‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 126 sur 263 · LANNELONGUE (Académie des sciences, 31 mai · texte numérisé non relu

LANNELONGUE (Académie des sciences, 31 mai

à une perforation de l’estomac atteint d’ulcère ou de cancer, à une perforation du duodénum, du côlon, du cæcum, etc... Les gaz qui sont mélangés au pus proviennent du tube digestif; ils se développent exceptionnellement sur place.

Les abcès gazeux sous-phréniques se caractérisent au début par les signes habituels des périhépatites aiguës ou subaiguës. Le tableau clinique ne se modifie qu’au moment de l’apparition des gaz dans la poche purulente. On observe alors une ampliation énorme de toute la moitié inférieure du côté droit du thorax, une large voussure, une dyspnée très intense. La percussion révèle une sonorité tympanique > à l’auscultation on perçoit depuis le bord supérieur du foie jusqu’au niveau du quatrième ou du cinquième espace intercostal les signes habituels du pneumothorax vrai (tintement métallique, souffle amphorique, succussion hippocratique). Le cœur est fortement refoulé en haut et à gauche.

L'évolution de l’abcès gazeux sous-phrénique est fatale dans la plupart des cas. MM. Debove et Rémond ont cependant signalé un cas de guérison chez une femme de trente-trois ans qui présentait un abcès gazeux sous-phrénique occupant en partie la face supérieure du foie, en partie la face inférieure. Get abcès était consécutif à une perforation de l’estomac atteint d’ulcère‘. M. Lee Dickinson a également vu guérir chez un homme de quarante-deux ans un abcès gazeux sous-phrénique consécutif vraisemblablement à une inflammation de l’appendice iléo-cæcal?. Ce sont là des cas exceptionnels ÿ.

Pronostic. — Très grave, presque fatal, comme nous venons de le voir, dans les pyo-pneumo-périhépatites, le pronostic reste toujours sérieux dans les pyo-périhépatites. L’incertitude souvent prolongée du diagnostic, le danger qui résulte de l’ouverture, toujours possible, de la collection purulente dans l’un des organes qui entourent le foie sont autant d'éléments qui imposent une grande réserve. D’après Scheurlen, on noterait encore une mortalité de 82 pour 100 dans les périhépatites suppurées.

Pour les périhépatites sèches, le pronostic varie suivant l’affection causale et la gravité tient dans ces cas moins à l’inflammation de la capsule qu’à la cirrhose, à l’abcès, au kyste, qui en sont la cause.

l. DEBOVE et RÉMOND (Soc. méd. des hôpil., 24 oct. 1890).

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