‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 103 sur 263 · Congrès de Rome · texte numérisé non relu

Congrès de Rome

2, Voir : Scamipr (Arch. f. Gyn., Bd. XLV, 2, 1894); — SCHREIBER (Thèse de Gœttingue, 1894).

3. Travail analysé par F. EKLUND (de Stockholm) in Revue internationale de bibliographie médicale, 25 mai 1893.

un catarrhe physiologique ayant pour cause l’activité digestive s’éveillant chez l’enfant qui n’y est pas habitué, et occasionnant une hypérémie considérable de lestomac et de l'intestin grêle, où la nourriture la plus naturelle (le lait maternel) commence toujours par agir à la façon d’un irrilant amenant avec lui l’hypérémie, augmentant la sécrétion du mucus et provoquant un gonflement des muqueuses. Dans un grand nombre de cas, surtout si l’on emploie la nourriture artificielle (ce qui, comme on le sait, est on ne peut plus fréquent, surtout les premiers jours, avant que la sécrétion lactée soit bien établie), cette hypérémie physiologique revêt un caractère pathologique (tourne au catarrhe) et donne lieu à des symptômes dyspeptiques. Sans doute les bactéries peuvent aussi jouer ici un certain rôle, ce qui expliquerait la plus grande fréquence de la maladie dans les établissements publics (maternités) que dans les maisons privées. »

3° Maladie bronzée hématique ou maladie de Winckel.

Il s’agit ici d’une maladie d’allure infectieuse, en relation probable avec l'infection puerpérale. Ce sont surtoutles accoucheurs qui l'ont fait connaître, Parrot l’a appelée tubulhématie rénale ; Liouville lui a donné le nom d’ictère noir.

La mortalité en est de 90 pour 100; c’est dire qu’il s’agit d’une affection grave. L’ictère est très intense, jaune verdâtre; il apparaît dans les premiers jours de la vie, après une période de malaise général avec diarrhée bilieuse et souvent muguet. Un ou deux jours après survient l'hématurie ou l’hémoglobinurie; les globules rouges sont notablement altérés et diminués de nombre daris le sang; celui-ci garde à l'air sa coloration noirâtre, indice d’une fonction respiratoire très compromise; il est poisseux et de couleur sépia comme le sang des grandes infections. La mort survient, après quelques jours de diarrhée, d’ietère, d’hématurie et de convulsions, le plus souvent dans le coma et l’hypothermie; la durée de la maladie ne dépasse guère cinq jours (Parrot, Charrin).

Avec le sang, ce sont surtout les reins qu’on trouve profondément altérées à l’autopsie. À la coupe, les pyramides sont presque noires. Des hémorrhagies occupentles glomérules et les tubes droits; il n’y a pas à proprement parler de néphrite, puisque l’épithélium des tubuli est ordinairement sain. C’est donc moins une maladie du foie qu'une infection générale.

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4 Ictères symptomatiques.

Comme l'adulte, l'enfant est sujet à des affections hépatiques susceptibles de se traduire par de l’ictère, et en particulier de lictère ortho-pigmentaire.

Des caleuls ont été trouvés exceptionnellement dans la vésicule des nouveau-nés. Une compression externe peut être exercée sur le cholédoque par une tumeur congénitale. La syphilis hépatique peut, quoique rarement en réalité, dit Parrot, déterminer de l’ictère en raison de lésions parenchymateuses diffuses ou d’une périhépatite. On a observé quelquefois une cirrhose hypertrophique biliaire(D'Espine et Picot), une dégénérescence graisseuse aiguë du foie (Buhl et Hecker), une véritable polycholie avec diarrhée bilieuse et pigments dans les urines. Ce sont là, sans doute, des formes variées d'infections indéterminées, maternelles ou fœtales. M. Hayem à vu l’ictère produit par la rupture, probablement traumatique, de la vésicule biliaire dans le péritoine. Mais trois causes, particulières aux nouveau-nés, paraissent agir avec une plus grande fréquence.

C’est d’abord l’oblitération congénitale des voies biliaires observée par Hirschprung, Weber, Virchow; on en compte une douzaine d’observations. Les canaux excréteurs sont réduits à des cordons fibreux et la vésicule manque ou est rudimentaire. Les lésions du foie sont celles de la rétention biliaire absolue, avec, dans quelques cas, hyperplasie conjonctive. Gette oblitération peut n’être pas exactement congénitale, le méconium étant coloré ainsi que les premières selles et l’ictère n’apparaissant que le deuxième ou le troisième jour; on admet alors qu’il s’agit d’angiocholite adhésive. :

C’est ensuite l'infection puerpérale, soit en coïncidence avec celle de la mère, soit uniquement développée, au moins en apparence, chez l’enfant. Cet ictère pyémique, avec fièvre et hémorrhagies multiples, reconnaît ordinairement comme substratum anatomique la phlébite ombilicale se propageant à la veine porte, au tissu périhépatique, au péritoine, au foie. L’infection peut être blennorrhagique. comme dans l’observation curieuse d’Aufrecht‘.

Enfin, on décrit à part l’ictère lié à l’hémorrhagie du cordon, probablement très voisin de l’ictère par infection puerpérale. Le sang qui s'écoule, quoi qu’on fasse, du cordon, ou plutôt des bourgeons

charnus de sa surface sectionnée, présente toujours les caractères du sang infectieux.

1. MM. Bar et RÉNON (Soc. de biol., 18 mai 1895) ont signalé un cas d'ictère grave chez un nouveau-né atteint de syphilis hépatique; cet ictère grave paraissait dû au Proteus vulgaris qui fut trouvé dans la veine ombilicale oblitérée.

