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Dict. encyclop. des sc. méd., art. Rein

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l'asymétrie des reins (néphrites par artério-sclérose, néphrites par aplasie artérielle).

Dans les néphrites saturnines, la symétrie serait au contraire la règle (Lancereaux).

En général, les reins sont atrophiés, ils ont perdu la moitié ou les deux tiers de leur volume. Dans le rein sénile, cette atrophie est moindre; elle est au contraire plus marquée dans la néphrite par aplasie artérielle. Parfois, à l’autopsie, on trouve les reins réduits aux dimensions d’un marron ou d’une noix. En présence de cet effondrement à peu près total du parenchyme rénal qui est représenté dans quelques cas par une simple coque fibreuse, on s’est demandé s’il ne s'agissait pas d’une malformation congénitale ou d’une atrophie lithiasique remontant aux premières années de l’enfance.

Le poids du rein contracté se chiffre en moyenne par 100, 80 grammes, quelquefois par 15, 10 grammes, comme dans les cas auxquels nous venons de faire allusion.

La coloration est tantôt uniformément gris rougeûtre, gris pâle, légèrement jaune. La première teinte est le plus fréquemment observée et souvent on constate une coloration rouge également répandue, d’où le nom de petit rein rouge par lequel on désigne le plus souvent le rein des néphrites artérielles.

Cette coloration est parfois plus intense; il existe des hémorrhagies sous-capsulaires, de dimension peu considérable et qui tiennent sans doute à l'intervention de causes accidentelles et à des raptus hémorrhagiques survenant dans les dernières périodes de la maladie.

La capsule est épaissie, adhérente au tissu sous-jacent qui se déchire et s’enlève par légers fragments quand on dépouille le rein de son enveloppe; mais cette dernière laisse voir, par t'ansparence, quand elle est peu épaisse, les reliefs des granulations qui sont superficielles. Ces granulations sont, avec la coloration signalée précédemment, un des caractères distinctifs du rein contracté (petit rein rouge contracté granuleux). Elles parsèment d’une manière uniforme la surface du rein; elles sont en général toutes de même dimension, très rarement irrégulières et offrent le volume d’un grain de mil ou de sagou; leur coloration gris jaunâtre les fait distinguer encore mieux des parties voisines, déprimées, qui sont grises, ou rougeâtres, ou violacées.

A côté de ces granulations, on observe ordinairement la présence de ÆXystes. Ceux-ci sont disséminés irrégulièrement; incisés, ils laissent échapper un liquide semblable quelquefois à l’urine ou composé de matière colloïde; ils sont blancs, transparents, opales-

cents, quelquefois du volume d’un grain de semoule, d’un pois, ou sont assez petits pour ne se laisser apercevoir qu’à la loupe. Mais ils peuvent acquérir, surtout quand ils siègent aux extrémités des reins, le volume d’une mandarine et même d’une orange de grosse dimension. Dans le rein goutteux, les kystes sont le plus souvent nombreux et de grande dimension. Ils modifient parfois d’une manière: complète la physionomie du rein contracté et simulent de véritables. tumeurs surajoutées.

Il en est ainsi des adénomes qui, représentés le plus souvent par de petites nodosités de volume égal à celui d’un grain de millet ou de chènevis, aplaties ou saillantes, peuvent acquérir les dimensions d’une cerise, d’une noisette et atteindre même des proportions telles que le tissu du rein ne se retrouve plus que dans une zone très limitée.

