuité est petite, le pneumothorax peut rester simple, l'air emprisonné dans la plèvre ne provoque aucune réaction et finalement se résorbe. Cette terminaison favorable s’observe habituellement à la suite de la rupture de quelques vésicules emphysémateuses (Galliardt). Mais bien plus souvent, et particulièrement quand la déchirure est considérable et demeure fistuleuse, à la phase mécanique succède une phase inflammatoire caractérisée par un épanchement séreux, purulent ou putride, avec toutes ses conséquences : néo-membranes, kyste pseudo-pleural, dégagement de gaz fétides, etc. Il résulte des recherches bactériologiques de M. Netter ? que, dans l’hydro-pneumothorax lié à la tuberculose, le bacille de Koch est constant et qu’il y existe à l’exclusion de tous autres micro-organismes, que dans le pyo-pneumothorax tuberculeux au contraire, il est associé aux microbes pyogènes vulgaires et à des espèces saprogènes en relation avec le processus putride habituel.

Les différences dans l’évolution du pneumothorax peuvent s’expliquer aisément. Déjà, en 1867, Lister faisait observer qu’à la suite de la déchirure du poumon par un fragment de côte, le pneumothorax reste ordinairement simple, parce que, disait-il, les mucosités agglutinent les germes et font subir à l’air une sorte de filtration. Tyndall a prouvé cette hypothèse d’une manière très élégante en montrant que l’air expulsé des parties profondes des poumons est optiquement pur. D'ailleurs l’analyse bactériologique de l'air expiré (Straus et Dubreuilh *), le résultat négatif des ensemencements tentés avec le contenu des alvéoles pulmonaires ponctionnés pendant la vie (Polguère #) et les injections d’air stérilisé dans la plèvre, pratiquées dans un but thérapeutique (Potain), sont autant d’arguments démontrant que la plèvre ne s’enflamme que quand elle est inoculée.

Symptomatologie.—Il faut distinguer deux types cliniques : 4, le pneumothorax généralisé; b, le pneumothorax parthel.

a. Pneumothorax généralisé. — Pendant un effort, une quinte de

1. GALLIARD, Du pneumothorax simple, etc. (Arch. gén. de méd., 1888, t. II). 2. NETTER, Soc. méd. des hôpilaux, 4 déc. 1891.

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