CHAUFFARD (Bull. médic., nov
NÉPHRITES AIGUËS 535
sonnements par le phosphore, la potasse, l'ammoniaque, les acides sulfurique, nitrique, oxalique, on observe des néphrites aiguës. Le chlore, le brome, l’iode, à dose toxique, peuvent également altérer la glande rénale!,
Il faut en dernier lieu réserver une place spéciale au froid. On lui attribue aujourd’hui un rôle bien peu important dans l’étiologie des néphrites aiguës. Mais il est certain que l’immersion brusque dans l’eau froide, le froid humide, intense, la pluie glaciale, en général l'humidité, seuls, sans aucune cause adjuvante, déterminent l'inflammation aiguë des reins. Il en est de même des brûlures étendues et de certaines dermatoses qui recouvrent la peau sur une large surface.
On voit par cette longue énumération que les néphrites aiguës ont, des causes nombreuses; mais que les plus fréquentes surviennent au cours ou au décours des infections générales.
Pathogénie. — Grâce aux travaux bactériologiques et expérimentaux de ces dernières années, on a pu déterminer l'existence de néphrites produites par l’action directe des micro-organismes sur le rein, par des toxines microbiennes, par des agents toxiques provenant de l’organisme, et par des substances végétales et minérales.
Dans le premier moment des découvertes bactériologiques, on a exagéré le rôle des micro-organismes dans la production des néphrites aiguës et l’on a mis surle compte du passage des microbes pathogènes à travers le filtre rénal tous les troubles qui apparaissaient au cours d’une maladie aiguë. Mais il a été démontré? que les micro-organismes ne franchissaient jamais les membranes saines et que leur passage à travers le rein indiquait son altération et constituait une complication. Cette loi doit être acceptée comme généralement vraie, bien que de nouvelles expériences puissent faire admettre le passage de certains micro-organismes à travers des épithéliums intacts (rein, intestin {, placenta °).
Aussi, n’est-ce que dans des conditions déterminées que la néphrite microbienne est réalisée. En tout cas les constatations anatomiques qui ont déceléla présence des micro-organismes danslesreins atteints de néphrites aiguës et les recherches histo-bactériologiques qui ont établi l’existence de ces micro-organismes à la fois dans les lésions rénales et les urines prouvent suffisamment leur action nocive directe sur les épithéliums rénaux.
. ISRAEL ct SENGER (Soc. de méd. int. de Berlin, 1888).
. WISsokoWITCH (loc. cil.). — BERLI0Z (Thèse de Paris, 1887). ENRIQUEZ (Soc. de biologie, 1891, p. 776).
. DOBROKLONSKY (Arch. de méd. expér., 1890, p. 253).
. KOUBASOFF (Acad. des sciences, 1885).
SEDRCRRS
C’est ainsi que le bacille de la fièvre typhoïde a été trouvé dans les néphrites typhoïdiques, que le pneumocoque de Talamon-Frænkel !, les streptocoques ont été constatés tantôt seulement dans les reins atteints de néphrite pneumonique et érysipélateuse, tantôt dans les reins et dans les urines à la fois. Le coli-bacille a été trouvé par MM. Achard et Renault dans les reins d’une femme atteinte de néphrite gravidique ?. Quoique MM. Chantemesse et Widal, Ribbert et Berlioz et d’autres auteurs n’aient pu déceler que très rarement la présence de micro-organismes au niveau des lésions rénales, le rôle de ces derniers dans la production des néphrites ne fait pas de doute. Les résultats divers et contradictoires obtenus par les auteurs au sujet de la présence ou de l’absence des micro-organismes dans certaines néphrites aiguës de nature microbienne exigent, pour être compris, quelques considérations générales.
Il faut tenir compte, quand les néphrites sont produites par des micro-organismes, de la nature de l’agent infectieux, de sa quantité (septicémie), de sa virulence, de la durée de l'infection, de la résistance du sujet et des altérations plus ou moins prononcées que présente le rein au moment del’infection.Mais tout d’abordilfaut prendre en considération l’affinité plus ou moins grande du sang vis-à-vis de certains microbes pathogènes. Cette affinité est peu marquée pour le bacille d’Eberth, plus accusée pour le pneumocoque, surtout pour le streptocoque et les staphylocoques. Aussi ces derniers sont-ils, d’une manière relative, plus fréquemment constatés dans certaines néphrites aiguës, même dans des néphrites observées au cours de la fièvre typhoïde et de la scarlatine; dans ce cas, ils ont agi à côté de l'infection générale et à titre d'infection secondaire; c’est aussi à titre d'agent infectieux surajouté que le coli-bacille détermine des néphrites dans la fièvre typhoïde *.
Quoi qu’il en soit, dans les néphrites aiguës, quand les micro-organismes, charriés par le sang, sont apportés au niveau du filtre rénal, ils s’y comportent chacun d’une manière différente.
Le pneumocoque frappe le rein en une seule fois et laisse évoluer la néphrite sans laisser traces de sa présence. Si l'infection pneumo-