‹ Manuel de médecine (volume 3)Chapitre 169 sur 263 · OLLIVIER (Thèse de Paris · texte numérisé non relu

OLLIVIER (Thèse de Paris

accès de colique saturnine ou à des paralysies ; rarement elle est la première manifestation du saturnisme.

La goutte ne semble pas jouer le rôle de cause prédisposante. Cette diathèse atteint rarement la classe ouvrière (peintres en bâtiment, typographes), qui figurent au premier rang des professions éprouvées par l’intoxication saturnine. Constate-t-on la goutte saturnine ? On s'aperçoit que cet accident ne survient le plus souvent que pendant l’évolution de la néphrite. Ni la goutte, ni l’arthritisme ne prédisposent donc à cette complication.

Goutte. — La néphrite qui survient au cours de la goutte chronique est une lésion assez constante en Angleterre, où il semble y avoir un certain rapport entre la répartition de la sclérose rénale et de la goutte. Associée souvent à la lithiase rénale, la néphrite goutteuse ne doit pas être confondue avec cette affection qui est, au même titre que la néphrite, une manifestation fréquente de la goutte chronique. Il en est de même pour l’artério-sclérose. Dans le milieu hospitalier, la néphrite goutteuse s’observe rarement, tandis que la néphrite artérielle y est relativement très fréquente. Cependant l’artério-sclérose avec la lithiase rénale semble être le trait d'union entre la goutte et la néphrite goutteuse.

Anatomie pathologique. — I. CARACTÈRES MACROSCOPIQUES. — Comme la mort survient au cours des néphrites systématiques quand les lésions sont très avancées, les caractères macroscopiques des reins ne sont guère observés que lorsque l’atrophie de ces organes est très prononcée. M. Lancereaux ! cependant admet que la phase atrophique est précédée d’une phase hypertrophique due à l’hyperplasie du tissu conjonctif, phénomène analogue à celui qui aurait été observé dans quelques cas de cirrhose atrophique de Laennec. Quoi qu’il en soit de ces constatations, le rein des néphrites artérielles se présente à l’autopsie sous l’aspect suivant: en général, les lésions sont bilatérales, du même âge sur les deux reins et entièrement comparables au triple point de vue de la réduction de volume des reins, de leur poids et de leur couleur. M. Raynaud a signalé cependant un cas dans lequel un des reins présentait l’aspect du gros rein blanc, tandis que l’autre offrait une atrophie très marquée. Ce fait est rarement observé et de nombreuses réserves doivent être exprimées à cet égard. La nature de l'affection rénale étant mal déterminée, nous ne savons si nous sommes en présence d’une néphrite conjonctivo-vasculaire à différents stades de son évolution dans les deux reins. Par contre, sur un même rein, les lésions semblent être d’âge différent; aussi observe-t-on le plus souvent

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