‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 110 sur 263 · J. Cyr, Tr.de l'affection calculeuse du foie · texte numérisé non relu

J. Cyr, Tr.de l'affection calculeuse du foie

l’épigastre, l’hypochondre, souvent le flanc droit, l'épaule et la pointe de l’omoplate, le côté droit du cou (anastomose du phrénique avec les plexus brachial et cervical); des localisations plus exceptionnelles ont été signalées dans les régions mammaire et lombaire droites!

Cette douleur est, dans les cas moyens, très intense, aiguë, déchirante et comme expulsive, continue et paroxystique, spontanée et exaltée par la moindre pression locale, le plus léger frôlement de la région cholécystique ; inversement, le relâchement des muscles abdominaux antérieurs semble l’atténuer un peu; aussi le malade prend-il généralement l’attitude couchée; il se penche en avant s’il est debout ou assis, fléchit les cuisses sur le bassin s’il est couché, combine les deux attitudes s’il est dans le décubitus latéral, et se pelotonne alors en chien de fusil. Pendant toute la durée de la colique, il existe, malgré ces attitudes, une contracture réflexe des muscles de la paroi abdominale antérieure, beaucoup plus marquée à droite, qui persiste encore quelques heures après la fin de l’accès douloureux. Le facies, pâle et grimaçant, exprime la plus pénible angoisse, et la douleur arrache aux malades des gémissements plaintifs, qu’entrecoupent des cris aigus au moment des exacerbations paroxystiques.

Cette crise de douleur s’accompagne de phénomènes secondaires, la plupart nerveux et réflexes, variables et affectant les différentes sphères motrices, sensitives, sécrétoires, vaso-motrices de l’économie souffrante; ils seront étudiés après l’autre symptôme capital de la colique hépatique, l’ictère, dont l'apparition, postérieure à la douleur, suffit à trancher le diagnostic du syndrome.

L’ictère, sur la pathogénie toute mécanique duquel je n’insiste pas, trahit le passage dans la circulation générale et la diffusion dans l’économie de la bile résorbée en amont du calcul migrateur. Il est donc subordonné, dans son intensité et sa durée, au degré et à la durée de l’obstruction calculeuse : toujours secondaire à la douleur, il apparaît, dans les cas ordinaires, quelques heures après elle; lorsque la crise douloureuse se prolonge, il survient pendant la colique. Très léger, à peine visible, dans certaines coliques courtes, légères, il est souvent très marqué, parfois intense, dans les coliques longues, à gros calcul. Il débute par la coloration rouge acajou des urines et la teinte jaune des conjonctives et de la muqueuse de la face inférieure de la langue; puis l’imprégnation biliaire de l’économie s’accuse, les jours suivants, par la suffusion ictérique plus foncée des téguments, le ralentissement du pouls, le prurit cutané, etc.; la décoloration des selles, qui prennent la teinte argileuse, l’odeur fétide et l'aspect graisseux des fèces acholiques achèvent de compléter

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