PorTAIN (Sem. méd., nov. 1887, p
2. TUVACHE, De la néphrite grippale (Thèse de Paris, 1891). 3. KELsCH et KIENER, Traité des maladies des pays chauds, Paris, 1888.
tions gommeuses du rein elle détermine des néphrites chroniques, Les accidents brightiques apparaissent dix-huit mois, huit ans, seize ans après le chancre. La néphrite syphilitique des nouveau-nés est encore à l'étude, mais la syphilis héréditaire tardive doit compter dans l’étiologie de la néphrite chronique {.
Le bacille tuberculeux ne produit pas directement cette variété de néphrites; les lésions qu’il provoque dans le rein sont essentiellement différentes (voir la Tuberculose rénale).
On admet, sans qu’il existe dans la science de faits probants, que l'alcool, surtout les alcools dont la formule atomique est élevée (eau-de-vie de grain, genièvre), agit sur le rein à la suite d’une intoxication légère, lente, répétée et prolongée.
Il en est de même du froid dont l’action semble s’exercer sur le rein après l’exposition du corps à l’humidité. Aussi l’observe-t-on de préférence chez les bateliers, les débardeurs, les tisserands, les portiers, ete., etc. Cependant la néphrite chronique à frigore ne doit entrer en ligne de compte que dans des proportions très restreintes ; le froid réveillant le plus souvent des néphrites latentes ou insidieuses.
L'application répétée de vésicatoires, l’ingestion de médicaments absorbés à doses continues (azotate d’urane), l’intoxication par le pétrole déterminent des néphrites chroniques.
Tousles facteurs étiologiques qui viennent d’être énumérés ont une importance variable. À mesure qu’on étudie de plus près les rapports de cause à effet entre les infections, les intoxications et les maladies du rein, on voit que ces infections et ces intoxications prennent de jour en jour une place plus considérable dans le développement des néphrites chroniques. Il faut peut-être encore accorder une grande importance aux maladies générales infectieuses qui séparément ont frappé l’organisme à des intervalles plus ou moins éloignés sans laisser au niveau du rein de traces apparentes de leur passage; cependant à la suite de ces affections on peut voir apparaître à une époque tardive des néphrites dont les causes sont difficiles à établir et doivent être facilement méconnues (Dieulafoy).
En résumé, les maladies dont l’action sur les affections chroniques du rein semble incontestée sont la scarlatine, la malaria, la grippe, la fièvre typhoïde. La grossesse est aussi de ce nombre. La diphtérie, la pneumonie, le rhumatisme articulaire aiguet les fièvres éruptives déterminent moins fréquemment des néphrites chroniques. Quant à l'alcool, il n’est pas certain que son usage immodéré puisse engendrer des néphrites ; cependant sans preuves cliniques, on admet
1. HupeLo, Contribution à l’élude des lésions du foie dans la syphilis héréditaire {Thèse de Paris, 1890).
NÉPHRITES CHRONIQUES DIFFUSES 567
qu’il existe des néphrites alcooliques. Un grand nombre de facteurs étiologiques nous sont encore inconnus et il est probable que les lésions hépatiques ‘ et les troubles gastro-intestinaux déterminent des néphrites chroniques et les aident une fois produites à poursuivre leur évolution.
Pathogénie. —- Si, à priori, l’on peut comprendre à la rigueur comment, à la suite d’assauts réitérés d’une maladie sur le rein, une néphrite chronique peut se développer (impaludisme, érysipèle, grossesse) et comment une intoxication lente et prolongée peut déterminer une néphrite par suite de l’élimination continue d’un agent toxique au niveau du filtre rénal, il est plus difficile de s’expliquer comment un même facteur étiologique, n’agissant qu’à un moment de la vie d’un individu, peut provoquer tantôt une néphrite aiguë seulement, tantôt une néphrite aiguë suivie de l’évolution d’une néphrite chronique diffuse.
Quelle que soit la difficulté de l'interprétation de ces faits, l’expérimentation démontre d’une part que l’injection répétée de quelques milligrammes d’une solution concentrée de cantharidine à intervalles éloignés, et d’autre part que l’inoculation de quelques centigrammes de toxine diphtérique faite seulement à deux reprises différentes et à huit jours d'intervalle peuvent provoquer: la première, des néphrites diffuses tout d’abord, avec prédominance des lésions interstitielles et contraction du rein dans la suite; la seconde, un rein atrophique granuleux après dix mois de survie?. Peut-être, dans ce dernier cas, faut-il invoquer une excitation morbide mal définie des cellules rénales, excitation qui se poursuit après l'élimination de l’agent toxique.
L’expérimentation nous permet d'admettre, en outre, qu’un même micro-organisme ou un même poison peut produire dans le rein les lésions les plus disparates : lésions épithéliales, lésions interstitielles, lésions diffuses, lésions localisées autour d’infarctus, lésions inflammatoires, voire même des lésions de dégénérescence amyloïde (pyocyanine*). Il semble qu’une infection provoque des lésions immédiates (glomérulo-néphrite aiguë, généralisée ou partielle) qui peuvent guérir; puis que, le bacille disparaissant, surviennent des lésions chroniques aboutissant à une sclérose intense, accompagnée de dégénérescence amyloïde. En un mot, une infection peut prendre fin et ses conséquences se poursuivre; les cellules continuant à évoluer dans un sens pathologique, des lésions phleg-'
1. Voir Goucer, De l'influence des maladies du foie sur l'état des reins (Thèse de Paris, 1895).