‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 164 sur 263 · Soc. méd. des hôp., 11 juin · texte numérisé non relu

Soc. méd. des hôp., 11 juin

NÉPHRITES CHRONIQUES DIFFUSES 081

Quand elle persiste longtemps après la disparition de tous les autres signes de la néphrite, elle reste quelquefois pendant une longue période comme le témoignage unique d’une lésion persistante du rein. Dans ces circonstances, deux éventualités peuvent se produire, suivant que l’albuminurie est légère ou abondante. Légère et accompagnée d’une polyurie peu marquée, elle peut être l'indice d’une évolution scléreuse que d’autres signes viendront confirmer dans la suite. Est-elle abondante, le malade est atteint d’un véritable diabète albumineux, qui, selon les cas, altère diversement la santé générale (néphrites partielles de certains auteurs). Cette albuminurie abondante et persistante n’est pas susceptible d'augmenter sous l'influence du froid, des excès alcooliques entre autres, ou de diminuer avec un régime approprié. Elle est à peu près fixe dans sa teneur.

La valeur clinique attribuée à la sérine et à la globuline est trop diversement interprétée pour permettre d'annoncer par la disparition de l’une d’elles la guérison de l’altération rénale. M. Jaccoud! attribue une grande importance à la présence de la sérine qui, d’après lui, est l’albumine essentielle de la néphrite; sur elle le régime lacté n’a aucune influence, tandis que, par lui, la globuline, albumine dyscrasique, se laisse réduire facilement par ce moyen. Quant à la peptonurie et à la propeptonurie, leur valeur est discutée et leur présence est même contestée au cours des néphrites; aussi ne doit-on que les mentionner. De même nous ne devons que signaler en passant les caractères physiques de l’albumine (rétractilité ou nonrétractilité, coagulation d'emblée en gros flocons, coloration grisâtre) sur lesquels on ne peut toujours se fonder pour distinguer une néphrite d’une albuminurie fébrile et pour reconnaître une lésion rénale ancienne et invétérée.

Urée. — Chez la plupart des albuminuriques, l’urée ne dépasse pas 15 à 20 grammes. Ce chiffre est sujet toutefois à de grandes variations : pendant l’apparition des œdèmes, il peut s’abaisser à un taux inférieur, une grande partie se retrouve dans la sérosité souscutanée et celle des cavités séreuses ; il augmente dans de faibles proportions avec la disparition des œdèmes, l’alimentation lactée et l'amélioration de la néphrite elle-même; aussi l'élimination de cette substance a-t-elle une certaine valeur pronostique.

Cylindres. — Ils sont constants dans la période d’état. Ils sont hyalins, épithéliaux, granuleux, cireux, colloïdes ou composés, c’està-dire en voie de transformation. Les cylindres hyalins sont réfringents, peu larges, à bords nets, découpés par des incisures; ils sont parfois rectilignes, le plus souvent onduleux; ils sont fragiles, se

Page 1