DURAND-FARDEL (Archives de physiologie
4. WibaL, art. Séreplococcie du Traité de médecine et de thérapeutique, t.I,p. 569. Infection streptococcique sanguine des reins d’un fœtus chez une femme infectée par le streptocoque.
NÉPHRITES AIGUËS 539
nique, l’existence de néphrites de nature microbienne (mono- ou poly-microbienne, association de bacilles d’Eberth et de pneumocoques avec des staphylocoques ou des streptocoques{), de néphrites toxiques et de néphrites toxi-microbiennes. Les néphrites toxiques sont de beaucoup les plus nombreuses.
Ces néphrites toxiques peuvent à la rigueur comprendre quelquesuns des cas décrits sous le nom d’albuminurie fébrile. Considérée comme produite par des altérations de la crase sanguine, ou par l’anoxhémie, ou par les modifications de la pression sanguine (augmentation ou diminution), ou par l’hyperthermie, l’albuminurie du début des pyrexies paraît plutôt être l’expression de troubles vasomoteurs avec altérations cellulaires consécutives plus ou moins considérables ; ces troubles seraient déterminés parles toxines engendrées par la maladie générale. Cette pathogénie de l’albuminurie fébrile peut expliquer l’évolution de ces néphrites dites passagères (Brault) ou abortives (Leyden, Eckstein), et leur présence avec une fièvre modérée ou leur absence malgré une haute température.
Toxines microbiennes, produits excrémentitiels d’origine animale sont assimilables par les désordres qu’ils provoquent au niveau du rein. La tyrosine, la leucine, la créatinine, la xanthine, l’hypoxanthine injectées tous les deux ou trois jours pendant un mois à la dose de 1 ou 2 centimètres cubes sont irritants pour la substance rénale?. Ces expériences nous autorisent à admettre que les auto-intoxications peuvent produire des néphrites. D'ailleurs depuis plusieurs années, on a reconnu l'existence de lésions épithéliales intenses dans les reins au cours de l’ictère grave *, de véritables néphrites { qui sont causées probablement par les toxines ou les produits de désassimilation incomplètement détruits par le foie altéré ; et dans ces temps derniers certains auteurs ont provoqué des néphrites, soit à la suite de la ligature du canal cholédoque”, soit à la suite d’obstruction progressive de la veine portef. [1 est probable que des toxines d’origine organique doivent jouer un rôle analogue dans la production
1. On peut admettre aussi la substitution d’un micro-organisme banal à l’élément pathogène ou l’envahissement du rein par des saprophytes au cours d’une infection générale (CHANTEMESSE et WibAL, Soc. méd. des hôp., 30 déc. 1892, Néphrite infectieuse par coli-bacilles, complication de la fièvre typhoïde). — Les observations de néphrites aiguës par coli-bacilles semblent se multiplier aujourd'hui: FERNET et PAPILLON (Soc. méd. des hôpit., 23 dée. 1892); AcHARD et RENAULT, Soc. de biologie, 1891, p. 831 (néphrile gravidique); JEANSELME (Gaz. hebd., 1893, p. 280). Le colibacille peut donc envahir Ie rein par la voic urétévale et par la voie sanguine.