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DIAGNOSTIC DE LA LITHIASE BILIAIRE

L’obstruction cholédocique détermine un ictère vert foncé, permanent, de la décoloration des fèces, l'augmentation de volume, puis la rétraction secondaire tardive du foie, la tuméfaction de la vésicule : la nature calculeuse de cette oblitération du cholédoque sera établie sur la notion des antécédents lithiasiques, des coliques hépatiques, de l’évolution lente et chronique du syndrome, qui n’entraîne pas une cachexie aussi rapide que celle du cancer pancréatique, dont la tumeur est parfois perceptible à l’épigastre, et séparée de la tumeur biliaire par l’interposition d’une zone sonore (Ancelet, Arnozan). On observe parfois aussi dans l’ictère quelques rémissions, qui manquent toujours dans celui que détermine le cancer pancréatique. Le cancer des voies biliaires pourra être soupçonné surtout chez la femme, lorsque aux signes de l’obstruction cholédocique s’ajouteront une asthénie, une émaciation et une cachexie rapides et précoces. L’æœdème des jambes, l’oligurie plaident aussi en faveur du cancer.

Les cirrhoses biliaires non calculeuses seront reconnues à leur début, leur évolution, l'examen local de l’hypertrophie hépatique, de l’état de la rate, à l’absence d’antécédents lithiasiques, etc. La lithiase intra-hépatique, intra-lobulaire, entraîne un syndrome parfois difficile à distinguer de celui de la cirrhose biliaire hypertrophique ; mais dans la lithiase, l’hypertrophie spléno-hépatique est moindre, les douleurs sont plus fréquentes, et enfin l'examen minutieux et fréquemment répété des selles pourra y déceler de petites concrétions calculeuses dont la constatation tranchera le diagnostic.

Le diagnostic des accidents septiques de la lithiase biliaire se fait par la double notion des phénomènes lithiasiques, auxquels se sont ajoutés, à un certain moment de leur évolution, des symptômes fébriles et des signes d’inflammation locale.

L’angiocholite et la cholécystite calculeuses se reconnaîtront à la fièvre biliaire, survenant par accès, et aux phénomènes de douleur et de réaction inflammatoire au niveau de l’hypochondre, de tuméfaction fluctuante de la vésicule (empyème du cholécyste).

La péri-cholécystite scléreuse, la péritonite biliaire chronique périhépatique se distinguent par l’empâtement diffus, la submatité, la sensibilité douloureuse de la zone sous-hépatique, par la lenteur de leur évolution, la notion des antécédents lithiasiques anciens, etc.

Les abcès calculeux du foie ont les mêmes symptômes que l’angiocholite lithiasique suppurée; mais les accès fébriles sont plus fréquents, plus violents; l'insuffisance hépatique est notoire, à l'examen urologique; l’état général est plus grave.

Les fistules biliaires sont faciles à reconnaître, lorsqu'elles sont

constituées : dans la période, souvent fort longue, de leur préparation, elles sont d’un diagnostic malaisé. La notion des antécédents lithiasiques, d'accidents d’obstruction et d’infection combinés, la constatation d’une tuméfaction profonde et douloureuse dans l’hypochondre, pourront en faire soupçonner l’imminence : l’affaissement de la tumeur, le soulagement local, coïncidant avec la débâcle biliaire et purulente par l'intestin, annoncerontl’achèvement du processus fistuleux interne. Les fistules cutanées sont plus faciles à prévoir.

L’obstruction intestinale calculeuse pourra être soupconnée dans sa nature, par la notion des antécédents lithiasiques, de l’âge et du sexe des malades, par l’évolution intermittente et saccadée des accidents d’obstruction, par la palpation prudente de l’abdomen, qui permet parfois de reconnaître le calcul, etc. La laparotomie constitue ici le vrai moyen de diagnostic et de traitement, tout à la fois.

La septicémie d’origine biliaire, au cours des lithiases anciennes, se reconnaitra à la courbe thermique, aux caractères de la fièvre, à l'étude des antécédents, aux données de l’examen local du foie. Certaines observations prouvent d’ailleurs la difficulté de dépister l’origine biliaire de l'infection, qui n’a été parfois reconnue qu’à l’autopsie.

Traitement!.— Le traitement de la lithiase biliaire comprend des indications prophylactiques, symptomatiques et curatives. Ces diverses indications sont remplies par l’hygiène, générale et alimentaire, par les cures hydro-minérales, par la médication pharmaceutique, par l’intervention chirurgicale.

La prophylaxie de la lithiase biliaire est faite de l’application des règles générales de l'hygiène, capables de s'opposer, en une certaine mesure tout au moins, à la formation des calculs. La pathogénie des concrétions biliaires n’étant pas encore clairement élucidée, on comprend que tous les médecins ne soient pas absolument d’accord sur le détail des prescriptions diététiques et alimentaires qu'ils formulent auprès des malades. Néanmoins, on s’entend pour conseiller aux calculeux hépatiques certaines règles d’hygiène préventive générale, certaines pratiques relatives à leur régime et à leur nutrition, dont l'expérience paraît avoir démontré l'efficacité, et qu’on peut résumer en quelques lignes.

Vie active, gymnastique, mouvements, exercices physiques au grand air.

1. Consulter : SEGOND, art. Lithiase biliaire du Traité de chirurgie ; — GALLIARD, Thérapeutique des maladies du foie, Paris, 1894; — CHAuFFARD, Traité de médecine, t. III, p. 737; — QuENU, Chirurgie du cholédoque (Soc. de chirurgie, avril 1895).

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