‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 157 sur 263 · LETZERICH (Zeilschr. f. klin. Med · texte numérisé non relu

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NÉPHRITES AIGUËS 2 561

Pronostic. — Rien n’est plus variable que l’évolution de la néphrite aiguë; aussi, rien n’est plus difficile que de formuler un pronostic. À part les néphrites passagères du début des infections, néphrites entièrement bénignes, on voit, au cours des néphrites aigués, tantôt les accidents disparaître rapidement sans laisser de traces de leur passage, après avoir attiré l’attention par une invasion un peu bruyante, tantôt on voit des formes relativement bénignes aboutir à la mort ou prendre une allure chronique, tantôt enfin des formes graves se révèlent comme telles dès le début, s’amendent rapidement ou guérissent après une durée plus ou moins longue. Il n’y a donc pas de néphrites que l’on puisse considérer dès leur apparition comme bénignes ou graves ; mais, d’une manière générale, on peut regarder comme grave toute néphrite aiguë accompagnée d’anasarque, d’hématuries abondantes et répétées ou d'accidents urémiques précoces; par contre, tout en se défiant de certaines néphrites scarlatineuses qui ont une apparence bénigne trompeuse, on peut porter un pronostic favorable en face d’une néphrite dans laquelle l’urine et l’urée sont voisines du taux normal et les œdèmes peu marqués et localisés.

À n’envisager que la cause ou quelques symptômes isolément, on peut encore, dans quelques cas, tirer de ces derniers un pronostic à peu près certain. Les néphrites infectieuses sont en général peu graves ; on à signalé cependant des néphrites mortelles au cours de la fièvre typhoïde, au milieu d’accidents urémiques‘, et des néphrites avec hématurie intense et anurie au cours de lérysipèle?.

En général, les intoxications (ammoniaque, acides minéraux) altèrent plus profondément les reins et déterminent une affection plus longue et d’un pronostic plus sévère.

Infectieuses ou toxiques, certaines néphrites sont graves à cause de la virulence des agents infectieux (choléra), et souvent quand ces derniers agissent à doses massives ; elles peuvent être graves encore si ces agents trouvent un terrain déjà altéré et une lésion ancienne qui sommeillait.

Quant aux symptômes, ils n’ont pas tous la même valeur pronostique ; le dosage de l’urée a une valeur incontestable et à peu près absolue ; il n’en est pas de même de l’albumine : malgré son abondance (3, 4 grammes par litre), elle peut dans quelques cas diminuer rapidement et la néphrite guérir ; mais elle peut aussi persister pendant longtemps, même en grande quantité, sans que la néphrite paraisse s’aggraver. Inversement il existe des circonstances où l’albumine persiste à doses impondérables dans les urines et, quelques semaines,

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