‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 152 sur 263 · LEROY (Archives générales de médecine, mars · texte numérisé non relu

LEROY (Archives générales de médecine, mars

ou infiltrées entre les tubes sur une grande longueur. Elles sont serrées et pressées à la partie externe de la capsule de Bowmann, au niveau du point où l'artère afférente pénètre dans le glomérule. Elles forment autour du vaisseau un manchon cylindrique ou un croissant dont la partie large repose sur le vaisseau et les bords effilés se terminent en pointe en affleurant la capsule de Bowmann. Cette variété de néphrite a été considérée pendant longtemps comme le type de la néphrite aiguë.

Néphrites hémorrhagiques. — Les néphrites hémorrhagiques sont rares. Observées dans la variole, la fièvre typhoïde, la pneumonie, elles présentent des infiltrations de globules rouges dans le tissu interstitiel et les tubuli contorti, au niveau des pyramides. Les glomérules, quand l’hémorrhagie est abondante et étendue, sont le siège d’un épanchement hémorrhagique relativement moins abondant.

Parfois, les globules rouges sont disséminés de préférence dans le tissu interstitiel, respectant entièrement les glomérules, passant par effraction dans les tubuli contorti et formant des amas considérables au niveau de la base des pyramides. On les retrouve en abondance dans les canaux collecteurs, dans les pyramides de Ferrein et de Malpighi. Certaines néphrites hémorrhagiques de la pneumonie et de la diphtérie! présentent ces phénomènes d’une manière très nette. Souvent à ces raptus hémorrhagiques est associée une diapédèse intense. Des leucocytes granuleux, de volume considérable, se trouvent en grand nombre au sein du tissu conjonetif;, avec les hématies ils envahissent les tubes sécréteurs et excréteurs, et, à ce niveau, ils sont tellement nombreux qu'ils en obstruent la lumière. Il se fait, dans ce cas, une véritable décharge de globules blancs. Les mêmes éléments se retrouvent dans les urines.

Glomérulo-néphrite. — Considérée par Klebs, Talamon et Lecorché comme la lésion essentielle de toutes les néphrites, cette variété n’a pas, à proprement parler, d'existence propre. Dans les néphrites aiguës, tous les éléments du parenchyme sont altérés. Cependant les lésions glomérulaires sont toujours bien accusées et souvent plus apparentes que les lésions épithéliales. Mais, dans quelques cas, surtout dans la scarlatine, la glomérulite est le phénomène inflammatoire essentiel. Les glomérules sont tuméfiés, augmentés de volume et prennent un aspect homogène tout particulier; le bouquet glomérulaire est exactement appliqué contre la capsule; quelquefois, il en est séparé par un exsudat (albumineux ordinaire-

1. Morez, Contribulion à l’élude de la diphtérie (bactériologie et anatomie pathologique) (Thèse de Paris, 1891).

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ment, quelquefois fibrineux, exceptionnellement hémorrhagique) qui se continue à faible distance dans le tube contourné.

Caractères histo-bactériologiques de certaines néphrites aiquès. — Le mode de répartition des micro-organismes dans les néphrites est-il soumis à des lois que l’on peut fonder sur la physiologie? A priori, la pression énorme qui s’exerce au niveau des glomérules permetaux microbes de passer dans les anses capillaires et de là dans le réseau intertubulaire, où la circulation est ralentie. Ne peut-on pas admettre que les micro-organismes sont éliminés directement au niveau du glomérule et balayés par l’urine? L’expérimentation fournit des résultats contradictoires. Les uns, avec Faulhabert et Ribbert, démontrent que les micro-organismes s'accumulent dans les glomérules, dans les vaisseaux, rarement dans le tissu conjonctif, presque jamais dans les cellules des tubes contournés. Pour les autres (Enriquez ‘), les micro-organismes s’accumulent dans le réseau capillaire labyrinthique et de là gagnent par un chemin plus ou moins direct la lumière des tubes contournés.

Ces deux opinions sont également vraies; les recherches microscopiques complètent les expériences des auteurs précédents : la répartition des micro-organismes dans le rein peut s’expliquer à la fois par les fonctions du rein et par l’anatomie pathologique. C’est au niveau des glomérules que les micro-organismes doivent filtrer; leur dissémination ultérieure se fait probablement d’après la diminution ou l’augmentation du courant sanguin et suivant les points de moindre résistance, là où les micro-organismes trouvent des lésions anciennes qui facilitent leur arrêt et leur pullulation. Ce sont, en effet, tantôt les glomérules qui présentent de véritables bouquets microbiens, tantôt spécialement les épithéliums des tubuli contorti, tantôt la généralité des différents éléments du rein (épithélium, tissu conjonctif, vaisseaux sanguins et lymphatiques). Les cellules épithéliales en sont quelquefois véritablement gorgées; on retrouve les microorganismes au centre même des tubes urinifères (tubuli contorti, branche ascendante de Henle), au milieu des cellules fragmentées et tuméfiées. Dans certaines néphrites bactériennes primitives ?, ils se retrouvent sous forme de foyers dans la région intermédiaire à la substance corticale et à la substance médullaire. Dans quelques cas, les vaisseaux seuls sont remplis de microbes (fièvre typhoïde, érysipèle, pneumonie), et cet [encombrement total du réseau vasculaire, malgré l'intégrité absolue des épithéliums, amène l’anurie (érysipèle*,

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