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chez le lapin, les vaisseaux sanguins sont congestionnés, les Iymphatiques dilatés ; plus tard, les canaux et capillaires biliaires se dilatent à leur tour etamènent des épanchements interstitiels de bile. Les espaces interlobulaires présentent des accumulations de leucocytes. Quand la cellule hépatique se défend longtemps, comme chez le cochon d'Inde, l’hyperplasie du tissu conjonctif interlobulaire apparaît la première, englobant et atrophiant lentement les parties périphériques du parenchyme. Canaux et canalicules biliaires sont distendus et plus ou moins remplis de pigment. Les cellules hépatiques restent intactes ou bien présentent un léger degré d’atrophie, ou la tuméfaction trouble, ou la dégénération hydropique ou graisseuse. L'auteur pense que, dans ces cas, la bile, résorbée par les vaisseaux, exerce une légère action irritante, capable de faire proliférer l’endothélium vasculaire et les cellules fixes conjonctives; dans l’autre cas, la bile exerce une action nécrosante sur la cellule hépatique même, ce qui entraîne la mort rapide de l'animal.
Steinhaus! (1891), opérant sur des cobayes, attire de nouveau l'attention sur les mitoses qui accompagnent la nécrose cellulaire ; ce sont des mitoses imparfaites, n’aboutissant presque jamais à la division de la cellule, qui est détruite; les cobayes mouraient en moins de dix jours; il n’a jamais pu constater ni de formation conjonctive ni de formation néo-canaliculaire.
Gerhardt?(1892), qui opère sur des lapins, confirme les conclusions des expérimentateurs qui l’ontprécédé. Les foyers denécrose qui appa raissent sont apparemment dus à l’action chimique, nécrosante de la bile, et non pas à la pression mécanique exercée par celle-ci sur les éléments. (Ces foyers sont circonscrits soit par des cellules géantes, soit par de la prolifération conjonctive, soit par des formations canaliculaires ou par tous ces processus combinés. Gerhardt pense qu’une partie des néo-canalicules biliaires est due à la prolifération des canaux biliaires, qu’une autre proviendrait des cellules hépatiques.
Ontrouvera, danslechapitre consacréaux Angiocholites, la mention des expériences faites en injectant des cultures dans les voies biliaires.
En résumé, cette autre série d'expériences sur les voies biliaires nous apprend encore que la prolifération conjonctive et les lésions cellulaires sont presque toujours connexes. Le tissu conjonctif plus robuste réagit, en proliférant, vis-à-vis des mêmes agents qui frappent la cellule hépatique de mort; la prolifération de la cellule noble est cependant possible en face des irritants faibles; mais elle
1. Arch. f. exp. Palh.-und Pharm., Bd. 28, p. 432. 2. Ibid., t. 30, p. 1.
CIRRHOSES DU FOIE 63
n’aboutit d'habitude qu’à des mitoses monstrueuses ou irrégulières (cellules hépatiques à deux ou trois noyaux, formation des cellules naines des néo-canalicules biliaires, etc.).
Pathologie comparée. — La pathologie comparée nous apprend peu de chose sur les cirrhoses du foie; on ne connaît que des cirrhoses parasitaires. Le foie des animaux impaludiques pourrait être particulièrement intéressant.
Les cirrhoses décrites chez les animaux répondent pour la plupart au type de la cirrhose insulaire et multilobulaire par obstruction des voies biliaires.
Zwaardemacker! a trouvé dans les voies biliaires du chien et du chat un trématode, le Distomum campanulatum, qui détermine des dilatations des voies biliaires moyennes et petites et de l’épaississement de leur paroi; la présence de ce parasite peut déterminer la formation d’un tubereule géant au centre duquel est le parasite, emprisonné dans un tissu de granulation, et d’une zone de néo-canalicules à culs-de-sac irréguliers et revêtus d’une belle couche de cellules épithéliales cylindriques; dans une deuxième phase il pourrait se développer une cirrhose diffuse, vasculaire.
Chez lemouton, l’on voit souventdes cirrhoses biliaires provoquées par le Distomum hepaticum ; les animaux meurent avec des accidents <omme hydropisie généralisée, amaigrissement.
M. Cazin? à vu une cirrhose biliaire chez le rat par suite de la présence d'œufs de nématodes. M. F. Regnault a fait une constatation semblable.
Chez le lapin, on rencontre fréquemment dans le foie de petites tumeurs sous forme de grains blanchâtres ou jaunâtres ; ces tumeurs sont occasionnées par le développement d’une psorospermie, le Cocc<idium oviforme*. Les coccidies envahissent les canaux biliaires et se développent soit dans l’intérieur des cellules épithéliales, soit en dehors des cellules entre les replis de la muqueuse; elles se présentent sous différentes formes, sphériques ou ovales, granuleuses ou réfringentes, libres ou enkystées. Les lésions qu’elles déterminent sont celles des inflammations végétantes et catarrhales ; les canaux biliaires, plus ou moins dilatés et envahis par des productions papillomateuses, s’entourent d’une épaisse zone de sclérose. On peut rencontrer aussi le parasite entre les travées fibreuses, en rapport direct