Suivant le degré d’induration du rein, on éprouve, en faisant une section de cet organe avec le couteau, une résistance plus ou moins marquée. La coupe est sèche; dans la néphrite sénile, elle est. humide, la surface de section laisse suinter un liquide rosé, mais. pâle, ce qui laisse supposer que le rein est imbibé d’une notable quantité de sérosité. La section étant faite parallèlement au grand axe du rein, le labyrinthe apparaît, diminué d’épaisseur, et cette diminution est telle parfois qu’il est représenté par une bande irrégulière d’une minceur excessive, à peu près accolée à la base des pyramides. Celles-ci, au contraire, possèdent des dimensions à peu près normales, ou, si elles sont diminuées de volume, elles le sont dans des proportions relativement moins considérables. On peut se convaincre, d’ailleurs, en voyant les striations régulières qui les sillonnent de la base au sommet, qu’elles ont pris une faible part au processus général. Les pyramides, presque toujours effacées, tronquées à leur sommet, offrent une teinte pâle. Rayer, Virchow et M. Lancereaux ont signalé des nodules fibreux dans leur partie moyenne. L’aspect de ces nodules rappelle assez bien celui des granulations tuberculeuses quand ils sont très petits, mais leur dureté les fait nettement distinguer de ces productions!. Ils ne sont pas indépendants de la cirrhose rénale, ils sont toujours associés à une sclérose plus ou moins avancée et sont plus fréquents dans les reins séniles.

Les bassinets sont souvent dilatés, parfois au contraire épaissis et rétractés. La dilatation cependant s’observe plus souvent; des bassinets et des calices, elle peut s'étendre à l’uretère et à la vessie. Quand elle existe, elle est plus souvent limitée à une portion de l'appareil excrétoire (calices, uretère) dans les néphrites par aplasie

l. SABOURIN (Arch. de physiol., 1882).

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artérielle; mais ces phénomènes ne sont pas constants et ne peuvent servir à distinguer cette néphrite des autres variétés de néphrites artérielles.

II. CARACTÈRES MICROSCOPIQUES. — À. Néphrites artérielles systématiques. — Dans une vue d'ensemble, les constatations faites à un faible grossissement sont les suivantes, quand les lésions sont prononcées.

a. — Les altérations prédominent dans la substance corticale; la capsule est épaissie, et au-dessus d'elle, dans une grande étendue, se montre un tissu fibreux composé de faisceaux conjonctifs adultes tapissés de rares cellules plates et d'éléments élastiques nombreux. Par endroits, le labyrinthe a subi un affaissement total, il n’existe plus trace du lobule rénal, la texture du rein est méconnaissable. Dans d’autres zones, au milieu de larges bandes de tissu fibreux, les quelques tubes urinifères qui persistent sont réduits de calibre. Par places, ces tubes sont tellement enserrés dans la gangue conjonctive avoisinante que leur centre est à peine reconnaissable et ne se laisse remarquer que par leur contenu colloïde. Sur d’autres points, ils sont ectasiés sous forme de kystes microscopiques plongés dans un tissu fibreux dense. Ces tubes ainsi dilatés contiennent une matière mucoïde qui se teinte en jaune par l’acide picrique. Leur épithélium aplati leur forme un revêtement lamellaire dont les noyaux sont encore colorables par le picro-carmin. Cette paroi épithéliale est encore adhérente et ne se détache pas dans les manipulations. Quand les tubes sont frappés d’atrophie, leur épithélium se compose de petites cellules cubiques régulièrement implantées, ou bien la cavité des tubes est comblée par des cellules rondes très colorées. Contrairement à l’opinion des anciens histologistes, ces cellules ne sont nullement dans un état indifférent, elles ne sont plus vivantes et ne sont pas susceptibles d’élaborations mystérieuses pouvant se manifester dans un avenir plus ou moins éloigné ‘. Enfin, il existe de petites portions de parenchyme disséminées à la périphérie du rein; là, les tubes sont à peu près sains. Ils sont déformés, mais les cellules gardent les principales propriétés morphologiques des épithéliums sécréteurs. Ces cellules, en assez grand nombre, sont très hypertrophiées, hypertrophie qui, à la rigueur, peut être envisagée comme un phénomène secondaire dû à une nécessité de suppléance. La cavité des tubes ne contient que très rarement des cylindres, des globules rouges, des boules d’exsudation; elle renferme seulement quelques détritus épithéliaux.

Tous ces tubes urinifères, à quelque variété qu’ils appartiennent,

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