bid., janvier
CT à CS 19 —
et infecte l’économie par une toxine spéciale qui s’élimine par les reins : celle-ci se retrouve dans les urines et, expérimentalement, par l'injection de ces dernières, l’aspect même de la maladie a pu être reproduit chez les animaux. MM. Chantemesse et Widal ont démontré d'autre part qu’on détermine des néphrites en inoculant à des animaux des cultures de bacilles d’'Eberth débarrassées des microorganismes.
Tous ces faits prouvent d’une manière évidente le rôle des toxines microbiennes sur la substance rénale. D'ailleurs, s’il faut d’autres preuves de leur action sur le rein, on peutles trouver, et celles-ci irréfutables, dans les expériences thérapeutiques qui ont été faites avec la tuberculine de Koch; elles ont démontré chez des sujets soumis au traitement antituberculeux la trop exquise sensibilité du parenchyme rénal pour ces poisons. Avec eux, MM. Arloing, Grancheret Enriquez ont pu déterminer expérimentalement de véritables néphrites diffuses analogues à celle que produit la cantharide. Dans les urines de malades atteints de scarlatine et d’érysipèle, il existe des toxines ! et il semble probable que celles-ci, en s’éliminant à travers le rein, doivent l’altérer. S'il n’existe pas de preuves expérimentales pour établir cette action des poisons scarlatineux sur le filtre rénal, de nombreux examens histologiques démontrent d’une manière évidente que la néphrite scarlatineuse est, dans quelques cas, simple fonction du streptocoque, et que le plus souvent, comme dans les néphrites érysipélateuses, on se trouve en présence d’une népbhrite . toxique. La présence de micro-organismes en quantité considérable dans le rein ne suffit pas d’ailleurs à déterminer des néphrites, et dans les faits relatifs au charbon ?, au bacille tuberculeux de Koch * et aux streptocoques ?, il est facile de constater l’intégrité parfaite des épithéliums à côté de l’infection microbienne des vaisseaux ou des glomérules de la totalité du rein. Il semble en effet que, si les agents infectieux n’ont pas eu le temps de sécréter leur toxine par suite de la rapidité avec laquelle l'infection générale a amené la mort, les altérations cellulaires n’ont pas eu non plus le temps de se produire.
Mais ilsemble parfois qu’une action double, microbienne et toxique, exerce son influence nocive sur le rein, comme cela paraît avoir lieu dans certaines néphrites de la scarlatine et de la diphtérie.
En résumé, il y a donc lieu d'admettre, au point de vue pathogé-