I. — LITHIASE ASEPTIQUE
C’est dans ses formes aseptiques que la lithiase biliaire revêt l'expression clinique la plus communément observée et la plus facile à reconnaître. Exception faite des cas latents ou frustes, larvés, la cholélithiase aseptique se traduit, en cas de migration des calculs, par des douleurs très spéciales; en cas d’obstruction des voies biliaires, par l’ictère foncé des rétentions biliaires ou la tuméfaction de la vésicule ; enfin, presque toujours, par des phénomènes qui révèlent, avec une saisissante netteté, la nature et le siège de la lésion causale.
1. CLAISSE et DuprÉ, Les infections salivaires (Arch. de méd. expérim., 1894).
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A. ACCIDENTS DE MIGRATION. — Les accidents qui traduisent la migration des calculs aseptiques relèvent dans leur expression clinique presque exclusivement de la douleur. L'ensemble de ces accidents douloureux a reçu le nom de colique hépatique. Le terme de colique biliaire serait certainement plus exact; mais, comme un vice sécrétoire de la cellule hépatique peut toujours, dans le procès étiologique de la lithiase biliaire, être incriminé, peut-être n'est-ce pas tout à fait à tort que l’usage a prévalu, dans la langue, de rendre le foie responsable de la souffrance des canaux de la bile.
En dehors des cas, relativement exceptionnels, où elle succède à la migration de vésicules hydatiques ou d’helminthes, la colique hépatique est l’accident révélateur par excellence de Ia lithiase biliaire, la plupart du temps le premier symptôme en date, et elle en reste souvent le seul accident.
Colique hépatique. — Les prodromes de la colique hépatique, tels que les nausées, bâillements, pandiculations, nappétence, flatulence gastro-intestinale, malaises digestifs, sont relativement rares, et le souvenir en est vite effacé, chez les malades, par l’acuité des douleurs qui succèdent. Le plus intéressant de ces prodromes, signalé par M. Willemin (de Vichy), est une tuméfaction de la vésicule, appréciable à la palpation et à la percussion et consécutive à la rétention intra-cystique de la bile, derrière le calcul engagé dans la région du col; le gonflement prodromique de la vésicule précède la colique de quelques jours à quelques semaines.
Le début de la colique hépatique a généralement lieu quelque temps après le repas, au moment où commence la digestion intestinale; il coïncide avec la chasse biliaire physiologique que provoque par voie réflexe l’arrivée dans le duodénum du chyme stomacal. Parfois, les contractions myocystiques sont sollicitées par un traumatisme, psychique ou somatique, et la colique hépatique apparaît à la suite d’une vive émotion, d’une chute, d’un accouchement, d’une période menstruelle, ou dans le cours de la grossesse !. Le début est le plus souvent brusque et inopiné; la colique éclate à l’improviste.
Alors commence pour le calculeux un supplice de quelques heures. La douleur domine au début dans la région gastrique et ombilicale; le siège, quelque peu diffus tout d’abord, se localise bientôt à l’hypochondre droit, surtout aux limites de cet hypochondre et de l’épigastre ; le maximum de la douleur siège au niveau du fond de la vésicule, ainsi que le démontre la pression du point cystique, situé à l’intersection du bord externe du muscle droit et de la dixième côte. Autour de ce foyer principal, la douleur rayonne dans