Il ne sera question ici que de l’ictère syphilitique secondaire, c'est-à-dire survenant pendant la première année depuis le chancre, le plus souvent vers le deuxième ou troisième mois, en pleins accidents secondaires. Les autres manifestations hépatiques de la syphilis pouvant donner lieu à de l’ictère ont trouvé place dans un autre chapitre.

On l’observe rarement, et bien s’en faut qu’un ictère survenant dans ces conditions soit directement imputable à la seule infection syphilitique. L’imprégnation de l’organisme par le microbe ou le virus spécifique détermine un amoindrissement de la résistance aux infections banales, secondaires en quelque sorte ; que le néo-contaminé soit par surcroît un hépatique en puissance, que son foie ait un passé pathologique, qu'il ait été plus ou moins imprégné d’alcool, l'organe est tout désigné pour une infection plus facile, soit autochtone, d’origine gastro-intestinale, soit étrangère ; la syphilis n’est ici qu’une cause occasionnelle. Et l’on observe tantôt l’ictère catarrhal pur, tantôt une des modalités de l'infection cellulaire.

Pourtant il ne faudrait pas rejeter la possibilité d’une détermination hépatique presque immédiate de la syphilis, surtout chez un hépatique, un alcoolique, un impaludique; ilne faut pas oublier que le foie est l'organe préféré de la syphilis après le cerveau, et non pas seulement de la syphilis âgée ; il n’y a aucune raison, puisque la période secondaire peut voir éclore des accidents encéphalo-myéliques, pour que les accidents hépatiques ne soient pas possibles.

On peut invoquer, pour expliquer l’ictère syphilitique précoce, plusieurs mécanismes. Gubler, qui le premier décrivit en 1853 l’ictère syphilitique secondaire, l’attribuait à une roséole interne du cholédoque ; l'hypothèse est fort peu probable et n’a que la valeur d’une comparaison; c’est une explication analogue à celle qui fait de la broncho-pneumonie un érysipèle interne. MM. Lancereaux et Cornil admettent «la compression des canaux biliaires par des ganglions lymphatiques tuméfiés et altérés de la même façon que les ganglions sous-cutanés ». Harley incrimine l’intoxication mercurielle. Quelquesuns ont pensé que l’état moral particulier dont sont affectés certains syphilitiques suffirait à produire un ictère émotif. Gubler cependant, avait une autre explication qui ne déplaît pas à M. Lancereaux, c’est la poussée congestive vers le foie. Il suffit de mettre au point cette interprétation pour la rendre acceptable aujourd’hui : congestion si l’on veut, puisque d'habitude le foie est augmenté de volume, mais congestion par un sang toxi-infectieux, par conséquent infection

hépatique. I ne répugne pas d'admettre chez certains individus, pouf une cause ou pour une autre, une susceptibilité spéciale de la cellule hépatique vis-à-vis du poison de la syphilis, et de considérer les cas d'ictère syphilitique secondaire comme des hépatites légères, facilement réparables, mais vraiment parenchymateuses. Les observations jusqu'ici publiées sont muettes sur la plupart des points qui pourraient éclairer le déterminisme de cette localisation et l’état de trouble fonctionnel ou anatomique de la cellule hépatique.

Toujours est-il qu’il est difficile d’assigner à l’ictère syphilitique secondaire des symptômes spéciaux ou une allure personnelle. Il survient en général d’une façon progressive, atteint rarement une grande intensité, et disparaît aussi progressivement avec une certaine lenteur. Le foie est augmenté de volume, et pour la plupart des syphiligraphes cette hypertrophie serait une condition indispensable pour attribuer l’ictère à la syphilis. La glande est en même temps douloureuse. On la trouve lisse et sans bosselures. Il y à ou il n’y a pas décoloration des fèces ; dans le cas de selles colorées, on est mal renseigné sur l’hypercholie possible; quand on parle de décoloration, on ne sait pas toujours exactement s’il s’agit d'absence de bile dans le bol fécal ou d’acholie pigmentaire. Schræder! dit même que les matières fécales ne sont jamais entièrement blanches. On a assez souvent constaté une albuminurie concomitante. Il est rare d'observer de la fièvre ; celle-ci d’ailleurs pourrait relever de l'infection syphilitique générale, la fièvre syphilitique n’étant point une rareté. Il faut signaler le fait que la coloration jaune de la peau peut masquer, en les atténuant, les exanthèmes spécifiques, roséole ou syphilides secondaires.

La durée de l’affection varie entre trois semaines et trois mois; exceptionnellement elle a atteint huit à dix mois. La récidive est facile si l’on vient à supprimer trop tôt le mercure.

On ne confondra pas avec l’ictère le teint plombé que présentent beaucoup de syphilitiques au début. Mais l’ictère étant bien établi, on le déclarera vraiment svphilitique par exclusion, en l’absence, par conséquent, de toute cause possible de jaunisse. Après quelques jours, le diagnostic pourra être légitimé par le succès du traitement mercuriel et surtout du traitement mixte sous l'influence duquel on verra rapidement s'améliorer et disparaître l’ictère et l’hypertrophie du foie. En résumé : absence des causes connues de l’ictère, coexistence d’accidents syphilitiques, efficacité du traitement mercuriel, tels sont les trois éléments d’un diagnostic qu’il faut établir le plus tôt possible, car non soigné, cet ictère a une durée beaucoup

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