TRAITEMENT DE LA LITHIASE BILIAIRE
Stimulation de la peau, frictions sèches, massage, hydrothérapie chaude, tiède.
Éviter les ceintures et corsets trop serrés, surtout pendant la grossesse. Gymnastique respiratoire, cures de terrain en montagnes.
Repas peu copieux, plutôt fréquents qu’abondants; éviter entre eux les intervalles trop longs, pendant lesquels la bile stagne dans les réservoirs.
Éviter, dans les boissons, les eaux calcaires et séléniteuses, les essences, les alcools, les vins mousseux ou très alcooliques.
Ne pas abuser, dans les aliments, de la graisse, des féculents, du sucre, des viandes putrescibles, fermentées, etc. Quelques médecins déconseillent les aliments riches en cholestérine (cervelles, œufs, boudin).
Les cures hydro-minérales remplissent à la fois l'indication prophylactique et curative de l'affection calculeuse. Les lithiasiques retireront le plus grand bénéfice de l’usage des eaux de Vichy (Grande-Grille) et de Carlsbad (Sprudel). Ce sont là deux stations hydro-minérales dont une expérience séculaire a démontré la vertu thérapeutique dans la lithiase biliaire. D’autres sources bicarbonatées sodiques peuvent aussi convenir aux calculeux; parmi celles-là, les principales sont Pougues, Vittel, Capvern, Marienbad, Saint-Nectaire, Châtel-Guyon, Royat, etc. Les eaux sont prises sur place, à la source même (cures hydro-minérales chaudes); et, en dehors des saisons des cures, les malades devront faire à leur table un usage intermittent des eaux alcalines faiblement minéralisées.
L’indication spéciale des sources se tire, pour chaque malade, des associations morbides qu’il présente avec la lithiase biliaire (goutte, diabète, lithiase urinaire, névropathie, etc.), de la nature des accidents lithiasiques, du terrain diathésique sur lequel ceux-ci évoluent, etc.
La médication symptomatique de la lithiase biliaire est dirigée contre les principaux accidents, douloureux ou pénibles, que détermine l'affection calculeuse : parmi ceux-ci, c’est la colique hépatique qui réclame les plus fréquentes et les plus pressantes indications.
Auprès d’un malade en proie à une colique hépatique, le premier devoir du médecin est de calmer la douleur : une ou deux injections sous-cutanées de 1 centigramme de sel de morphine pare à ce premier soin : lorsque le paroxysme douloureux est atténué, on aide l’action de la morphine par des inhalations prudentes de chloroforme, des applications locales chaudes et calmantes, l'administration de l’antipyrine, de l’hydrate de chloral, du laudanum, par la bouche ou le rectum. Un des meilleurs sédatifs de la douleur, après la mor-
phine, est un grand bain chaud prolongé, qu’on fera préparer dès qu’on arrivera auprès du malade.
Une prescription indispensable, dans le traitement des coliques hépatiques, est le repos du malade, nécessaire encore après la cessation de la crise.
Après la crise, il faut ordonner une alimentation liquide, légère et fractionnée, du lait coupé d’eau alcaline. Les vomissements seront combattus par la diète, la glace, le champagne frappé à doses minimes ; la cocaïne, le menthol, dans les cas rebelles, peuvent être essayés.
Quand la douleur a tout à fait disparu, on doit administrer un léger purgatif, dirigé contre l’embarras gastrique, la constipation, qui succèdent à la colique et à son traitement, et pour chasser le calcul biliaire de l’intestin: on choisira le podophyllin, l’évonymin, la rhubarbe, associés à un peu de calomel.
Si le médecin prévoit l’imminence d’une nouvelle crise, il doit mettre en œuvre une médication destinée à favoriser la chasse biliaire libératrice et à réaliser en même temps, autant que possible, l’antisepsie des voies de la bile : il ordonnera l’huile d’olive à hautes doses, par prises fractionnées, à jeun, dont les observations des médecins anglo-américains et les expériences de MM. Chauffard et Dupré!, de Rosenberg, de M. Willemin? ont démontré l’action cholagogue et l’incontestable efficacité. La glycérine donne, dans le même ordre d’idées, de bons résultats*. Il faut ajouter à la médication huileuse ouglycérinée le salicylate de soude, agent cholagogue et antiseptique, indiqué à la dose de 2 à 3 grammes par jour (Chauffard), surtout dans les formes fébriles de la colique hépatique. L’éther amylvalérianique (quatre à six capsules par jour) peut être prescrit, en cas de coliques légères, tolérables.
Les formes septiques de la lithiase biliaire réclament l’antisepsie gastro-intestinale pratiquée avec ses agents habituels, auxquels on associera le salol et les salicylates, antiseptiques biliaires électifs entre tous, puisque l’acide salicylique s’élimine en partie par la bile; le calomel, par prises espacées, à titre de laxatif antiseptique et d'agent décongestif du foie. La quinine n’a pas d’action sur la fièvre biliaire : il est préférable de s’en abstenir.
Le traitement médical des autres symptômes dela lithiase biliaire sera dirigé, suivant l'occurrence, d’après les indications du moment.
Je ne parle que pour mémoire de la médication lithontriptique,
1. CHAUFFARD et Dupré (Soc. médic. des hôpil., oct. 1888). 2. WILLEMIN, Traitement de la Lithiase biliuire par l'huile d'olives, Paris, 1891. 3. FERRAND (Bullelin médical, 1892, p. 232).