ACHALME, Erysipèle (Biblioth. Charcot-Debove
quelques mois plus tard, la maladie, sous une influence difficile à déterminer (froid, infections nouvelles, etc..….), reparaît à l’état aigu comme s'il y avait une reprise du processus mal éteint’. D'autre part, l’albuminurie légère et fébrile du début de la scarlatine se continue quelquefois sans interruption avec l’albuminurie abondante avec urine franchement coagulable qui apparaît au décours de la maladie ; elle offre une certaine durée et s’accompagne des symptômes ordinaires de la néphrite. On sait enfin que, dans quelques néphrites graves, les accidents urémiques précoces apparaissent avant l’albuminurie; l’oligurie seule les annonce.
Dans les néphrites contemporaines de l’invasion des maladies infectieuses, la guérison s’observe le plus souvent après une durée de quelques semaines. Mais la durée des néphrites aiguës en général est essentiellement variable, elle varie entre quelques jours et plusieurs semaines ; quelques-unes d’entre elles persistent à l’état subaigu et les symptômes ne disparaissent complètement qu'après plusieurs mois.
Diagnostic. — Le diagnostic des néphrites aiguës est en général facile, quand Paffection se révèle par des œdèmes ou de l’anasarque, par de l’oligurie, des hématuries, ou quand elle s’accompagne d'accidents urémiques. Mais encore ce diagnostic demande quelque attention.
La néphrite aiguë, dans beaucoup de maladies infectieuses, se développe insidieusement. Pour éviter toute erreur, l'examen des urines au cours des maladies fébriles aiguës doit être pratiqué tous les jours. On pourra saisir ainsi l'apparition de la néphrite, dès le début, alors qu’il n’existe dans l’état du malade aucun signe pouvant faire songer à une complication rénale. Cependant, si l’albumine est contemporaine du début-d’une maladie infectieuse, si elle est légère, si elle augmente à l’acmé de la maladie, si elle décroît ou si elle a de la tendance à disparaître rapidement, on doit penser qu’on se trouve en présence d’une albuminurie dite fébrile, d’origine dyscrasique (pour certains auteurs), ou tout au moins (d’après d’autres auteurs) en présence d’une néphrite passagère à laquelle le plus souvent on ne peut accorder qu’une faible importance.
A la période d’état, certaines néphrites peuvent passer inaperçues maleré la présence d’æœdèmes ou d’hématuries. Ces symptômes sont fugaces et peu accusés. Aussi faut-il surveiller de très près la coloration des urines et les modifications qui surviennent du côté des RE ments au cours d’une maladie infectieuse.
Par contre, on peut observer au cours de la fièvre typhoïde des hé-
1. DIEULAFOY, èn thèse de RIOBLANC, Du pronoslic des néphriles aiguës, 1885.